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04/07/2010

Quand le Figaro dégrade le "Bouclier Fiscal"...

Un peu de diversion ne peut faire de mal à personne. Au détour d'un article somme toute anodin sur l'accession à la propriété et le crédit immobilier, le journal revient sur les prêts à taux zéro. Et au milieu d'un paragraphe, surprise. Sans gêne aucune le journaliste assène : "Le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt pour l'achat de sa résidence principale, mesure phare de la loi Tepa de 2007, devrait disparaître et être transformé en un prêt sans intérêts qui entrerait dans le calcul de l'apport personnel."
Je n'ai pas retiré une virgule et vous avez bien lu : la "mesure phare" de la loi Tepa de 2007 est donc ce crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt. Pour les ignorants du langage technocratique et législatif, la loi Tepa n'est rien d'autre que le nom officiel pour "bouclier fiscal", dont on a vu cette semaine qu'en fait de crédit d'impôt c'était surtout du remboursement de trop perçu fiscal...
Même le site qui y est consacré(1) - et qu'on imagine partisan - place ce dispositif en troisième position après le bouclier fiscal, et l'éxonération des heures supplémentaires. C'est dire à quel point le Figaro fait du zèle en dégradant tel une agence de notation ce bouclier décidément par trop visible...

(1)  Qui de plus est mal écrit, voyez plutot : "L'augmentation du bouclier fiscal y est pour beaucoup, et le gouvernement estime que près de 23179 foyers en ont profité por se faire remboursé une somme de 16.000 euros, soit près de 213 millions d'euros au total."

03/07/2010

Et l'EPAD devint l'EPADESA

C'est un discret décret - car l'audience du Journal Officiel est discrète - qui met fin ce jour à l'EPAD(1), cet établissement public dont on avait pas mal parlé à l'automne dernier. On s'en souvient, l'affaire avait fait grand bruit car Jean Sarkozy, pressenti dans un premier temps pour en assurer la Direction avait du y renoncer(2) après des accusations de népotisme.
L'article 3 du décret décrit la composition du conseil d'administration, dont on retiendra surtout que sur ses 16 membres deux seront issus du conseil général des Hauts-de-Seine. Les plus paranoïaques de mes lecteurs noteront eux que "le président est élu parmi les membres représentant les collectivités territoriales" (article 6).
L'article 7 détermine en 11 points les attributions de l'EPADESA. Je note pour ma part la drôle de rédaction du dernier alinéa : "Il [le conseil d'administration] peut déléguer au directeur général, dans les conditions qu’il détermine, ses pouvoirs de décision, à l’exception de ceux prévus aux 1o, 2o, 3o, 4o, 5o, 9o, 10o et 11o". Sans être passé par Sciences-Po(3), on aurait pu simplifier tout ça et écrire "Il [toujours le même conseil d'administration] peut déléguer au directeur général ses pouvoirs de décision prévus aux 6o, 7o et 8o", non ?
L'article 8 précise que ce directeur général est nommé par le ministre en charge de l'urbanisme, après avis du président du conseil d’administration, histoire de donner le vernis de démocratie nécessaire à toute nomination en provenance "d'en-haut".
Mais pour une fois le Diable n'est pas dans le détail - ou du moins je ne l'ai pas vu - mais dans le décret suivant : En effet celui référencé no 2010-744 du 2 juillet 2010 relatif aux opérations d’aménagement d’intérêt national du quartier d’affaires de La Défense et de Nanterre et La Garenne-Colombes définit les périmètres urbains passant sous l'égide de l'EPADESA. Toute la polémique sous-jacente à l'affaire "Jean Sarkozy" est là, quelles zone seront concernées (ou pas) par les prérogatives et décisions de l'EPADESA ?Hélas je ne peux pas vous en dire plus ici, car le périmètre de l’opération d’aménagement du quartier d’affaires de La Défense peut être consulté à la préfecture des Hauts-de-Seine, 167-177, avenue Frédéric-et-Irène-Joliot-Curie, 92013 Nanterre Cedex, et dans les mairies des communes de Courbevoie, place de l’Hôtel-de-Ville, 92041 Courbevoie Cedex, et de Puteaux, 131, rue de la République, 92800 Puteaux.
Quant au périmètre de l’opération d’aménagement de Nanterre et de La Garenne-Colombes il peut être consulté lui à la préfecture des Hauts-de-Seine, 167-177, avenue Frédéric-et-Irène-Joliot-Curie, 92013 Nanterre Cedex, et dans les mairies des communes de Nanterre, 88, rue du 8-Mai-1945, BP 1406, 92014 Nanterre Cedex, et de La Garenne-Colombes, 68, boulevard de la République, 92250 La Garenne-Colombes, dixit le susdit décret...
A l'heure d'internet et des réseaux sociaux, l'administration aurait pu faire l'effort d'une mise à disposition électronique des plans en question. Indulgent, je préfère voir là les premières traces des économies du train de vie de l'Etat...

