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16/05/2017

Contre : l'attribution des droits TV de la Champion's League à SFR

C'est SFR qui a décroché l'exclusivité de la diffusion de la coupe d'Europe des clubs champions*. J'ai lu sur internet pas mal de critiques sur cette décision** mais pas celle que je me propose de développer.
J'estime qu'en effet cela pose un problème d'égalité. Car contrairement à Canal+ ou à Bein Sports, SFR est avant tout un opérateur Internet et l'accès à ses chaînes est réservé à ses seuls abonnés. Pour être plus précis, un abonné de SFR pouvait voir la C1 même si les droits avaient été donné à Canal+ ou à Bein Sports, alors qu'un abonné de Canal+ ou de Bein Sports ne pourra pas voir cette même C1, sauf à devenir un abonné de SFR.
Les fans de sport qui ont SFR comme opérateur internet sont pour la plupart déjà abonnés à Canal+ et à Bein Sports. A l'inverse, les fans de sport abonnés à Canal+ et Bein Sports qui ont Orange, Free, Bouygues ou autres comme opérateur internet ne pourront pas regarder la Champion's League sur leur téléviseur***.
Il y a là un mélange des genres entre contenant et contenu qui ne me plait pas. Par analogie c'est comme si l'on accordait une concession d'autoroute à un constructeur automobile, qui déciderait en retour de réserver l'usage de sa route à ses seules voitures.
Pour rester dans le domaine de la téléphonie, je n'oublie pas qu'Orange a été contraint en son temps de céder son exclusivité sur les ventes d'Iphone qu'il était dans un premier temps le seul autorisé à commercialiser. Dès lors je ne vois pas en quoi la situation de SFR vis-à-vis de la Champion's League serait différente de celle d'Orange vis-à-vis d'Apple.

* Plus connu désormais sous la dénomination Champion's league ou encore C1.
** Celle sur l'audience espérée, entre autres.
*** SFR propose bien un abonnement "hors SFR" pour regarder ces chaînes de sport mais uniquement sur tablette ou téléphone et pas sur TV.

04/02/2017

Lettre ouverte à MM. les députés qui soutiennent F. Fillon

Mesdames, Messieurs les députés,

Je n'aurais sans doute pas pris ma plume si l'expression "coup d'état institutionnel" n'avait pas été prononcé. Citoyen lambda, faux-nez de personne, je ne cherche pas à accabler et encore moins à calomnier mais seulement à comprendre ce qui arrive.
La loi autorise l'emploi de membres de sa famille comme assistant(e)s parlementaire(s), dont acte. Je m'autorise juste à signaler ici que les législateurs que vous êtes seraient peut-être bien inspirés de déplacer la frontière entre la morale et le droit vers plus de morale.

Mais dans cette affaire vous semblez avoir oublié l'essentiel de ce qui constitue juridiquement parlant une infraction à la loi : oui ou non le salaire versé correspondait-il à un emploi tangible ?
Mes seules sources d'informations sont les médias, dans mon cas il ne peut pas en être autrement. Que vois-je alors ? Des histoires de "pas de badge", "pas de boite électronique"*.

Ne vous en déplaise la seule défense possible est de démontrer que tout ceci n'empêchait pas un travail authentique. Car enfin ce n'est pas à vous que je vais apprendre qu'être assistant parlementaire c'est occuper un emploi à plein temps**. Alors où sont les agendas, les comptes-rendus de réunions, les rapports, les synthèses, les feuilles d'émargement, les "logs" informatiques, les brouillons de texte, les rendez-vous et les notes de frais, bref tout ce qui fait le pain quotidien de ce travail ? Certes, ces pièces doivent d'abord être communiqués à la justice mais ne voyez-vous pas qu'il y a désormais urgence et que faute de montrer ces documents il faudrait au moins nous expliquer pourquoi ils existent puisqu'il y a mise en doute.

