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28/02/2009

Qualifier la crise : L'hiver économique

Tous les éditorialiste, économistes, hommes politiques(1) ou autres personnalités ont cherché à qualifier la crise que nous traversons en ce moment. Les plus prudents ne disent rien d'autre et parlent tout simplement de "la crise", alors les plus vindicatifs ou les plus imaginatifs cherchent le meilleur qualificatif, l'expression qui sera retenue par le lecteur, l'auditeur, le téléspectateur ou l'électeur.
C'est ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de lire, voir ou entendre des expressions comme "crise du siècle", "tsunami économique", "crise globale", ou hier encore "horreur économique". Mais à mes yeux aucune de ces expressions ne résume parfaitement ce qui se passe. "Crise du siècle" me semble présomptueux alors qu'il reste au siècle en question 90 ans. "Tsunami économique" est tout simplement stupide, car un raz-de-marée n'est rien d'autre qu'un événement - certes imprévisible - mais dont la puissance n'a d'égale que la très courte durée dans le temps. Non, mon analyse personnelle est que nous sommes entrés dans l'hiver économique. Cette période froide et glauque dont tout le monde attend la fin avec impatience, mais également avec la pleine conscience de sa propre impuissance à en accélérer la fin(2) et à finalement devoir la subir en dépit de tout. L'hiver économique s'impose à tous, aux plus riches comme aux plus pauvres, et sa présence se rappelle à nous chaque jour qui passe. Enfin l'hiver économique sera long et rigoureux, et ici les économistes sont bien moins lotis que les météorologistes qui eux peuvent compter avec un événement naturel (l'équinoxe) pour savoir quand l'hiver prendra fin. Rien de tel hélas ici, et comme toute anomalie climatique, l'hiver économique que nous traversons étonne par son ampleur, sa force, et sa vigueur. Tels des animaux devant un phénomène inhabituel nous devrons coûte que coûte survivre et évoluer, et comprendre que cela passe par un changement profond de notre habitat et de nos repères. Quant au printemps économique, sous-entendez la reprise, il finira bien par arriver. Mais quand ?

(1) ou femme politique
(2) Voyez les plans de relances successifs qui ne ralentissent pas la crise, au contraire.

27/02/2009

Entre les deux... peu de différence !

Sans vouloir jouer au critique d'art, cela fait longtemps que je voulais rapprocher pour les étudier les deux portraits que vous voyez ici : le premier un est celui - officiel - de notre actuel président de la République, l'autre un portrait de Louis-François Bertin exécuté en 1832 par Jean-Auguste Dominique Ingres.
President.jpgBertin.jpg
Et j'ai trouvé qu'il y avait entre le tableau et la photo bien plus de similitudes que de différences. Tout d'abord dans l'expression du visage, empreint de gravité, surtout dans le cas de Nicolas Sarkozy(1). On comprend déjà que les deux hommes ont bien conscience de leur importance et de leur position respective dans l'échelle sociale. L'éloignement par rapport au spectateur est également important, et souligne la déférence qu'il faut manifester aux deux hommes. Mais plus encore, je trouve une étonnante ressemblance dans leur posture respective, bien que l'un soit assis et l'autre debout. Les deux têtes fixent sans détour le spectateur ("voyez comme je suis puissant"), et les corps eux sont tournés de profil, dans la même direction de surcroît. Voilà pour ce que l'on peut voir. Mais il y a aussi ce que l'on ne peut pas voir. Pour moi il n'y a aucun doute, les modes de pensées de l'un et de l'autre ne sont pas si éloignés que cela si l'on fait abstraction de l'écart temporel qui sépare les deux hommes. Autrement dit, si Louis-François Bertin était de notre temps, il serait certainement un rouage essentiel de la "machine" Sarkozyste. De l'autre coté, notre actuel Président lui, aurait avec non moins de ferveur que monsieur Bertin les "trois glorieuses", et le régime de Louis-Philippe. Quand je vous dit qu'il y a entre ces deux portraits bien plus de ressemblances que de différences...

(1) Comparez en cela avec le portrait officiel de son prédécesseur.

11:55 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, ingres, bertin, portrait

21/02/2009

Réflexion courte, mais durable

Vous ne pouvez pas y échapper, mais tout est durable maintenant : le développement, l'habitat, le capitalisme, la pêche, les achats de bois, le sport, et même la banane(1). La fusion ANPE - ASSEDIC pour former France Pôle Emploi a été constitué pour faire des économies "durables". Ca tombe bien remarquez, car après tout le chômage aussi est durable. Mais là c'est tout de suite moins drôle...