(1) D'un point de vue strictement technique ce sera à la date de la première réunion du conseil d'administration de l'EPADESA (article 14 du décret en question)

(2) Il n'a renoncé qu'à en briguer la présidence. Nommé par le Conseil général des Hauts-de-Seine il est membre du conseil d'administration de l'EPAD

(3) D'où viens-je ? De là...

19/06/2010

Regard sur les ratés de la vieille Europe en Coupe du Monde de football

La défaite de l'équipe de France de football face au Mexique a été durement ressentie par les supporters, mais aussi bien au-delà. N'étant pas un grand spécialiste de ce sport - que je suis pourtant à la télévision depuis bientôt 35 ans(1) - je pense que la défaite des bleus doit résonner autrement à nos oreilles, et c'est pour des raisons que je vais développer ici que je ne tirerai pas sur l'ambulance "EdF"(2), enfin pas que sur elle.
Ce qui me pousse à écrire ces lignes ce sont les piètres performances des équipes nationales de la vieille Europe. L'Espagne qui perd contre tout attente face à la Suisse ; l'Allemagne qui tombe de son piédestal de prétendant à la victoire finale en chutant contre la Serbie ; l'Angleterre qui n'arrive pas à battre une équipe d'Algérie certes vaillante mais bien plus faible sur le papier ; et l'Italie enfin qui n'a pas donné non plus à ses tifosi des gages de bonnes intentions dans cette coupe du Monde(3). Et pourtant, quels sont les quatre plus forts championnats de clubs ? ce sont les championnats anglais, espagnols, italiens et allemands.
Autre réflexion : presque tous les joueurs anglais jouent en Angleterre, presque tous les joueurs allemands jouent en Allemagne, presque tous les joueurs espagnols jouent en Espagne, et enfin presque tous les joueurs italiens jouent en Italie. Et les joueurs français me direz-vous ? Eh bien presque tous les joueurs de l'Equipe de France jouent dans l'un de ces quatre pays. Autrement dit, Espagne, Italie, Allemagne, Angletterre, France, voici cinq pays avec en classe individuelle sans doute les meilleurs joueurs du monde et au final cinq déceptions pour les supporters de ces équipes nationales respectives.
Tout simplement parce que la logique économique s'impose aux joueurs qui savent bien qui est leur premier employeur : c'est leur club et non pas leur sélection nationale. Partant de là ces derniers se "défoncent" tout au long de la saison pour leur club qui en retour paie grassement ces "exploits". Le maillot de l'équipe nationale ne fait plus rêver aucun joueur, et je vais même jusqu'à me demander si cette coupe du Monde n'est pas pour cette catégorie de joueurs des "heures sup'" obligatoires inscrits à leur contrat, et éxécutés à contre-coeur...
Alors tirer sur l'ambulance de l'Equipe de France sans doute, mais regardez autour de vous et voyez les performances des équipes d'Italie, d'Espagne, d'Allemagne ou d'Angleterre. La gangrène du foot-business a atteint ces nations(4), cela ne fait aucun doute.
Dernier argument qui me fait de plus en plus penser que je suis dans le vrai c'est se demander pourquoi les équipes sud-américaines ne sont pas dans cet état d'esprit. Pourtant l'actuel meilleur joueur du monde(5) joue en Espagne. Mais je pense que l'éloignement géographique joue ici un rôle non négligeable, et que le joueur en question sait qu'il est redevable envers ses supporters nationaux. J'y vois une sorte de dédommagement pour ne pas être chaque dimanche dans un stade d'Argentine. 
Pour terminer et rester un brin "chauvin", que faut-il faire alors pour notre équipe nationale ? Au vu de ce que je viens d'écrire, laisser les joueurs français évoluant à Arsenal, à Barcelone ou au Bayern de Munich jouer pour leur club. Trouver des joueurs a priori de moindre rang, mais qui eux sauront se sublimer une fois sous le maillot des bleus. Un bon critère serait de ne sélectionner en équipe de France que des joueurs évoluant dans notre propre championnat de Football(6), ou bien jouant leur première saison à l'étranger. C'est à ce prix que notre équipe retrouvera du mordant, de l'envie et pourquoi pas - on peut toujours rêver - marquera des buts et gagnera des matchs...


