04.01.2012
La sale histoire du jour...
C'est finalement par une "sale histoire" que démarre vraiment la campagne pour l'élection présidentielle. Je ne vais pas rappeler ici le contexte, tout le monde le connaît. Je vais plutôt m'attacher aux réactions de l'UMP dont la disproportion est telle qu'à son tour elle en devient suspecte(1).
La logique aurait voulu qu'en retour nous n'ayons qu'un communiqué officiel de l'UMP, éventuellement assorti d'une conférence de presse expresse de son secrétaire général. Le parti du président de la République aurait ainsi marqué le coup en soulignant avec force sa désapprobation face à de tels propos. Mais ce devait sans doute n'être pas être assez aux yeux de l'UMP.
Au moment où je rédige ces lignes ont déjà réagit Nadine Morano, Valérie Rosso-Debord, Laurent Wauquiez, Claude Guéant et Christian Estrosi, ce qui fait du (beau) monde. De plus on tire à boulets rouge sur le candidat du PS : le plus virulent est sans conteste le député-maire de Nice puisque dans un communiqué de presse(2) il indique que "Monsieur Hollande vient de démontrer qu'il n'est pas au niveau pour un tel poste.", rien que cela. Valérie Rosso-Debord elle n'est pas en reste puisque "quand on aspire aux plus hautes fonctions de l'Etat la moindre des qualités est le sang-froid et la sérénité" On ne peut pas s'empêcher de noter ici (et avec malice ?) qu'il est de notoriété publique que l'actuel président de la République n'a pas toujours été serein face à la tentation(3), ni fait preuve de sang-froid en toute circonstance...
Bref, l'UMP surexploite le moindre faux pas réel ou supposé de son adversaire le mieux placé actuellement. Et si "L'injure ne peut pas tenir lieu d'argument politique"(4), je considère que la réponse ne le peut pas davantage.
(1) Lire concertée...
(2) Les paroles s'envolent, les écrits restent...
(3) Je pense à l'épisode du "stylo", lors d'une de ses premières rencontres avec Angela Merkel.
(4) Propos extrait du communiqué de presse de Christian Estrosi
18:03 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sale histoire, ump, hollande, présidentielle, sarkozy
02.12.2011
Pour un juste prix du livre numérique
A quelques semaines de Noël je ne trouve pas inutile de rappeler ici ma position sur le livre numérique en général et sur son prix en particulier. J'ai déjà eu l'occasion de le dire, le concept de livre numérique est une belle idée et l'usage que j'en fais me conforte chaque jour davantage dans cette opinion. Néanmoins je persiste à dire que le consommateur est le premier lésé dans cette affaire.
En effet le prix de revient d'un livre numérique - je parle là de son coût de fabrication ex-nihilo - est quasiment nul, et de plus inversement proportionnel au chiffre des ventes. Dit autrement plus un livre numérique se vend et moins il devrait coûter cher à acheter. Il n'existe pas de retirage dans l'édition numérique, pas de réassort à organiser. Une fois le premier exemplaire validé, tous les autres ne sont rien d'autre qu'un banal "copier-coller". Bref j'estime que cette étape ne revient pas à plus d'1 Euro l'exemplaire et encore suis-je sans doute encore assez cher.
Autre source de coût, la marge de la plateforme. Ici ce n'est qu'un aspect commercial et même avec une marge déjà conséquente de 100%, cela ajoute un autre Euro au prix de notre livre.
Reste alors le droit d'auteur. Je l'ai déjà dit, le droit d'auteur devrait être le même quel que soit le support, numérique ou papier. Je ne suis pas spécialiste de la question mais j'imagine qu'un auteur touche environ 2 euros par exemplaire vendu(1). C'est donc cette valeur que je prends pour ma démonstration. Au bout du compte vous voyez comme moi que le livre numérique ne devrait jamais coûter plus de 4 euros, or ce n'est (presque) jamais le cas...
On m'opposera certainement que l'intérêt du livre numérique réside dans son enrichissement par rapport à la version papier : liens hypertexte, "bonus", dictionnaire ou que sais-je d'autre encore. Mais si d'un coté je ne suis pas convaincu que ces ajouts justifient le faible écart de prix qu'on rencontre en ce moment entre les versions papier et numérique, d'un autre coté je suis étonné(2) qu'il n'existe pas à la vente de version numérique "low cost" proposé au consommateur, sans lien, sans dico, sans artifice, une sorte de "livre de poche numérique" qui au bout du compte ne serait rien d'autre que ce qu'on trouve en papier(3).
Alors quoi ? La récente loi sur le prix unique du livre numérique est à mes yeux un non-sens et un piège pour le consommateur qui sans vraiment en avoir conscience paye 200, 300 ou même 400% de plus que ce qu'il ne devrait(4). N'oublions pas que nous vivons en ce moment un paradoxe qui voit arriver sur ce marché des versions numériques de romans plus chers que leur version papier(5).
