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23/09/2019

Ballon d'or : évitons les erreurs du passé

La cérémonie de remise du Ballon d'or 2018 a montré ses limites comme l'a très bien remarqué en son temps Le Monde dans un article qui avait le mérite de dire haut ce qui devait l'être. Pour ma part je retiens le faux suspense, clé de toutes les dérives (pré-diffusion du classement sur internet, non-présence de certains joueurs, etc).
C'est pourquoi je propose que le modus operandi soit modifié en 2019*. D'abord une consultation pour retenir 30 noms. Puis toujours une cérémonie officielle mais au cours de laquelle les 180 journalistes votent en direct. La technologie le permet sans peine. A chaque fois la question serait la même : "Qui désignez-vous 30ème du classement ?", puis "Qui désignez-vous 29ème du classement ?" , "Qui désignez-vous 28ème du classement ?" et ainsi de suite jusqu'au Ballon d'Or**.
A chaque fois le footballeur qui reçoit le plus de suffrages est classé. Et en cas d'égalité diriez-vous que faire ? Rien justement. Si deux joueurs ou plus reçoivent le même nombre de votes alors ils sont classés au même rang, c'est aussi simple que cela. Ainsi on coupe court à la diffusion du classement avant la cérémonie.
Ma proposition est pragmatique et entretien le suspens mais sans doute cela respecte t-il trop la glorieuse incertitude du sport en général et du football en particulier.

* Il ne semble pas que ce soit le chemin suivi mais tant pis
Il y a bien sûr une entorse à ma question dès qu'il s'agira du podium car ainsi libellé dire qui est second revient à dire qui est Ballon d'Or. Le seul moyen d'ajouter de la dramaturgie est de s'arrêter au 4ème. La dernière question posée deviendrait alors "Dans quel ordre classez-vous les 3 footballeurs restants ?".

18:52 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ballon d'or, football

16/07/2019

De la lutte contre le réchauffement climatique à la victoire contre le réchauffement climatique.

Cela fait maintenant près de deux decennies que l'on parle régulièrement de lutte contre le réchauffement climatique mais étrangement mon propos du jour consiste à regarder les conséquences d'une réussite totale de cette lutte, d'étudier ce qu'implique ce raisonnement par l'absurde*.
Je crois que personne n'a encore pris ce dossier par la fin et pour cause : au moment où plus que jamais il est question de lutter contre le réchauffement climatique, il n'est pas logique d'imaginer un seul instant que ce combat puisse être gagné un jour car tous les indicateurs sont au rouge, voire au rouge vif.
Pourtant, poser la question des éléments qui permettront de crier victoire c'est interroger les paramètres nécessaires pour dire que oui, l'Homme a triomphé du dérèglement climatique. Hélas, on voit bien par cette question que ces paramètres sont tout aussi flous que les indicateurs du GIEC.

A tout seigneur tout honneur, commençons par le réchauffement pur et ses +2° à ne pas dépasser. A partir de quand pourra t-on dire que "Ca y'est : la lutte est terminée, nous avons gagné notre combat contre le réchauffement climatique" ? Jamais hélas car il existera toujours des modèles pour prédire qu'il sera probable d'atteindre ou de dépasser +2°. J'en profite pour redire que les modèles du GIEC ont bon dos puisque l'écart entre la fourchette basse et la fourchette haute est tel que finalement peu importe l'évolution du climat, il se trouvera toujours un scénario dans le vrai**. Pour le dire autrement le GIEC ne sera jamais pris en défaut vu la taille du parapluie qu'il a placé au-dessus de sa tête.
Mais allons plus loin : que sera le climat de la Terre "post lutte contre le réchauffement climatique" une fois celui-ci gagné ? Sera t-il identique à celui que nous connaissons aujourd'hui ? - je veux dire comme celui des années 1980-2010 - sera t-il au contraire légèrement plus froid ou un peu plus chaud ? Cette question en pose une autre d'importance, à savoir la capacité de l'Homme à maîtriser le climat, à le faire évoluer selon sa volonté. Cela pose aussi en creux un concept auquel je tiens beaucoup, celui de climat idéal de la Terre car pour invraisemblable que cela puisse paraître aucune étude n'existe, aucun article peer-reviewed n'a jamais été publié pour décrire ce dernier. Pourtant sans cette connaissance comment peut-on juger que nous allons forcément vers un moins bien climatique ? Et, quand bien même ce serait le cas personne ne sait aujourd'hui décrire le climat idéal de notre planète, a fortiori le circonscrire dans une fourchette de température inférieure aux +2°C que nous devons pas dépasser sous peine des plus grands malheurs.
Ce que je cherche à dire ici c'est que j'ai du mal à imaginer que des décisions politiques puissent avoir pour conséquence d'influencer le climat de notre planète, car si cela était alors l'Homme aura maitrisé ce dernier, il sera capable de le faire évoluer à sa guise. Et à la réflexion c'est peut-être cette perspective qui me fait douter - plus que tout autre argument - du caractère anthropique des évolutions climatiques que nous connaissons...

