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10/01/2017

Un exemple de promesse impossible à tenir : créer 16 000 places de prison en cinq ans.

Si à gauche Manuel Valls avait lancé en Octobre dernier un n-ième plan de rénovation des prisons françaises, François Fillon lui promet la création de 16 000 places supplémentaires d'ici 2022. A environ 400 places par prison ce n'est pas moins de 40 centres pénitenciaires qui devront voir le jour en 5 ans. Cela veut dire 40 emplacements à trouver, 40 maires à convaincre et sans doute autant de contestations plus ou moins formelles de la part de la population locale à affronter. Tenir cette promesse c'est surtout lancer ces 40 chantiers en un temps très court afin qu'ils soient terminés avant la fin du quinquennat. Ce que je veux souligner en pointant tous ces obstacles est que l'argent seul ne suffit pas, et encore moins les déclarations d'intention.
Je reviens un instant sur les implantations. L'excellent rapport parlementaire de 2002 (de mémoire) sur les prisons le soulignait, éloigner les centres pénitentiaires des villes est une fausse bonne idée. Avec moins de transports en communs il y aura moins de visites ainsi que des temps de trajets forcément rallongés pour tout le personnel. Cacher les prisons n'est pas une solution en soi.
Mais admettons un instant que tous ces obstacles soient levés, avec ou sans baguette magique. Ce n'est pas le tout de construire il faut aussi du personnel. Un récent rapport a pointé qu'à Fresnes 70% des surveillants sont des stagiaires, un chiffre à peine croyable. Si l'on a la volonté politique de construire des places de prison supplémentaires cela ne peut pas se faire sans une titularisation massive du personnel. Après tout il est question ici d'un emploi perenne et non délocalisable, un argument qui devrait faire mouche à quelques mois de l'élection présidentielle.

13/12/2016

Contre : le passage de gratuit à payant de Digiposte

Vous connaissez peut-être Digiposte, le site internet de La Poste consacré à la dématérialisation de documents officiels ou privés. Le concept en est simple : après vous être inscrit sur le site vous êtes en mesure de recevoir directement dans un espace dédié, un "coffre", factures, attestations ou autres documents divers. C'est un service qui permet de recevoir moins de courrier dans sa boîte aux lettres car des pièces aussi importantes pour notre quotidien que la feuille d'impôt ou la fiche de paie peuvent être envoyés via Digiposte.
Usager depuis maintenant deux ans j'ai eu la surprise de voir que le service va s'appeler en Janvier prochain Digiposte+. Jusque là rien de plus naturel que de voir un site internet évoluer. Là où le bât blesse c'est quand on découvre que sous couvert d'évolutions somme toute mineures, La Poste a décidé de transformer ce qui était jusque là gratuit en un service payant : un abonnement de 3,99€ par mois sera nécessaire pour accéder à Digiposte+ dans les mêmes conditions que l'abonnement gratuit de l'ancien Digiposte.
digiposte,abonnement
En effet, s'il était possible via Digiposte de s'abonner à un nombre quelconque d'entreprises ou de services tiers afin de recevoir leurs documents, il faudra payer avec Digiposte+ dès qu'il s'agira de recevoir les documents de plus de 5 prestataires différents.
Dès lors, ou bien je reste sous la barre des 5 abonnements et je ne paie rien - ce qui va m'obliger à supprimer 14 prestataires - ou bien je paie chaque mois pour un service qui était auparavant gratuit. Le piège se referme doucement sur le consommateur que je suis car parmi les 5 services il y en a déjà deux pour lequel le retour au papier est impossible* à savoir mon entreprise (qui m'envoie mon bulletin de salaire par ce biais) et le trésor public. Ajoutons à cela l'électricité et l'accès Internet - deux services indispensables** et nous en sommes déjà à 4.
La Poste aura beau mettre en avant que l'espace disponible du "coffre" passe de 5Go pour l'abonnement gratuit à illimité pour l'abonnement payant, cela ne doit tromper personne, surtout que la vocation de Digiposte n'est pas de concurrencer DropBox ou Hubic***. Il s'agit plutôt ici de monétiser un service public et rien d'autre.