(1) A la réflexion cette estimation me semble bien optimiste. Mais il n'en demeure pas moins que je ne suis pas choqué d'imaginer payer un roman numérique 4 Euros et savoir que deux iront dans les poches de l'auteur.
(2) Je devrais plutôt écrire "indigné" mais je répugne maintenant à utiliser ce mot...
(3) N'oublions pas qu'au départ le but du livre numérique est d'être lu, un truisme que je ne trouve pas inutile de rappeler.
(4) Je fais volontairement abstraction des ouvrages scientifiques, qui je veux bien le concéder ont un coût de fabrication plus élevé. Hélas ils servent aussi d'alibis fort opportuns pour justifier le fait qu'il ne devrait exister qu'une faible différence de prix entre papier et numérique.
(5) On voit aussi se développer la vente de "classiques" tombés dans le domaine public et qui par conséquent devraient être gratuits. Je signale à ce titre les sites Feedbooks ou Projet Gutenberg qui proposent de tels ouvrages sans bourse délier.
22:48 Publié dans Pour | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : livre numérique, ebook, roman, droit d'auteur
25.11.2011
De l'usage de l'argument d'autorité en politique
C'est un drôle d'argument que j'ai entendu il y a déjà quelques jours(1) à propos des 35 heures.
Celui qui en parlait n'était autre que Gérard Longuet, actuel ministre de la défense et par conséquent membre éminent du gouvernement.
Lorsqu'on lui a posé la question de savoir s'il fallait sortir des 35 heures ou pas, sa réponse a été pour le moins surprenante : "Les 35 heures ont été malthusiennes. Les RTT sont formidablement sympathiques, j'en ai bénéficié comme salarié dans le secteur privé c'est formidablement sympathique (...)"
Ainsi nous apprenons au détour d'une réponse que Gérard Longuet a été précédemment salarié du secteur privé, et de surcroît cadre "au forfait", puisque les cadres dirigeants ne sont pas soumis au régime des 35 heures et a fortiori à celui des RTT.
Il faut dès lors en déduire que soit l'actuel ministre de la défense a été cadre "non dirigeant" dans le privé - ce qui est finalement la preuve d'une belle reconversion - soit il ne dit pas la vérité(2), ce qui serait bien regrettable de la part d'un membre si haut placé du gouvernement...
Mais au-delà de cet aspect somme toute secondaire, il est intéressant de noter - car c'est rare en politique - qu'il est fait usage ici de l'argument d'autorité : "j'ai testé pour vous les 35 heures, c'est formidablement sympathique mais...", voilà comment on pourrait résumer la pensée du ministre de la défense. Reste à savoir si son expérience personnelle a été suffisante pour qu'il puisse avoir un avis "autorisé" sur la question...
(1) Interview donnée le 22 novembre au matin sur la radio RMC (écouter à 9:47)
(2) Une possibilité que je n'envisage pas bien qu'elle soit du domaine du possible est que Gérard Longuet ait été un cadre dirigeant bénéficiant des RTT. Ce serait là un cumul plutôt embarrassant.
18:44 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : longuet, rmc, 35 heures, malthusiannisme
20.11.2011
Quand un astéroïde "frôle" la Terre...
17:38 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : astéroïde, terre, 2005 yu55
08.10.2011
Copé et le surréalisme
Si je voulais faire un jeu de mot facile je dirais que l'interview de J.F. Copé sur Europe 1 jeudi 6 Octobre était surréaliste. C'est sans doute le cas car le secrétaire général de l'UMP a employé ce terme 3 fois en moins de 5 minutes. Bel exploit.
Après avoir tenté de minimiser le débat de la primaire organisée par le parti socialiste, arguant qu'il était plus question de "la couleur du décor et du choix des costumes", J.F. Copé lance son premier "surréaliste" à propos de ce qu'il a entendu sur les idées des candidats du PS en matière d'éducation (1:08), effrayé à ce point des 60 000 postes sur 5 ans et du budget de 2,5 milliards d'Euros.
Puis le secrétaire général de l'UMP glose sur la succession des débats avant de revenir sur le premier d'entre eux où il a entendu "ce débat surréaliste sur la pénalisation du cannabis" (2:26)
Enfin, après avoir annoncé que l'UMP se lancera dès la désignation du candidat - ou de la candidate - dans l'analyse sans concession du projet du PS pour mettre ce dernier "face à leurs contradictions", J.F. Copé annonce avec un large sourire avoir trouvé la formule de Martine Aubry sur la "gauche molle" non pas "surréaliste", mais "tellement surréaliste" (4:28).
Si je voulais être gratuitement méchant je répondrais bien qu'il ne suffit pas de dire "surréaliste, surréaliste" en sautant partout comme un cabri(1), mais qu'il faut plutôt argumenter, expliquer, voire démontrer. Faute de quoi on en reste à l'incantation plutôt qu'à l'explication.
(1) Les plus anciens lecteurs de mon blog savent d'où vient l'expression...
00:18 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : copé, ump, europe 1, primaires










