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16/07/2019

De la lutte contre le réchauffement climatique à la victoire contre le réchauffement climatique.

Cela fait maintenant près de deux decennies que l'on parle régulièrement de lutte contre le réchauffement climatique mais étrangement mon propos du jour consiste à regarder les conséquences d'une réussite totale de cette lutte, d'étudier ce qu'implique ce raisonnement par l'absurde*.
Je crois que personne n'a encore pris ce dossier par la fin et pour cause : au moment où plus que jamais il est question de lutter contre le réchauffement climatique, il n'est pas logique d'imaginer un seul instant que ce combat puisse être gagné un jour car tous les indicateurs sont au rouge, voire au rouge vif.
Pourtant, poser la question des éléments qui permettront de crier victoire c'est interroger les paramètres nécessaires pour dire que oui, l'Homme a triomphé du dérèglement climatique. Hélas, on voit bien par cette question que ces paramètres sont tout aussi flous que les indicateurs du GIEC.

A tout seigneur tout honneur, commençons par le réchauffement pur et ses +2° à ne pas dépasser. A partir de quand pourra t-on dire que "Ca y'est : la lutte est terminée, nous avons gagné notre combat contre le réchauffement climatique" ? Jamais hélas car il existera toujours des modèles pour prédire qu'il sera probable d'atteindre ou de dépasser +2°. J'en profite pour redire que les modèles du GIEC ont bon dos puisque l'écart entre la fourchette basse et la fourchette haute est tel que finalement peu importe l'évolution du climat, il se trouvera toujours un scénario dans le vrai**. Pour le dire autrement le GIEC ne sera jamais pris en défaut vu la taille du parapluie qu'il a placé au-dessus de sa tête.
Mais allons plus loin : que sera le climat de la Terre "post lutte contre le réchauffement climatique" une fois celui-ci gagné ? Sera t-il identique à celui que nous connaissons aujourd'hui ? - je veux dire comme celui des années 1980-2010 - sera t-il au contraire légèrement plus froid ou un peu plus chaud ? Cette question en pose une autre d'importance, à savoir la capacité de l'Homme à maîtriser le climat, à le faire évoluer selon sa volonté. Cela pose aussi en creux un concept auquel je tiens beaucoup, celui de climat idéal de la Terre car pour invraisemblable que cela puisse paraître aucune étude n'existe, aucun article peer-reviewed n'a jamais été publié pour décrire ce dernier. Pourtant sans cette connaissance comment peut-on juger que nous allons forcément vers un moins bien climatique ? Et, quand bien même ce serait le cas personne ne sait aujourd'hui décrire le climat idéal de notre planète, a fortiori le circonscrire dans une fourchette de température inférieure aux +2°C que nous devons pas dépasser sous peine des plus grands malheurs.
Ce que je cherche à dire ici c'est que j'ai du mal à imaginer que des décisions politiques puissent avoir pour conséquence d'influencer le climat de notre planète, car si cela était alors l'Homme aura maitrisé ce dernier, il sera capable de le faire évoluer à sa guise. Et à la réflexion c'est peut-être cette perspective qui me fait douter - plus que tout autre argument - du caractère anthropique des évolutions climatiques que nous connaissons...

* La Mairie de Paris vient de se déclarer en "état d'urgence climatique" sans d'ailleurs préciser quels critères lui permettrait d'en sortir. Preuve à mes yeux de la pertinence de mon propos...
** Les modèles du GIEC prévoient un réchauffement entre +0,7 et +4,5°C d'ici la fin du XXIème siècle. Notons aussi que le premier rapport (FAR) de 1992 ne comptait que 4 modèles informatiques alors que le dernier (AR5) en compte 8.

17:43 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : climat, giec

22/06/2019

De l'eau sur Mars, un jour...

