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28/04/2008

Ce (pas) cher pétrole

Le pétrole est à des niveaux records, 119 dollars pour un baril à ce jour. Mais ce que personne ne dénonce ici n'est pas tant le prix, mais les causes qui font que ce prix augmente. Je suis stupéfait – le mot est faible – des arguments annoncés. Incendie d'une raffinerie en Finlande un jour, fuite d'un pipeline au Nigéria un autre jour, menace (et non dégats!) d'un ouragan dans le golfe du Mexique. Que dire alors de la grève qui a lieu en ce moment en Ecosse ? Non seulement le pétrole est cher, mais en plus il est bien fragile, si ces aléas ont tant d'influence sur le cours journalier. Ma conclusion est simple : ou bien tout ceci est vraiment réel et sérieux, et alors on ne paie pas assez cher le pétrole au regard de la fragilité de son approvisionnement, ou bien c'est de la poudre aux yeux, et les causes de la hausse ne sont pas autre chose que de la pure spéculation financière.

11:50 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Actu, pétrole, cours, baril

24/04/2008

La réforme et la souris

"Enfin !" serait-on tenté d'écrire, la réforme des institutions va avoir lieu. Je me souviens de ce candidat à l'élection présidentiel qui disait à un journaliste qu'aucun citoyen ne venait jamais l'aborder en lui parlant spontanément de la nécessité de réformer les institutions. Sans doute ne suis-je pas un citoyen ordinaire lorsque je songe à l'importance que je donne à nos institutions, et à leur nécessaire réforme. Mais en l'espèce, la montagne accouche d'une souris.
Surtout, j'attendais de savoir dans quelles conditions le Président de la République allait pouvoir s'exprimer devant le Parlement. Las, on peut vraiment parler ici d'un service minimum à en croire l'exposé des motifs. S'il pourra bien "prendre la parole devant le Parlement réuni en Congrès ou devant l'une ou l'autre de ses assemblées", il n'en demeurera pas moins que "sa déclaration pourra être suivie d'un débat hors sa présence - mais non d'un vote". Et de préciser que "cette procédure nouvelle aurait vocation à n'être mise en oeuvre que dans des moments particulièrement solennels de la vie de la Nation.".
Je ne suis pas constitutionnaliste, mais à l'usage on aura un discours par mandat, histoire de présenter sa politique, guère plus. Au final c'est une retouche toute formelle : le Président lira lui-même son texte au lieu de le faire lire. Il fallait au moins une commission pour cela...
Une réforme bien plus courageuse aurait été d'autoriser l'Assemblée Nationale à forcer le Président à venir s'exprimer, dans des conditions législatives proches de celles qui permettent aujourd'hui de déposer une motion de censure. L'opposition parlementaire aurait là une arme pour éclairer tout débat d'importance. On pourrait même envisager un vote de "confiance / défiance", qui sans remettre en cause de manière formelle la légitimité du Président de la République, serait un sérieux avis en cas de "défiance" majoritaire. Au moment où les lignes entre partis politiques bougent, un tel article constitutionnel aurait tout intérêt à voir le jour.

17/04/2008

Demain, un autre feu de forêt

Après l'AFP et le prochain tremblement de terre d'importance en Californie, voici Reuters et les feux de forêts.
Comme hier donc, des scientifiques dont il serait inopportun de mettre en doute les travaux et les conclusions, ont annoncé que "les feux de forêt pourraient gagner en intensité, en fréquence et en durée à mesure que le climat se réchauffe, accélérant ainsi le processus des changements climatiques et risquant de créer un cercle vicieux". La Conférence de l'Union Européenne des géosciences va même plus loin, car "selon des chercheurs (...), les incendies pourraient s'étendre à des régions pour l'instant épargnées par le phénomène". De la combustion spontanée en somme..
Mais selon Brian Amiro "le réchauffement cause davantage d'incendies qui, en libérant le carbone contenu dans les végétaux, accroissent à leur tour le réchauffement". Autrement dit, la Terre se réchauffe à cause des feux de forêt. Une forêt brûle, il fait plus chaud, et cela provoque un incendie de forêt. J'exagère ? Relisez le texte et comparez...
Tout cela me laisse bien perplexe, et je vais vous épargner le "copier-coller" de ce que j'ai écrit il y a tout juste 24 heures. Ici je n'en pense pas moins, et jouer les Cassandre est vraiment pratique, rapide, pas cher, et sans risque de perdre sa place d'expert !

