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28/11/2009

Aider les SDF à s'asseoir ou pas ?

C'est un impressionnant reportage photo qui est proposé par Rue89. Un collectif dénonce - non sans une certaine justesse - tous ces petits espaces urbains redessinés pour empêcher les SDF de s'asseoir ne serait-ce qu'un instant. Les commentaires sont légions, près de 300 à ce jour. Contrairement à une habitude récente et tenace, je n'ai pas ajouté ma pierre à l'édifice, non. Je préfère ici développer ma réflexion, toute simple : imaginons un instant un maire qui déciderait de prendre le contre-pied de tout ça, et qui au contraire chercherait à aider les SDF à s'asseoir au lieu de les empêcher de le faire.
Idée généreuse sans doute, mais qui se heurterait très vite à bien des problèmes d'après moi. Premier constat, où s'arrêter dans le confort de ces espaces ? Jusqu'où faut-il aller ? Voyez par exemple la photo 4 et imaginez pour le même espace une urbanisation "pour"....pas si facile ! Ensuite les photos ne montrent pas l'entourage immédiat. Sur certaines photos on croit deviner une boutique en arrière plan (photos 5 et 6 ), ou même un appartement il semble (photo 3). De là à en conclure que selon le principe de "pas sous mes fenêtres", l'occupant ait demandé à faire cesser le "squat", il n'y a qu'un pas. Mais admettons quand même que le propriétaire accepte d'avoir devant sa devanture un "emplacement pour SDF". Le risque n'est-il pas de le voir systématiquement occupé d'abord, et de voir s'installer ensuite - sans mauvais jeu de mot - un trafic autour de ces places devenues synonymes de confort, même précaire ?
A trop vouloir faire le bien on risque de tomber dans ce travers : des lieux occupés quasiment 24 heures sur 24, et sans doute derrière un trafic sous-jacent pour les meilleures places(1). Et ceci sans ajouter que très vite arriverait les revendications pour "plus" et "mieux". Ou alors réclamer que l'argent soit plutôt utilisé pour l'hébergement en dur au lieu d'aider les SDF à rester dans la rue...
Quelle réponse apporter alors ? Pour moi celle du pragmatisme. Vivre dans la rue est déjà assez compliqué sans en rajouter. Donc ne pas commencer par "déclasser" un emplacement dès lors que rien ne s'y oppose. Par ailleurs, pourquoi ne pas - en compagnie des services sociaux et des associations - regarder où sont les emplacements actuels et comment ils sont utilisés ? Pour ma part je préconiserais bien une certaine aide passive : placé judicieusement, un auvent ou un muret peuvent sans doute améliorer une "place" déjà existante, sans pour autant tomber dans les écueils que je viens de dénoncer.

(1) Construisez-en ne serait-ce que deux et vous en avez déjà une qui est mieux que l'autre...

 

Complément du 30 décembre 2009

A ma grande surprise je trouve ce jour un article dans Le Parisien sur ce même sujet, avec les mêmes photos...mais un mois de retard déjà.

Complément du 1er janvier 2010

Le sujet prend encore de l'ampleur avec un article du journal Le Monde, assez commenté et envoyé. Pour moi tout ça a un air de déjà vu. Un mois après le premier article de Rue89, ça fait un peu léger...

18:51 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sdf, mobilier urbain

21/11/2009

Quelques choses à dire

Il y avait beaucoup de choses à dire depuis le début de ce mois de Novembre 2009. Hélas mon actualité personnelle trop chargée m'a empêché de coller aux événements. Voici donc ceux qui ont retenus mon attention, présentés dans un désordre assumé...

* Le Prix Goncourt et le droit de réserve

Comme tout a été dit ou presque, je ne vais pas trop en rajouter, l'histoire est désormais connue. Juste une chose tout de même : on n'a pas assez insisté sur le caractère officiel de la demande d'Eric Raoult, car la question écrite est d'une importance protocolaire bien plus grande que la question orale. Le député comme l'écrivain le savent mieux que moi, les paroles s'envolent, mais les écrits restent. Mais entre nous, quelle idée a bien pu passer par la tête d'Eric Raoult pour vouloir entailler la liberté d'expression des artistes ? Et quelle relation entre un prix littéraire et le droit de réserve ?

* Jacques Chirac renvoyé en correctionnelle

Ma seule réaction est relative à la lenteur de la justice. Tout le monde devrait crier au scandale par rapport à cela, juger 15 ans après les faits est indigne d'un pays comme le notre, et à tout le moins indigne d'une justice telle qu'on la souhaiterait.