* La Mairie de Paris vient de se déclarer en "état d'urgence climatique" sans d'ailleurs préciser quels critères lui permettrait d'en sortir. Preuve à mes yeux de la pertinence de mon propos...
** Les modèles du GIEC prévoient un réchauffement entre +0,7 et +4,5°C d'ici la fin du XXIème siècle. Notons aussi que le premier rapport (FAR) de 1992 ne comptait que 4 modèles informatiques alors que le dernier (AR5) en compte 8.

17:43 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : climat, giec

22/06/2019

De l'eau sur Mars, un jour...

L'article de Futura sciences ne pouvait pas me laisser indifférent, surtout en cette période du Baccalauréat 2019 où la notion du temps à été mise l'honneur à l'occasion de l'épreuve de philosophie. Mais pour en revenir au magazine, ce dernier annonce donc que "De l’eau coulait sur Mars dans un passé proche". Passé proche certes, mais proche pour qui ?
Pour le savoir il faut lire l'article et y découvrir que "des traces d'altération aqueuse tardive dans des météorites martiennes [se sont] produites sur Mars, il y a entre 227 et 56 millions d'années."
Je vais passer sur la litote ("l'eau" du titre qui se transforme dans l'article en "de l'altération aqueuse") pour m'attarder sur le "passé proche", à savoir entre 227 et 56 millions d'années.
Comme pour insister Futura sciences parle d'un "passé relativement récent" et au passage glisse doucement de l'analyse toute factuelle des cristaux de zircon (ZrSiO4) à l'extrapolation des résultats : "[cela] montre que de l'eau liquide a été disponible à proximité de la surface dans un passé relativement récent et que, par conséquent, cela pourrait encore être le cas de nos jours. Mars aurait pu être habitable sur presque toute son histoire* puisque l'eau est le premier ingrédient nécessaire à l'émergence de la vie."
Mais revenons au passé si proche car c'est le véritable sujet de ce billet. Si 56 millions d'années c'est "récent" alors que dire des 2 019 ans de notre calendrier ? Lequel de ces 2 événements est "récent" ? On le voit bien, tout est question d'échelle et à celle de l'Univers ces 56 millions ne comptent pour rien ou presque**.
Mais à l'échelle de l'Homme ces 56 millions d'années sont une valeur si grande qu'elle n'est pas imaginable. D'ailleurs les scientifiques ne s'y trompent pas puisque le "passé relativement récent" de l'article couvre en réalité toute la période entre 227 et 56 millions d'année soit quand même une marge d'erreur admise par les contributeurs de l'étude de 171 millions d'années. Là est le reproche que je peux faire à l'article : à aucun moment il n'est fait allusion au fait que ce qui est arrivé sur Mars est en réalité survenu "il y a bien longtemps". L'écrire aurait sans dout gâché le rêve induit par le sujet en question ...

 

* Souligné par moi.

** Si 56 millions dans un univers agé de 15 milliards d'années sont comme 13 secondes dans une heure, 2019 ans dans 56 millions d'années sont comme 1 dixième de seconde dans la même heure.

12:47 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : temps, mars, astronomie

02/03/2019

Un prénom peut en cacher un autre

Le magazine Le Point publie cette semaine un article consacré au dernier livre de Jérôme Fourquet, "l'archipel français". Coïncidence, l'aspect le plus discuté du livre est celui relatif aux prénoms, sujet que j'ai déjà traité ici même mais sous un angle disons, plus léger.
Du coup - chose rare - le lecteur que je suis a les moyens de vérifier les calculs et assertions de l'analyste à l'IFOP et - chose curieuse - je n'arrive pas aux mêmes conclusions.
Première affirmation, "les enfants ayant un prénom arabo-musulman [représentent] 18% des naissances en 2016". Grâce au fichier de l'INSEE sur mon ordinateur je peux aisément vérifier cela. 18% des naissances en 2016 c'est en valeur absolue à peu près 135 000 personnes. Or, le premier prénom que l'on peut facilement qualifier "d'arabo-musulman" - Mohamed* - compte 2 383 naissances pour cette année-là. Quant au second, Rayan**, il a été donné à 1 837 garçons. Du coté des filles "arabo-musulmanes" c'est Yasmine qui arrive en tête avec 1 044 naissances en 2016. Mais tout cela mis bout à bout fait tout juste 5 000. Arriver à la conclusion que 18% des enfants ont un prénom "arabo-musulman" - c'est admettre que les 130 000 autres "arabo-musulmans" sont ventilés sur tous les autres prénoms, ce que j'avoue j'ai du mal à croire à la lecture du fichier de l'INSEE.
N'oublions pas que les 36 premiers prénoms suffisent pour nommer 18% des naissances. Il y a aussi un autre écueil auquel Jérôme Fourquet a du faire face et sur lequel il n'est pas interrogé : Dans quel fichier a t-il trouvé que tel prénom était "arabo-musulman" ? Ce n'est pas à lui que je vais apprendre qu'en 2016 il a été donné 11 849 prénoms différents. A un moment ou à un autre il a donc fallu qualifier d'arabo musulman ou de non-arabo musulman chacun de ces 11 849 prénoms. Autre interrogation "qui" décide que tel prénom est arabo-musulman et tel autre ne l'est pas ? Sur la base de quel critère ?