Car si comme vous le pensez il ne s'agit que d'allégations ou de volonté délibérée de nuire il est facile à mes yeux de le prouver par la production d'éléments concrets, sans parler de judiciariser l'affaire avec une plainte pour dénonciation calomnieuse ou propagation de fausse nouvelle. C'est justement parce que rien de tout cela n'arrive que la balance continue de pencher vers la faute plutôt que vers la probité.
Le monde politique est comme le monde, il change sans cesse. Vous devez tenir compte du fait que l'exigence d'honnêteté intellectuelle est chaque jour plus importante envers celles et ceux qui nous dirigent. A qui en vouloir si cette exigence est d'autant plus forte que l'échéance électorale est d'importance ?
A ce point de l'enquête je n'ai pour construire mon opinion que des faisceaux de preuves tendant à démontrer qu'il y a eu un mauvais usage de l'argent public, mais pour aussi étrange que cela puisse paraître je souhaite que François Fillon puisse expliquer en quoi il n'y a pas lieu de le poursuivre***. Je forme ce voeux précisément parce que vous êtes nombreux à défendre l'ancien premier ministre et que votre statut de député fait pratiquement office d'argument d'autorité. C'est aussi parce que je n'arrive pas à imaginer que votre soutien ne soit qu'un soutien de principe, autrement dit sans avoir connaissance d'éléments - que forcément je n'ai pas - et qui vous permettent de savoir que ce que je crois vrai est faux.
Ce serait encore plus terrible autrement.

AlterEgo


* L'application du rasoir d'Ockham ne plaide pas en faveur de François Fillon. Il est quand même plus simple d'expliquer la réalité d'un emploi en produisant un badge, une boite mail, un contrat en bonne et due forme, comportant de surcroît l'adresse de l'assemblée nationale comme lieu de travail.
** J'ai appris à cette occasion que certains députés emploient jusqu' à 3 assistants parlementaires ce qui soit veut dire que ce nombre est nécessaire au vu de la charge de travail à effectuer, soit que nombre d'entre eux ne feraient rien ou pas grand chose...
*** En dépit de ses déclarations , de celles de son avocat ou de ses soutiens j'estime que ce n'est toujours pas le cas

09:18 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, fillon, penelope

10/01/2017

Un exemple de promesse impossible à tenir : créer 16 000 places de prison en cinq ans.

Si à gauche Manuel Valls avait lancé en Octobre dernier un n-ième plan de rénovation des prisons françaises, François Fillon lui promet la création de 16 000 places supplémentaires d'ici 2022. A environ 400 places par prison ce n'est pas moins de 40 centres pénitenciaires qui devront voir le jour en 5 ans. Cela veut dire 40 emplacements à trouver, 40 maires à convaincre et sans doute autant de contestations plus ou moins formelles de la part de la population locale à affronter. Tenir cette promesse c'est surtout lancer ces 40 chantiers en un temps très court afin qu'ils soient terminés avant la fin du quinquennat. Ce que je veux souligner en pointant tous ces obstacles est que l'argent seul ne suffit pas, et encore moins les déclarations d'intention.
Je reviens un instant sur les implantations. L'excellent rapport parlementaire de 2002 (de mémoire) sur les prisons le soulignait, éloigner les centres pénitentiaires des villes est une fausse bonne idée. Avec moins de transports en communs il y aura moins de visites ainsi que des temps de trajets forcément rallongés pour tout le personnel. Cacher les prisons n'est pas une solution en soi.
Mais admettons un instant que tous ces obstacles soient levés, avec ou sans baguette magique. Ce n'est pas le tout de construire il faut aussi du personnel. Un récent rapport a pointé qu'à Fresnes 70% des surveillants sont des stagiaires, un chiffre à peine croyable. Si l'on a la volonté politique de construire des places de prison supplémentaires cela ne peut pas se faire sans une titularisation massive du personnel. Après tout il est question ici d'un emploi perenne et non délocalisable, un argument qui devrait faire mouche à quelques mois de l'élection présidentielle.