* La qualification de l'Equipe de France de football pour la Coupe du Monde

J'ai retenu pour ma part une réaction politique, celle de François Barouin : "on a oublié l'essentiel : cette équipe de France est nulle". Tout à fait d'accord, terminer par des barrages et montrer un niveau de jeu aussi decevant démontre que nous sommes parmi les équipes les moins dignes d'être dans le tableau final.

18:12 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : goncourt, chirac, henry, football

02/11/2009

Pourquoi il ne faudrait plus jamais dire "lutter contre le réchauffement climatique"

Je sais que le titre de ce billet peut sembler gratuitement provocateur. Pourtant ce n'est pas le but recherché, et il a plutôt vocation didactique d'éclairer le lecteur sur un point qui me semble fondamental. Toute la planète est maintenant au courant des menaces qui pèsent sur l'avenir climatique de notre bonne vieille Terre. Il n'est plus possible de l'ignorer. Les études succèdent aux constats, les politiques prennent des engagements plus ou moins fermes à plus ou moins long terme, on attribue le prix Nobel de la Paix au GIEC, mais personne encore n'a remarqué le glissement sémantique qui s'est opéré avec le temps. On ne devrait pourtant jamais parler de lutte contre le réchauffement climatique, mais au contraire systématiquement préciser lutte contre les effets de l'homme sur le climat. Car enfin c'est bien de cela qu'il s'agit et pas d'autre chose : Quelles que soient les activités humaines en cours, ces dernières ne devraient avoir aucune influence sur le climat actuel ou futur de la planète. A l'opposé, le climat lui n'a jamais cessé d'évoluer, soit en réchauffant la Terre, soit en la refroidissant. Il se trouve que nous sommes à une période où la tendance est au réchauffement. Et alors de deux choses l'une : ou bien l'Homme influe sur ce réchauffement actuel, ou bien il n'influe pas. Dans ce dernier cas il faut au contraire ne rien faire. Il serait en effet bien paradoxal - au motif de "lutter contre le réchauffement climatique" - de chercher à contrer une tendance somme toute naturelle... 
L'autre idée qui me vient en tête est que précisément, l'influence de l'Homme au travers des émissions de gaz à effet de serre est quasiment démontrée pour l'avenir, mais beaucoup moins pour le passé. Si tel était le cas, on devrait être capable de répondre précisément à la seule question qui vaille en ce moment : à partir de quelle quantité de CO2 émise dans l'atmosphère l'influence sur le climat ne peut-il plus être ignoré ? Et si on ne sait pas répondre à cette première interrogation, comment alors séparer dans le réchauffement futur de la Terre promis par le GIEC, ce qui appartient à la Nature de ce qui appartient à l'Homme ? Est-ce à dire que sans tout ce CO2 que nous envoyons dans l'atmosphère la Terre se refroidirait ?
Là où je veux en venir est que tous les travaux et les débats sont orientés vers un seul objectif : "lutter contre le réchauffement climatique". Mais quel objectif cherche t-on vraiment à atteindre ? Empêcher coûte que coûte la Terre de se réchauffer ? Ou encore enfermer la Terre dans un climat statique, où l'hiver de l'année n serait le même que l'hiver de l'année n-1 ? Enfin, et cette remarque n'est pas de moi, le climat que nous connaissons en ce moment est-il le meilleur possible pour la Terre ? Avec en corollaire cette question ultime auquel je n'ai pas de réponse : quel est le climat idéal de la Terre ? Avouez que ce serait une sacré coïncidence si la réponse était : "le climat idéal de la Terre est le climat tel qu'il a existé au cours du XXème siècle". C'est pourtant l'impression qu'on a en ce moment : "C'était mieux avant, alors il ne faudrait pas que ça change."
Quelles sont les conséquences de cette forme nouvelle forme de métonymie ? A vouloir raccourcir le propos pour le simplifier à l'extrême on en a oublié l'essentiel : l'Homme et son influence - supposée ou réelle - sur le climat. Retenez donc que si c'est votre combat(1), il ne doit pas être contre le réchauffement climatique, mais pour que la présence de l'Homme sur Terre n'ait aucune influence sur le climat. Nuance(2).

(1) Vous avez sans doute compris que ce n'est pas le mien.
(2) Combien de fois lit-on "lutter contre le réchauffement climatique" comme s'il s'agissait d'empêcher réellement la Terre de se réchauffer ?

 
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