L'article de Futura sciences ne pouvait pas me laisser indifférent, surtout en cette période du Baccalauréat 2019 où la notion du temps à été mise l'honneur à l'occasion de l'épreuve de philosophie. Mais pour en revenir au magazine, ce dernier annonce donc que "De l’eau coulait sur Mars dans un passé proche". Passé proche certes, mais proche pour qui ?
Pour le savoir il faut lire l'article et y découvrir que "des traces d'altération aqueuse tardive dans des météorites martiennes [se sont] produites sur Mars, il y a entre 227 et 56 millions d'années."
Je vais passer sur la litote ("l'eau" du titre qui se transforme dans l'article en "de l'altération aqueuse") pour m'attarder sur le "passé proche", à savoir entre 227 et 56 millions d'années.
Comme pour insister Futura sciences parle d'un "passé relativement récent" et au passage glisse doucement de l'analyse toute factuelle des cristaux de zircon (ZrSiO4) à l'extrapolation des résultats : "[cela] montre que de l'eau liquide a été disponible à proximité de la surface dans un passé relativement récent et que, par conséquent, cela pourrait encore être le cas de nos jours. Mars aurait pu être habitable sur presque toute son histoire* puisque l'eau est le premier ingrédient nécessaire à l'émergence de la vie."
Mais revenons au passé si proche car c'est le véritable sujet de ce billet. Si 56 millions d'années c'est "récent" alors que dire des 2 019 ans de notre calendrier ? Lequel de ces 2 événements est "récent" ? On le voit bien, tout est question d'échelle et à celle de l'Univers ces 56 millions ne comptent pour rien ou presque**.
Mais à l'échelle de l'Homme ces 56 millions d'années sont une valeur si grande qu'elle n'est pas imaginable. D'ailleurs les scientifiques ne s'y trompent pas puisque le "passé relativement récent" de l'article couvre en réalité toute la période entre 227 et 56 millions d'année soit quand même une marge d'erreur admise par les contributeurs de l'étude de 171 millions d'années. Là est le reproche que je peux faire à l'article : à aucun moment il n'est fait allusion au fait que ce qui est arrivé sur Mars est en réalité survenu "il y a bien longtemps". L'écrire aurait sans dout gâché le rêve induit par le sujet en question ...

 

* Souligné par moi.

** Si 56 millions dans un univers agé de 15 milliards d'années sont comme 13 secondes dans une heure, 2019 ans dans 56 millions d'années sont comme 1 dixième de seconde dans la même heure.

12:47 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : temps, mars, astronomie

19/04/2019

Pour : un mot de passe simplifié (II)

Je veux aujourd'hui compléter un billet écrit il y a trois ans déjà à propos du mot de passe, de sa composition et surtout de sa vulnérabilité. A contre-courant de ce que je peux lire ici ou là je persiste à considérer qu'un mot de passe dit compliqué ne protège pas mieux qu'un mot de passe réputé facile à deviner. Je me propose ici d'argumenter cette idée. Commençons par la fin et explorons ensemble comment un hacker s'y prend pour pirater un mot de passe.
a) Il a installé sur l'ordinateur cible un de ces keyloggers, un logiciel qui scrute les frappes au clavier de la victime. En ce cas nous sommes bien obligé de déduire que la composition du mot de passe n'a aucune importance puisque le pirate va le découvrir instantanément.
b) Le pirate a récupéré la base de données des utilisateurs d'un site et avec un logiciel approprié il va tenter de décoder les mots de passe qui y sont stockés. Là aussi nous sommes finalement dans le même cas qu'en a), c'est-à-dire que la capacité du pirate à deviner un mot de passe n'a aucun rapport avec la complexité de ce dernier.
Il ne reste que c) et d), autrement dit la comparaison du mot de passe avec une liste et l'usage de la force brute.
Le cas c) - l'usage d'une liste - est ce que j'appelle du piratage d'opportunisme. Le pirate va essayer les uns après les autres les mots de passe habituellement les plus utilisés et espérer tomber sur le bon. Je dois avouer que j'ai du mal à concevoir que cette méthode soit réellement utilisée car elle est l'équivalent d'une attaque par déni de service, autrement dit d'une connexion directe au site visé suivi d'une suite d'essais de mots de passe tels que passwordadminuser_admin et autre 123456. On pourrait ici répliquer que dans les faits le pirate ne se connecte pas vraiment à la page d'accueil du site mais plutôt au serveur et que de là il "attaquerait" directement la base de données. Oui mais alors cela voudrait dire qu'ici le maillon faible est la sécurité du site et non pas la qualité du mot de passe.
Pour moi il ne reste plus que d), la force brute. Notre pirate va essayer - via un logiciel bien sûr - toutes les combinaisons possibles, une à une, en partant de aaaa et en allant jusqu'à zzzz. Là au moins il est sûr de trouver le mot de passe ; sauf que comme nous allons le voir le temps risque fort de lui manquer.
Nous en arrivons alors à la seconde partie de mon raisonnement, la constitution du mot de passe en lui-même. Imaginons la situation suivante : Je créé un compte sur un site internet et je dois pour cela définir un mot de passe. Je me décide alors pour "ridicule" ; oui, comme l'adjectif. Quels sont les risques pour moi d'être piraté avec un tel mot de passe ?
Des cas a), b) et c) déjà vus je dois surtout craindre c) car après tout "ridicule" est un mot du dictionnaire, un parmi 50 000 certes. Mais comme déjà dit plus haut je n'y crois pas un seul instant.
Par contre j'ai tout à craindre de la force brute car mon mot de passe se situe quelque part entre "aaaaaaaa" et "zzzzzzzz" et avec la méthode d) mon pirate passera forcément à un moment ou à un autre par "r-i-d-i-c-u-l-e". J'ai toutefois ici un allié de poids, les mathématiques combinatoires, car apprenez qu'il est possible de former 417 654 129 152 combinaisons différentes quand un mot de passe a 8 caractères de long. Avouez que c'est beaucoup... Et encore, comment le pirate peut t-il savoir que dans mon mot de passe il n'y a que des minuscules et aucun chiffre ni caractère spécial (tel que @ & _ ou *) ?
N'est-il pas au contraire contraint de présupposer leur présence dans mon mot de passe ? Dès lors ce n'est plus dans une liste de 26 caractères possibles qu'il devra chercher mais dans une liste de 62 caractères*. En effet si ça se trouve j'ai tapé "RiDiCUle" comme mot de passe ou encore "R*d@Cul_". Le seul indice facile dont dispose mon pirate c'est la taille du mot de passe, ici 8 caractères de long.
Mais comme je viens de l'écrire doit-il chercher parmi les seules minuscules, les minuscules et majuscules mélangées ou alors parmi une combinaison de chiffres et de lettres ? Faute d'éléments en sa possession il va devoir prendre en compte le plus grand dénominateur.
Ainsi, le mot de passe "ridicule" est en position 139 051 448 099 si on ne compte que sur les minuscules et en position 96 118 177 285 565 s'il faut prendre en compte chiffres et lettres.
En supposant que son logiciel soit capable d'explorer 40 000 combinaisons à la seconde - ce qui n'est déjà pas si mal** - il lui faudra 96 jours (24h/24 ...) avant d'arriver à mon "ridicule". Et encore ! Il lui faudra avoir parié que je n'utilisais que des minuscules dans mon mot de passe. Faute de ce renseignement il devra attendre 66 015 jours, autrement dit un peu plus de 180 années avant de pouvoir utiliser mon compte à mon insu***.
Dès lors permettez-moi de considérer que mon "ridicule" protège tout autant qu'un mot de passe réputé compliqué à pirater.
CQFD.