* Impossible car les tiers concernés ne prévoient pas de "marche arrière" pour ces prestations. Je précise ici que je ne le souhaite pas pour ma part, étant très satisfait de ces dématérialisations.
** Indispensable au sens normatif, ces deux prestations possédant un "tarif social" afin que les populations les plus précaires puissent en bénéficier.
*** Notez que si ces deux sites ont développé des offres payantes l'espace alloué à un compte gratuit est de 25Go pour chacun des deux, soit cinq fois plus que ce que propose La Poste.

18:48 Publié dans Contre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : digiposte, abonnement

20/11/2016

Pour : un mot de passe simplifié

On nous le répète pourtant jamais assez, quel que soit le site internet sur lequel nous avons un compte il faut un mot de passe complexe. Au risque de paraître à contre-courant je considère que c'est là une précaution inutile* et que "123456" nous protège tout autant - ou aussi peu - que par exemple "azr**ei59hJiF".
Pourquoi j'affirme cela ? Tout simplement parce que la technique "brutale" consistant à essayer un mot de passe jusqu'à ce que ça marche est une technique qui n'existe pas. Les pirates ont autre chose à faire que de tester au clavier "12345" , "password" ou autre "admin_user".
Dans les faits les hackers - dont je ne nie pas l'existence, bien au contraire - volent la base de données contenant votre login et votre mot de passe et cherchent ensuite à "casser" la base dans son ensemble, autrement dit à la décrypter, la décoder. Et à ce stade peu importe que votre mot de passe soit complexe ou pas car l'algorithme qui va le "deviner" n'est pas construit selon un système de force brute, essayer tous les codes possibles et imaginables jusqu'à tomber sur le bon.
Prenons maintenant un raisonnement inverse et imaginons que vous allez pour la première fois sur un site internet et qu'à l'inscription vous entrez votre e-mail en guise de compte utilisateur et "12345" comme mot de passe. Quels sont les risques ?
Primo, vous avez sans le savoir un "key-logger" dans votre ordinateur, un logiciel espion qui va scruter vos frappes clavier. En ce cas peu importe la complexité du mot de passe que vous venez d'entrer puisque c'est la saisie même qui est en cause.
Deuxio, un pirate essaie de se connecter à votre place sur le site en question. Il faut pour cela déjà supposer qu'il a auparavant "volé" votre adresse e-mail ou pourquoi pas l'essayer au hasard (jean.dupont@gmail.com va sûrement se reconnaître ... ).
Mais même ainsi notre pirate n'a pas d'indices, pas plus sur votre mot de passe que sur les sites sur lesquels vous êtes inscrits. On peut ici argumenter que l'utilisation du lien "mot de passe oublié" est un maillon faible dans la protection. Mais si un pirate utilise cette solution, il devra pour réussir avoir déjà piraté l'accès à vos messages e-mail. Sans compter que de toute façon le site concerné renvoit sur une page de ré-initialisation du mot de passe, ce qui implique que le pirate entre son propre mot de passe avec votre compte et que par conséquent il ne connaîtra toujours pas le mot de passe que vous aviez utilisé....
C'est pour toutes ces raisons que je considère qu'un mot de passe compliqué à deviner n'apporte aucune protection supplémentaire par rapport à un mot de passe simple à deviner.

* Oui, j'adore Beaumarchais.

05/10/2016

Contre : Une coupe du monde à 48 équipes.

