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17.05.2012

La petite tempête solaire géante...

Parler de la science, faire de la vulgarisation n'est pas donné à tout le monde. Dès lors toute initiative tendant à expliquer au plus grand nombre des phénomènes physiques se doit d'être salué, mais à condition de ne pas déformer la réalité.

C'est hélas ce qui se arrive avec cet article paru dans "Le Figaro" et consacré  aux tempêtes solaires géantes dans la Voie lactée. L'article français se base sur celui paru dans la revue américaine "Nature". Par la grâce d'Internet la source est accessible et permet de comparer l'article de base avec sa traduction - ou du moins son interprétation.

Le texte français est catégorique, les superéruptions qui arrivent ailleurs dans la Voie lactée sont phénoménales : "Les valeurs mesurées par l'équipe de Hiroyuki Maehara, à partir des données récoltées entre avril et décembre 2009, par le satellite américain Kepler, sur un peu plus de 83.000 étoiles, montrent que l'énergie libérée y est en moyenne 10.000 fois supérieure".

Le texte anglais est plus précis(1), mais surtout bien moins catastrophiste. Il n'est pas question dans l'article de parler de "moyenne", seulement de pointer les pics de mesures. Cela porte sur 0,2% des cas, soit 148 événements sur les 83 000 mesurés. Ce qui est présenté par Le Figaro comme une moyenne est un maximum dans l'article de Nature. Alors est-ce une mauvaise interprétation du journaliste ou une volonté inconsciente de faire du sensationnalisme(2) ?

 

 

(1) "Hiroyuki Maehara and colleagues at Kyoto University in Japan have carried out the first such analysis based on 120 days of Kepler observations in 20091. Out of 83,000 stars of the same type as the Sun, 148 (about 0.2%) had superflares with energies between 10 and 10,000 times greater than the Carrington event."

 

(2) On peut aussi déduire de l'article de Nature que dans 99,8% des cas d'éruptions solaires observées dans notre galaxie, ces dernières ne sont jamais supérieures à 10 fois celles de notre Soleil.

10.03.2012

Petites mesures de bon sens...

* Confier la refonte du site internet de l'Elysée à une Start-up ;

* Interdire aux collectivités de dépenser de l'argent public pour faire ou refaire des logos. Passer à la place par un concours auprès des écoles et ou des particuliers ;

* Ne plus changer aucun mode d'élection sauf à passer par un referendum pour les scrutins nationaaux, à un droit de censure pour les scrutins locaux (par exemple 500 000 signatures recueillis en préfecture dans un délai donné) ;

* A l'image du parlement des enfants créer le parlement des citoyens qui voterait lors de sa session annuelle une loi qui aurait valeur de loi de la République ;

* Quand une loi est modifiée ne plus indiquer que les modifications mais aussi livrer le texte complet modifié ;

* Offrir à nouveau la possibilité de s'abonner au Journal Officiel en version dématérialisée ; 

* Limiter l'envoi de l'annuaire téléphonique papier aux seules personnes qui en font la demande. Aujourd'hui c'est une disposition légale qui oblige France Telecom à l'envoyer à tous les abonnés du téléphone ;

* Inverser la loi et faire obligation aux magasins de proposer leurs invendus aux associations avant de les jeter et de les javeliser.

08.02.2012

Tous les clichés...

Tous les clichés sur la banlieue résumés en une photo. C'est ce que nous offre le Figaro en ce moment avec l'illustration de son article intitulé "Plus de 10.000 décrocheurs scolaires en Seine-Saint-Denis".

 capture02.png

Pour commencer voyez la légende : Faute de frappe ou pas, il est bel et bien écrit "deux jeunes dealers (...)" sans doute là où on a voulu dire "de jeunes dealers (...)". En tout cas moi je vois 4 personnages sur la photo, pas 2. Passons néanmoins sur cette erreur. Par contre observez bien car l'instant est unique : ces jeunes que vous voyez sont surpris par l'objectif au moment même où ils "concluent une vente de drogue". Ce n'est pas moi qui le dit c'est la légende. Notez tout de même l'absence de preuves formelles : on ne voit ni la drogue ni l'argent et rien dans les positions des mains qui semble indiquer une "vente". Pourtant elle a bien lieu, là, sous nos yeux ; sous nos fenêtres presque... On pourra aussi me répondre que je fais un procès d'intention en disant qu'on ne voit pas d'immeuble non plus, bien qu'on nous affirme que ce deal a lieu "en bas d'un immeuble". Ironiquement elle est plutôt bien verte cette photo avec tout ce massif en arrière-plan... Enfin la photo ne permet vraiment pas de dire que ce bas d'immeuble est situé en région parisienne. Nous sommes obligés ici de croire l'auteur de la légende sur parole, sous-entendez non pas à partir d'un élément quelconque de la photo. N'en déplaise au Figaro le trafic de drogue est hélas un fléau qui a passé depuis longtemps les terminus des RER.

Au final, de toutes les affirmations explicites de la légende aucune n'est vrai a priori. Il n'y a que sur l'adjectif "jeunes" que je sois d'accord. Mais en attendant le Figaro en profite pour jouer sur les clichés.

04.01.2012

La sale histoire du jour...