* Je dis 62 mais je ne compte pas les caractères spéciaux : 10 chiffres + 26 minuscules + 26 majuscules = 62 caractères différents. Ajoutons les caractères spéciaux et cela ferait 70.
** A la fin de la première seconde notre pirate n'en sera qu'à "aaaachel"...
*** Il est possible de me réclamer le détail complet de mon calcul, histoire de le vérifier et pourquoi pas ? de le contredire.

02/03/2019

Un prénom peut en cacher un autre

Le magazine Le Point publie cette semaine un article consacré au dernier livre de Jérôme Fourquet, "l'archipel français". Coïncidence, l'aspect le plus discuté du livre est celui relatif aux prénoms, sujet que j'ai déjà traité ici même mais sous un angle disons, plus léger.
Du coup - chose rare - le lecteur que je suis a les moyens de vérifier les calculs et assertions de l'analyste à l'IFOP et - chose curieuse - je n'arrive pas aux mêmes conclusions.
Première affirmation, "les enfants ayant un prénom arabo-musulman [représentent] 18% des naissances en 2016". Grâce au fichier de l'INSEE sur mon ordinateur je peux aisément vérifier cela. 18% des naissances en 2016 c'est en valeur absolue à peu près 135 000 personnes. Or, le premier prénom que l'on peut facilement qualifier "d'arabo-musulman" - Mohamed* - compte 2 383 naissances pour cette année-là. Quant au second, Rayan**, il a été donné à 1 837 garçons. Du coté des filles "arabo-musulmanes" c'est Yasmine qui arrive en tête avec 1 044 naissances en 2016. Mais tout cela mis bout à bout fait tout juste 5 000. Arriver à la conclusion que 18% des enfants ont un prénom "arabo-musulman" - c'est admettre que les 130 000 autres "arabo-musulmans" sont ventilés sur tous les autres prénoms, ce que j'avoue j'ai du mal à croire à la lecture du fichier de l'INSEE.
N'oublions pas que les 36 premiers prénoms suffisent pour nommer 18% des naissances. Il y a aussi un autre écueil auquel Jérôme Fourquet a du faire face et sur lequel il n'est pas interrogé : Dans quel fichier a t-il trouvé que tel prénom était "arabo-musulman" ? Ce n'est pas à lui que je vais apprendre qu'en 2016 il a été donné 11 849 prénoms différents. A un moment ou à un autre il a donc fallu qualifier d'arabo musulman ou de non-arabo musulman chacun de ces 11 849 prénoms. Autre interrogation "qui" décide que tel prénom est arabo-musulman et tel autre ne l'est pas ? Sur la base de quel critère ?