L'actuel président de la FIFA, Gianni Infantino, souhaite que la coupe du monde de football passe de 32 à 48 équipes. Si au premier abord l'idée que plus de pays participent à la grande fête du foot peut être louable (encore que, les mauvaises langues pouvant facilement parler de clientélisme), une analyse des condidions dans lesquelles se déroulerait un tel tournoi démontre que c'est tout le contraire.
En effet, il n'est pas question de juste augmenter le nombre de poules et passer de 8 poules de 4 équipes soit 32 pays à 12 poules de 4 soit 48, non. L'idée est d'avoir d'un coté un groupe de 16 équipes et d'un autre coté 32 équipes qui s'affronteraient sur un match afin que les 16 qualifiés puissent participer à la phase finale et aux matches de poules.
Un tel système - s'il voyait le jour - donnerait une prime conséquente aux meilleures équipes. On l'a vu par le passé, être tête de série ne donnait pas nécessairement un ticket pour les huitièmes de finale. Par contre avec ce futur système, être dans le premier groupe donnera l'avantage d'avoir dans sa poule deux équipes qui elles viendront de batailler pour être en phase finale.
Ajoutons aussi que cela nécessitera soit de "casser" la répartition continentale, soit de tordre le sort pour pouvoir la respecter. On ne sait pas encore comment serait géré ce 32ème de finale de coupe du monde, sera-ce un tirage au sort intégral ou respectera t-il la mixité continentale ? En tout état de cause, les pays qui en sortiront auront le désavantage d'avoir joué un match de plus que les autres, de surcroît dans des conditions mentales difficiles puisqu'il s'agira d'un match couperet.
Du coup les masques tombent : Il s'agit d'organiser une coupe du Monde certes mais avec l'objectif de limiter au minimum le risque pour les meilleures équipes de sortir dès le premier tour. Les exemples passés sont bien trop nombreux pour ne pas songer que c'est là l'idée directrice. Et comme par hasard, ce système se mettra en place pour la coupe du monde 2022 organisée au Qatar. Comme si les conditions dans lesquelles ce pays a obtenu l'organisation de la compétition, le scandale autour de la construction des stades et la polémique sur les dates retenues ne suffisait pas, voilà qu'il faut aussi modifier le format du tournoi pour faire plaisir aux fédérations les plus influentes. C'est la glorieuse incertitude du sport qu'on éradique, pas autre chose.

14/09/2016

Ce que l'on sait : on ne sait rien (de plus)

Dans le contexte actuel d'état d'urgence les articles sur le terrorisme sont nombreux. Depuis quelque temps déjà pullule les titres à base de "ce que l'on sait sur ...". Je dois avouer que je n'avais encore jamais lu les articles avec un tel titre car je supposait - a priori - que le contenu était bardé de conditionnels et que dès lors on devrait plutôt écrire "ce que l'on ne sait pas".
Mais pour me faire une idée plus précise je me suis décidé à lire un tel article. Je n'ai pas eu de mal à le trouver dans le magazine "Challenges", et il est intitulé "Terrorisme: ce que l'on sait du mineur de 15 ans qui était prêt à passer à l'acte".
La réalité est que Challenges ne sait pas grand chose : Sur les 46 lignes de l'article seuls 6 font directement référence au titre : deux dans le premier paragraphe où l'on apprend que "Le mineur de quinze ans, interpellé dans le XIIe arrondissement, avait fait l'objet d'une perquisition administrative en avril et était depuis lors assigné à résidence," puis deux autres dans le paragraphe suivant pour nous dire que "L'adolescent était entendu dimanche en garde à vue par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret, près de Paris". Concernant cet interrogatoire on lira que "le mineur était en contact via Telegram, messagerie internet sécurisée appréciée des djihadistes pour sa confidentialité, avec X." et c'est tout ce que vous saurez de nouveau dans cette affaire. Vous n'apprendrez rien de plus, le reste de l'article étant entièrement consacré à X. et à ses actions.
Avouez que titrer "Ce que l'on sait de ..." alors que cela occupe tout juste 10% de l'article est un peu léger ...

10:24 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terrorisme

 
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