16/04/2008

Je n'y crois pas : le Big One d'ici 30 ans

En dépit de la dépêche alarmiste de l'AFP diffusée hier à 15h18, je ne crois pas au "Big One" d'ici les 30 prochaines années. Je ne suis pourtant pas sismologue, je n'ai pour vous convaincre rien d'autre que mon intime conviction. Ah si pourtant, j'ai un souvenir que je vous livre. Abonné "papier" durant un an à USA Today, j'ai vu un jour la "Une" qui annonçait ce même Big One pour l'année à venir, c'était certain. Nous étions en 1993... Mais je vais quand même essayer d'argumenter mon propos. D'abord la dépêche précise d'emblée, et je cite, que "L'état de Californie (...), a "plus de 99% de risques" d'être touché dans les 30 prochaines années par un séisme de magnitude supérieure à 6,7, susceptible de provoquer des dégâts majeurs". Ceci est annoncé par l'Institut de géophysique américain (USGS).
Une telle nouvelle, il faut prévenir en effet les médias sans tarder. Mais la suite de l'article est moins clair. Pourtant l'étude n'est pas le résultat des élucubrations d'un savant fou, mais la combinaison de données recueillies et analysées par "des sismologues, des géologues et des spécialistes de la géodésie". Bref, tout ce que je ne suis pas (sic). Ils en ont conclu que "la probabilité de voir un tremblement de terre de magnitude supérieure à 7,5 dans les 30 prochaines années a été établie à 46%". Pis encore, le risque de voir survenir un tremblement de terre dans "la région de Los Angeles dans les 30 ans est de 67%, et dans la région de la Baie (de San Francisco) de 63%". Mais ce pourrait être plus terrible encore à l'endroit de la si célèbre faille de San Andréas. Ces spécialistes nous disent que le risque est décidément bien grand, puisqu'il est évalué à 63%, dixit l'USGS. Mais alors, où sont passés les 99% annoncés dans le premier paragraphe ? Sans doute sous une plaque tectonique...
Ce que je veux dénoncer ici c'est l'impunité, et je pèse mon qualificatif, à annoncer cela. Supposez que dans 30 ans on ressorte ce texte à l'USGS, et qu'on en vienne à leur demander des comptes sur ce qu'ils ont dit en 2008 et qui ne s'est pas produit. Que croyez-vous qu'il se passerait ? Qui serait sanctionné ? Personne. Tout le monde s'abriterait sous le si pratique parapluie logoté "principe de précaution". Et qu'est-ce que cela coûte de lancer une telle annonce aujourd'hui ? Rien, si ce n'est de voir voter des crédits supplémentaires pour la recherche en sismologie. Dans cette affaire, le risque zéro est garanti pour nos "experts". En conclusion : "Disgressez, disgressez, en ce moment c'est gratuit".

15/04/2008

La Charte et le badge

Qui peut affirmer ne pas vouloir lutter "pour un monde meilleur" ? Moi-même, je lutte au quotidien pour un monde meilleur. Les athlètes aussi – du moins ceux qui refusent le dopage, je m'empresse de le préciser – veulent un monde de fraternité. Et les Jeux Olympiques sont le point culminant de ces valeurs. La charte olympique est bien longue à lire, près de 109 pages. Mais tenons-nous en au chapitre 1, point 1 (le gras est de moi) : "Sous l’autorité suprême du Comité International Olympique, le Mouvement olympique comprend les organisations, les athlètes et les autres personnes qui se soumettent à la Charte olympique. Le but du Mouvement olympique est de contribuer à la construction d’un monde meilleur et pacifique en éduquant la jeunesse par le biais d’une pratique sportive en accord avec l’Olympisme et ses valeurs."
Exégèse rapide, pourquoi écrire "Le but du Mouvement olympique est de contribuer à la construction d’un monde meilleur", et dans le même temps refuser de voir écrire "Pour un monde meilleur" ? Je laisse le CIO face à cette incohérence.

Pourtant, il faut plus que jamais défendre la Charte Olympique et les valeurs qu'elle entend promouvoir ou protéger. Il faut cesser de mélanger la politique et le sport. Voyez les discours qui maintenant se radicalisent, qui disent ou écrivent "Pékin = Berlin". Il y a un discours politique à tenir face aux gouvernants chinois, et il y a un discours sportif à tenir face au Comité Olympique chinois. Le temps de la politique et de la diplomatie n'est pas celui des Jeux. Mais il est encore temps de demander l'application la plus large de la Charte Olympique à la Chine. Et d'en profiter pour avoir des précisions sur les mesures anti-dopage. Cette simple question n'est pas si éloignée que cela de la "crise tibétaine", croyez-moi.

Complément

J'ai appris que le président du CIO, Jacques Rogge, a invoqué l'article 51-3 de la charte olympique, pour expliquer le refus du "badge", au motif que le texte précise qu'"aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique". Hélas, ce "monde meilleur" est extrait de l'article 1-1 de cette même charte. Le Président du CIO ira t-il jusqu'à amender l'article 51-3 en ajoutant après "raciale" : " ou tout extrait de cette même charte olympique". Et si la volonté affichée est que tous les athlètes portent un "signe commun", je propose un badge où il serait marqué dans la langue de la délégation (je propose ici un texte en français) : "Pour un monde meilleur", avec dessous le nom de la Délégation (par exemple "France") et dessous encore les anneaux olympiques... Ca aurait du style, croyez-moi.

 
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