(1) Liste non exhaustive vous vous doutez bien...

16/02/2009

Petite histoire en passant

Je lis en ce moment "Droit public", un ouvrage destiné aux candidat(e)s des concours administratifs. J'ai débuté cette lecture pour en apprendre plus sur notre administration, bien que je ne prépare aucun concours. Mais hier soir j'ai tout de même eu un choc à la lecture de ce passage :
"Le CSA a pour mission générale de garantir la liberté de communication. La loi lui accorde à la fois des pouvoirs de nomination (c'est le CSA qui choisit et nomme le président de France Télévision et non plus le Premier ministre) de décision (il appartient au CSA d'attribuer ou de retirer les fréquences aux radios), de recommandation (recommandations aux partis politiques pendant les campagnes électorales), de contrôle et de sanction (amendes à TF1 ou France 3 pour non respect des quotas d'oeuvres françaises, etc)."
J'avoue avoir lu ce passage deux fois de suite, la seconde fois avec cette nostalgie empreinte de stupeur que l'on peut trouver en feuilletant un vieux livre d'histoire. Cette "actualité" du CSA appartient désormais au passé, tout comme le Chevalier Bayard ou l'AOF...

 

15/02/2009

L'accès à tout l'Internet bientôt impossible

Le sujet est passé presque inaperçu, mais dans l'avalanche des annonces faites vendredi 13 février par Nicolas Sarkozy(1) figure la censure d'Internet. Car comment appeler autrement le procédé qui consiste pour le législateur de décider quels seront les sites "autorisés" et ceux qui seront "interdits" ?
Pour expliquer sa décision, le Président de la République s'appuie sur un argument imparable, la lutte contre la pédopornographie. Qui pourrait en effet raisonnablement s'y opposer ? Pas moi en tout cas, et pourtant je suis contre l'idée de bloquer ces sites. Position bien dangereuse vous en conviendrez, mais suivez néanmoins mon raisonnement : Une fois cette loi en place, et peu importe la méthode technique qui sera utilisée, l'utilisateur lambda d'internet aura accès à l'immense majorité des sites web mais non à une infime minorité, jugée illégale d'après la Loi. Mais comment imaginer qu'on en restera là ? Quid des sites qui font l'apologie du négationnisme ou de l'homophobie, pour ne reprendre que deux opinions interdites par la loi ? On ne va tout de même pas créer une "échelle de l'horreur" pour décider des sites à interdire ou pas. Voyez également l'anorexie ou l'incitation au suicide, sans parler des sectes...Je frémis non pas aux sites que l'on veut fermer aujourd'hui, mais aux sites que l'on voudra fermer demain et après-demain. L'Enfer est pavé de bonnes intentions suis-je tenté d'écrire, même si les obstacles ne manqueront pas.
Voyez aussi l'anecdote suivante, que je vous certifie authentique : une entreprise du secteur privé décide de filtrer les accès internet de ses salariés. Pour ce faire elle prend un abonnement auprès d'un fournisseur qui recense dans une base de données les sites interdits. A l'installation le filtre est monté tel quel, c'est-à-dire que l'entreprise n'a ajouté ou retranché aucun autre site que ceux listés d'origine par le fournisseur. Les sites internet des quatre principales centrales syndicales (CGT, CGT-FO, CFDT, CFTC) sont filtrés - autrement dit interdits - alors que dans le même temps les sites internet de la CFE-CGC et du MEDEF sont autorisés(2). Où s'arrêtera la future loi ? Qui décidera des sites à filtrer ou pas ? Faudra t-il par exemple interdire les sites "créationnistes" ? Et quel comportement adopter face aux sites internet qui militent pour légaliser ce qui est aujourd'hui interdit par la loi(3) ? Je l'ai déjà écrit et je le répète sans état d'âme, la liberté sur Internet est un bien précieux qu'il faut cultiver en dépit de ses mauvaises graines.


(1) Outre le blocage des sites internet faisant l'apologie de la pédopornographie, Nicolas Sarkozy a annoncé dans la même journée la création de 200.000 places d'accueil pour jeunes enfants, la mise en place d'un "statut" pour le beau-parent, un projet de loi concernant l'adoption ainsi que la prochaine tenue d'un conseil inter-ministériel dédié à l'Outre-mer.
(2) L'entreprise a tout de suite admis qu'il y avait un "problème", et a retiré du filtre les sites syndicaux en question.
(3) Exemple de l'adoption par des couples homosexuels, de la procréation par mère porteuse ou du droit à l'euthanasie.

 
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