C'est finalement par une "sale histoire" que démarre vraiment la campagne pour l'élection présidentielle. Je ne vais pas rappeler ici le contexte, tout le monde le connaît. Je vais plutôt m'attacher aux réactions de l'UMP dont la disproportion est telle qu'à son tour elle en devient suspecte(1).
La logique aurait voulu qu'en retour nous n'ayons qu'un communiqué officiel de l'UMP, éventuellement assorti d'une conférence de presse expresse de son secrétaire général. Le parti du président de la République aurait ainsi marqué le coup en soulignant avec force sa désapprobation face à de tels propos. Mais ce devait sans doute n'être pas être assez aux yeux de l'UMP.
Au moment où je rédige ces lignes ont déjà réagit Nadine Morano, Valérie Rosso-Debord, Laurent Wauquiez, Claude Guéant et Christian Estrosi, ce qui fait du (beau) monde. De plus on tire à boulets rouge sur le candidat du PS : le plus virulent est sans conteste le député-maire de Nice puisque dans un communiqué de presse(2) il indique que "Monsieur Hollande vient de démontrer qu'il n'est pas au niveau pour un tel poste.", rien que cela. Valérie Rosso-Debord elle n'est pas en reste puisque "quand on aspire aux plus hautes fonctions de l'Etat la moindre des qualités est le sang-froid et la sérénité" On ne peut pas s'empêcher de noter ici (et avec malice ?) qu'il est de notoriété publique que l'actuel président de la République n'a pas toujours été serein face à la tentation, ni fait preuve de sang-froid en toute circonstance...
Bref, l'UMP surexploite le moindre faux pas - réel ou supposé - de son adversaire le mieux placé actuellement. Et si "L'injure ne peut pas tenir lieu d'argument politique"(3), je considère que la réponse ne le peut pas davantage.

(1) Lire concertée...
(2) Les paroles s'envolent, les écrits restent...
(3) Propos extrait du communiqué de presse de Christian Estrosi

02.12.2011

Pour un juste prix du livre numérique

A quelques semaines de Noël je ne trouve pas inutile de rappeler ici ma position sur le livre numérique en général et sur son prix en particulier. J'ai déjà eu l'occasion de le dire, le concept de livre numérique est une belle idée et l'usage que j'en fais me conforte chaque jour davantage dans cette opinion. Néanmoins je persiste à dire que le consommateur est le premier lésé dans cette affaire.

En effet le prix de revient d'un livre numérique - je parle là de son coût de fabrication ex-nihilo - est quasiment nul, et de plus inversement proportionnel au chiffre des ventes. Dit autrement plus un livre numérique se vend et moins il devrait coûter cher à acheter. Il n'existe pas de retirage dans l'édition numérique, pas de réassort à organiser. Une fois le premier exemplaire validé, tous les autres ne sont rien d'autre qu'un banal "copier-coller". Bref j'estime que cette étape ne revient pas à plus d'1 Euro l'exemplaire et encore suis-je sans doute encore assez cher.

Autre source de coût, la marge de la plateforme. Ici ce n'est qu'un aspect commercial et même avec une marge déjà conséquente de 100%, cela ajoute un autre Euro au prix de notre livre.

Reste alors le droit d'auteur. Je l'ai déjà dit, le droit d'auteur devrait être le même quel que soit le support, numérique ou papier. Je ne suis pas spécialiste de la question mais j'imagine qu'un auteur touche environ 2 euros par exemplaire vendu(1). C'est donc cette valeur que je prends pour ma démonstration. Au bout du compte vous voyez comme moi que le livre numérique ne devrait jamais coûter plus de 4 euros, or ce n'est (presque) jamais le cas...

On m'opposera certainement que l'intérêt du livre numérique réside dans son enrichissement par rapport à la version papier : liens hypertexte, "bonus", dictionnaire ou que sais-je d'autre encore. Mais si d'un coté je ne suis pas convaincu que ces ajouts justifient le faible écart de prix qu'on rencontre en ce moment entre les versions papier et numérique, d'un autre coté je suis étonné(2) qu'il n'existe pas à la vente de version numérique "low cost" proposé au consommateur, sans lien, sans dico, sans artifice, une sorte de "livre de poche numérique" qui au bout du compte ne serait rien d'autre que ce qu'on trouve en papier(3).

Alors quoi ? La récente loi sur le prix unique du livre numérique est à mes yeux un non-sens et un piège pour le consommateur qui sans vraiment en avoir conscience paye 200, 300 ou même 400% de plus que ce qu'il ne devrait(4). N'oublions pas que nous vivons en ce moment un paradoxe qui voit arriver sur ce marché des versions numériques de romans plus chers que leur version papier(5).

(1) A la réflexion cette estimation me semble bien optimiste. Mais il n'en demeure pas moins que je ne suis pas choqué d'imaginer payer un roman numérique 4 Euros et savoir que deux iront dans les poches de l'auteur.
(2) Je devrais plutôt écrire "indigné" mais je répugne maintenant à utiliser ce mot...
(3) N'oublions pas qu'au départ le but du livre numérique est d'être lu, un truisme que je ne trouve pas inutile de rappeler. 
(4) Je fais volontairement abstraction des ouvrages scientifiques, qui je veux bien le concéder ont un coût de fabrication plus élevé. Hélas ils servent aussi d'alibis fort opportuns pour justifier le fait qu'il ne devrait exister qu'une faible différence de prix entre papier et numérique.
(5) On voit aussi se développer la vente de "classiques" tombés dans le domaine public et qui par conséquent devraient être gratuits. Je signale à ce titre les sites Feedbooks ou Projet Gutenberg qui proposent de tels ouvrages sans bourse délier.

 
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