(1) J'ai vu en direct Dominique Bathenay tirer sur le poteau...mais c'était une toute autre forme de désillusion
(2) Abréviation pour "Equipe de France" et qui tend à entrer dans les usages journalistiques
(3) Au moment où j'écris ces lignes l'Italie n'a joué qu'un seul match, un match nul décevant face au Paraguay.
(4) Voyez par exemple quel lobbying est développé par les clubs pour être prioritaire sur les engagements des joueurs étrangers lorsque ceux-ci sont appelés en cours de championnat pour jouer un match de leur équipe nationale.
(5) Titre honorifique certes, mais nullement usurpé lorqu'on a déjà vu ce joueur à l'oeuvre.
(6) On va peut-être ici taxer ma proposition de radicale, mais la somme de 11 très très bons joueurs de football ne fait pas toujours une belle équipe, même en club. Voyez le Réal de Madrid par exemple...

16/06/2010

Retraites : Et pour deux ans de plus...

Les hostilités sont lancés diraient certains observateurs. La conférence de presse de ce matin aura été le "top départ" de la dernière réforme des retraites(1). Premier constat sémantique, le gouvernement parle d'avant-projet. Sans faire d'éxégèse éxagéré (!) il est difficile de croire que ce ne sont là que des pistes qui seront nécessairement amendées par la suite. En effet, qui dit "avant projet" dit qu'ensuite il y aura un "projet". Or ce n'est même pas un projet qui nous a été présenté mais bel et bien un projet de loi, la conférence de ce matin faisant office d'exposé des motifs. Vous verrez d'ailleurs la différence entre le projet de loi tel qu'il sera proposé aux élus de la Nation et cet avant projet...je doute qu'il y en ait. On pourrait à ce stade m'accuser de procès d'intention et arguer qu'il y aura des ajustements, mais je fais plutôt confiance au nouveau règlement de l'assemblée nationale qui donne désormais plus de pouvoirs à l'opposition (sic).