L'autre point concerne le prénom féminin "Marie", dont Jérôme Fourquet analyse la perte de vitesse comme étant "le symptôme d'une prise de distance progressive avec le catholicisme". Certes, mais cette affirmation ne tient pas chez les garçons, où c'est actuellement "Gabriel" qui est en tête, prénom on ne peut plus catholique puisque selon la Bible Gabriel est le messager de Dieu - rien que ça - celui qui annonce à Marie qu'elle va devenir la mère de Jésus.
Il va falloir ici me répondre que "Gabriel" n'est pas choisi pour ses racines chrétiennes mais pour des raisons sociologique. Oui mais alors tout se complique car d'un coté il n'y aurait aucune relation avec la religion quand on baptise 5 878 Gabriel en 2016 et insister au contraire sur le caractère quasi militant des 2 383 Mohamed*** ? Je dois avouer ne pas comprendre.

 

* Il a été question récemment - toujours à partir d'un fichier INSEE - que Mohamed est maintenant le premier prénom donné en Seine-Saint-Denis. Si je ventile mathématiquement les 2 383 "Mohamed" dans les 95 départements de la métropole j'arrive à 25 "arabo-musulmans" par département...
** J'insiste sur le caractère bien compliqué de qualifier "d'arabo-musulman" tel prénom et pas un autre.
*** Jérôme Fourquet ne s'étend pas sur l'écart de 1 à 3 entre le premier prénom "arabo-musulman" masculin et le premier prénom "arabo-musulman" féminin. Or il y a de quoi légitimement s'interroger sur ce paradoxe relatif. J'avancerais comme explication que le choix du prénom "arabo-musulman" est pris dans une liste bien plus étendue quand il s'agit d'une fille que quand il s'agit d'un garçon. 

15/12/2018

Mon petit exercice de pensée et mes réponses.

Nous considérons que la circonférence de la Terre à l'équateur est de 40 000 km.

Soit une route rectiligne tracée exactement suivant le plan de l'équateur et un trait T en travers de cette route servant de repère.
Soit deux robots R1 et R2. Le robot R1 est orienté vers l'Est - donc dans le sens de la rotation de la Terre - alors que le robot R2 est orienté lui vers l'Ouest et par conséquent en sens inverse de la rotation de la Terre.
Soit encore 3 horloges aussi précises que nécessaire : une horloge H1 embarquée avec le robot R1, une horloge H2 embarquée avec le robot R2 et une horloge H3 positionnée au niveau du trait T.
Nous lançons les deux robots en même temps, au jour J1 à midi, à une vitesse identique, uniforme et constante de 25 mètres par seconde.

Questions :

a) Combien de temps faudra t-il au premier des deux robots pour revenir au trait T après avoir fait le tour de la Terre ?

Réponse : 25 mètres par seconde représente 90 kilomètres par heure. Comme il y a 444,44 "tranches" de 90 km dans les 40 000 km de la circonférence de la Terre, Il faut 444,44 heures pour faire le trajet soit 18 jours 12 heures 26 minutes et 40 secondes, à une seconde près.

b) Est-ce qu'un robot arrive avant l'autre robot ? Si oui lequel ?

Réponse : Les deux robots arrivent en même temps au trait T car le fait d'aller dans le sens de la rotation de la Terre ou dans le sens inverse de la rotation de la Terre n'influe pas sur la vitesse absolue des robots.

c) Quels sont les temps affichés par les différentes horloges H1, H2 et H3 au moment de l'arrivée du premier robot au trait T ?

Réponse : Pour l'horloge H3 (celle restée au point T) le temps affiché est de 18 jours, 12 heures 26 minutes et 40 secondes.
Pour l'horloge H2 (embarquée avec le robot h2) le temps affiché est d'exactement un jour de plus que H3 (19 jours, etc.)
Pour l'horloge H1 (embarquée avec le robot h1)le temps affiché est d'exactement un jour de moins que H3. (17 jours, etc.)


Je remercie au passage Jules Verne qui m'a inspiré cet exercice.

 
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