L'autre point concerne le prénom féminin "Marie", dont Jérôme Fourquet analyse la perte de vitesse comme étant "le symptôme d'une prise de distance progressive avec le catholicisme". Certes, mais cette affirmation ne tient pas chez les garçons, où c'est actuellement "Gabriel" qui est en tête, prénom on ne peut plus catholique puisque selon la Bible Gabriel est le messager de Dieu - rien que ça - celui qui annonce à Marie qu'elle va devenir la mère de Jésus.
Il va falloir ici me répondre que "Gabriel" n'est pas choisi pour ses racines chrétiennes mais pour des raisons sociologique. Oui mais alors tout se complique car d'un coté il n'y aurait aucune relation avec la religion quand on baptise 5 878 Gabriel en 2016 et insister au contraire sur le caractère quasi militant des 2 383 Mohamed*** ? Je dois avouer ne pas comprendre.

 

* Il a été question récemment - toujours à partir d'un fichier INSEE - que Mohamed est maintenant le premier prénom donné en Seine-Saint-Denis. Si je ventile mathématiquement les 2 383 "Mohamed" dans les 95 départements de la métropole j'arrive à 25 "arabo-musulmans" par département...
** J'insiste sur le caractère bien compliqué de qualifier "d'arabo-musulman" tel prénom et pas un autre.
*** Jérôme Fourquet ne s'étend pas sur l'écart de 1 à 3 entre le premier prénom "arabo-musulman" masculin et le premier prénom "arabo-musulman" féminin. Or il y a de quoi légitimement s'interroger sur ce paradoxe relatif. J'avancerais comme explication que le choix du prénom "arabo-musulman" est pris dans une liste bien plus étendue quand il s'agit d'une fille que quand il s'agit d'un garçon. 

11/12/2018

Ecrire "De la Terre à la Lune" de nos jours ? Impossible !

"De la Terre à la Lune" est un roman assez célèbre pour ne pas avoir besoin ici d'en raconter l'histoire. A force de le relire j'en ai je crois une connaissance assez fine, ce qui m'a amené à me dire que si ce que Jules Verne a imaginé se passait à notre époque le boulet ne serait pas près de partir pour la Lune.
Pour commencer l'implantation de la Columbiad* à Stone's Hill aurait fait l'objet de nombreux recours auprès des juridictions compétentes, par les séminoles d'abord pour cause d'occupation illégale d'une terre qui leur appartient, par les habitants de Tampa Town ensuite pour cause de trouble manifeste à l'ordre public et enfin par les écologistes de tout le pays pour cause de destruction de l'environnement. Ce coin de Floride serait vite devenu une ZAD, à n'en pas douter.
Pour continuer dans la même veine nul doute que la maison Goldspring - pour toute honorable qu'elle soit - aurait rogné au maximum sur la qualité des matériaux et les nombreuses non-conformités avec le cahier des charges initial auraient rendu l'expérience bien plus dangereuse que ce que Jules Verne le voulait. Il est tout aussi évident que l'entreprise aurait fait appel à de la sous-traitance mal payée au lieu de recruter "l'élite des mécaniciens, des chauffeurs, des fondeurs, des chaufourniers, des mineurs, des briquetiers, et des manoeuvres de tout genre (...)."
Ensuite, comment le président du Gun-Club pourrait rester insensible à l'incroyable succès du "crowfunding" qu'il a lui-même lancé ? Une investigation poussée conduirait certainement à conclure a un détournement de fonds manifeste.
Je pourrais aussi ajouter à ce tableau déjà bien sombre la bronca des défenseurs des animaux face à l'expérience consistant à enfermer ensemble un chat et un écureuil dans un boulet de canon avant de lancer le tout à la mer.
Enfin, contrairement à ce qu'a scénarisé Jules Verne le capitaine Nicholl aurait trouvé un soutien populaire indéniable** dans sa volonté de décrédibiliser cette "petite expérience".
Tout ça pour vous dire que c'est une preuve - s'il en fallait encore - que les temps ont bien changé depuis Jules Verne...

* Je me dois de rappeler que c'est la NASA qui s'est inspiré du roman de Jules Verne pour baptiser sa première navette spatiale Columbiad. Pour ma part je l'ai toujours regretté, préfèrant de loin voir attribuer un nom original et non pas copié.
** Dans le roman le Capitaine Nicholl a certes le soutien de journaux mais à aucun moment il n'est question d'un quelconque soutien populaire.

22:53 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terre, lune, verne, roman

 
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