13/12/2016

Contre : le passage de gratuit à payant de Digiposte

Vous connaissez peut-être Digiposte, le site internet de La Poste consacré à la dématérialisation de documents officiels ou privés. Le concept en est simple : après vous être inscrit sur le site vous êtes en mesure de recevoir directement dans un espace dédié, un coffre, factures, attestations ou autres documents divers. C'est un service qui permet de recevoir moins de courrier dans sa boîte aux lettres car des pièces aussi importantes pour notre quotidien que la feuille d'impôt ou la fiche de paie peuvent être envoyés via Digiposte.
Usager depuis maintenant deux ans j'ai eu la surprise de voir que le service va s'appeler en Janvier prochain Digiposte+. Jusque là rien de plus naturel que de voir un site internet évoluer. Là où le bât blesse c'est quand on découvre que sous couvert d'évolutions somme toute mineures, La Poste a décidé de transformer ce qui était jusque là gratuit en un service payant : un abonnement de 3,99€ par mois sera nécessaire pour accéder à Digiposte+ dans les mêmes conditions que l'abonnement gratuit de l'ancien Digiposte.
digiposte,abonnement
En effet, s'il était possible via Digiposte de s'abonner à un nombre quelconque d'entreprises ou de services tiers afin de recevoir leurs documents, il faudra payer avec Digiposte+ dès qu'il s'agira de recevoir les documents de plus de 5 prestataires différents.
Dès lors, ou bien je reste sous la barre des 5 abonnements et je ne paie rien - ce qui va m'obliger à supprimer 14 prestataires - ou bien je paie chaque mois pour un service qui était auparavant gratuit. Le piège se referme doucement sur le consommateur que je suis car parmi les 5 services il y en a déjà deux pour lequel le retour au papier est impossible* à savoir mon entreprise (qui m'envoie mon bulletin de salaire par ce biais) et le trésor public. Ajoutons à cela l'électricité et l'accès Internet - deux services indispensables** et nous en sommes déjà à 4.
La Poste aura beau mettre en avant que l'espace disponible du "coffre" passe de 5Go pour l'abonnement gratuit à illimité pour l'abonnement payant, cela ne doit tromper personne, surtout que la vocation de Digiposte n'est pas de concurrencer DropBox ou Hubic***. Il s'agit plutôt ici de monétiser un service public et rien d'autre.

* Impossible car les tiers concernés ne prévoient pas de "marche arrière" pour ces prestations. Je précise ici que je ne le souhaite pas pour ma part, étant très satisfait de ces dématérialisations.
** Indispensable au sens normatif, ces deux prestations possédant un "tarif social" afin que les populations les plus précaires puissent en bénéficier.
*** Notez que si ces deux sites ont développé des offres payantes l'espace alloué à un compte gratuit est de 25Go pour chacun des deux, soit cinq fois plus que ce que propose La Poste.

18:48 Publié dans Contre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : digiposte, abonnement

20/11/2016

Pour : un mot de passe simplifié

On nous le répète pourtant jamais assez, quel que soit le site internet sur lequel nous avons un compte il faut un mot de passe complexe. Au risque de paraître à contre-courant je considère que c'est là une précaution inutile* et que "123456" nous protège tout autant - ou aussi peu - que par exemple "azr**ei59hJiF".
Pourquoi j'affirme cela ? Tout simplement parce que la technique "brutale" consistant à essayer un mot de passe jusqu'à ce que ça marche est une technique qui n'existe pas. Les pirates ont autre chose à faire que de tester au clavier "12345" , "password" ou autre "admin_user".
Dans les faits les hackers - dont je ne nie pas l'existence, bien au contraire - volent la base de données contenant votre login et votre mot de passe et cherchent ensuite à "casser" la base dans son ensemble, autrement dit à la décrypter, la décoder. Et à ce stade peu importe que votre mot de passe soit complexe ou pas car l'algorithme qui va le "deviner" n'est pas construit selon un système de force brute, essayer tous les codes possibles et imaginables jusqu'à tomber sur le bon.
Prenons maintenant un raisonnement inverse et imaginons que vous allez pour la première fois sur un site internet et qu'à l'inscription vous entrez votre e-mail en guise de compte utilisateur et "12345" comme mot de passe. Quels sont les risques ?
Primo, vous avez sans le savoir un "key-logger" dans votre ordinateur, un logiciel espion qui va scruter vos frappes clavier. En ce cas peu importe la complexité du mot de passe que vous venez d'entrer puisque c'est la saisie même qui est en cause.
Deuxio, un pirate essaie de se connecter à votre place sur le site en question. Il faut pour cela déjà supposer qu'il a auparavant "volé" votre adresse e-mail ou pourquoi pas l'essayer au hasard (jean.dupont@gmail.com va sûrement se reconnaître ... ).
Mais même ainsi notre pirate n'a pas d'indices, pas plus sur votre mot de passe que sur les sites sur lesquels vous êtes inscrits. On peut ici argumenter que l'utilisation du lien "mot de passe oublié" est un maillon faible dans la protection. Mais si un pirate utilise cette solution, il devra pour réussir avoir déjà piraté l'accès à vos messages e-mail. Sans compter que de toute façon le site concerné renvoit sur une page de ré-initialisation du mot de passe, ce qui implique que le pirate entre son propre mot de passe avec votre compte et que par conséquent il ne connaîtra toujours pas le mot de passe que vous aviez utilisé....
C'est pour toutes ces raisons que je considère qu'un mot de passe compliqué à deviner n'apporte aucune protection supplémentaire par rapport à un mot de passe simple à deviner.

* Oui, j'adore Beaumarchais.

 
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