Second constat, le gouvernement nous a donc livré son avant-projet(2). Autrement dit les cartes sont abattues, et le premier ministre n'a plus d'as à sortir de sa manche. Maintenant que tout est sur la table, aux uns et aux autres de faire le tri. Pour ma part je considère que les retraites sont un tout, et qu'effectivement beaucoup de curseurs doivent bouger afin de trouver le bon équilibre. Par exemple - et au risque d'heurter certains de mes lecteurs(3) - je pense qu'il est en effet possible de reculer l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans. D'ailleurs la présidente du Medef Laurence Parisot, qui milite pour un report de l'âge légal à 65 ans, a considéré sur France 2 qu'un relèvement à 62 ans "serait un minimum". Alors prenons-là au mot, et réclamons du Medef qu'il se contente de ce "minimum" et qu'il ne joue pas au perroquet sur une échelle. Mais pour que ce recul de deux ans soit perçu comme juste par la majorité des Français, il faudrait réunir d'autres conditions, conditions qui hélas ne sont pas dans l'avant-projet. 
Tout d'abord l'arlésienne que constitue la prise en compte de la pénibilité. Le gouvernement en a détourné l'esprit en n'accordant de bonus qu'aux seuls "invalides"(4). En tout état de cause c'est sur une pente bien savonneuse que le gouvernement se précipite ici, en considérant que seul le travail qui rend infirme est pénible...
Je milite moi pour une semi-individualisation du temps de travail, c'est-à-dire dans un premier temps décider avec les partenaires sociaux à partir de quelles conditions un poste de travail doit être considéré comme pénible. J'ai déjà en tête le travail de nuit, le travail dans des conditions mesurables de bruit ou de température particulières, le travail posté (2x8, 3x8), et d'autres encore. Le certificat de travail est le document idéal pour comptabiliser dans la carrière du salarié le temps passé en "environnement pénible". Une règle de calcul permettrait ensuite de bonifier ce temps.

Autre point sur lequel je suis en profond désaccord, celui de l'âge du départ à taux plein même si le temps de cotisation n'est pas atteint. Le reculer à 67 ans est injustifié, tout simplement parce que les bénéficiaires de cette mesure sont celles et ceux qui ont eu la carrière la plus pénible. Pas tant en terme de conditions de travail - encore que - qu'en terme de coupure ou de cassure dans leur carrière. Cette limite est bien celle de la retraite du pauvre, la retraite de celui ou celle qui n'a pas réussi à cotiser assez pour partir avant cet âge, et qui partira en retraite avec le minimum du minimum. Le gouvernement ne va tout de même nous faire croire que ces personnes-là pourront augmenter leur pension par un "complément retraite"... Par un étrange retournement de situation, porter le départ "minimum" de 60 à 62 et laisser ce "filet de sécurité" à 65 ans serait avantageux pour la tranche de la population la plus pauvre puisque l'écart de temps de cotisation serait dimunué de 2 ans.

Il y a par contre un point qui n'a pas vraiment été évoqué c'est celui des cotisations du régime général. Là-aussi au risque de heurter certaines sensibilités je verrais d'un bon oeil la possibilité pour un salarié de moduler son taux de cotisation durant sa carrière. Pourquoi ne pas autoriser à ce que - en fonction de ses posssibilités ou de ses envies - il puisse cotiser à hauteur de 120, voire 140%. Non pas pour toucher plus une fois en retraite, mais tout simplement pour partir plus tôt en retraite. Cette idée dont je ne peux dire ici si elle est intéressante ou inutile serait de toute manière mal perçu par les banques qui verraient là une concurrence déloyale envers leur "complémentaire retraite"...

Pour terminer encore deux choses. Le gouvernement a donné des chiffres à propos de l'espérance de vie, considérant que même en partant à 62 ans le temps de retraite serait plus long qu'en 1982 lorsqu'on partait en retraite à 60 ans. Mais au nom de quel principe l'allongement de la durée de la vie de l'être humain devrait être utilisé à travailler ? Beau sujet de baccalauréat en perspective. Enfin conclure en répétant que cette réforme a déjà un an de retard et qu'il est inutile de s'offusquer en découvrant que l'essentiel des débats aura lieu durant l'été, puisque c'était déjà l'idée du Président de la République.


(1) Inutile de faire le compte...
(2) Je respecte le langage de Matignon
(3) Et de mes lectrices. Dans tous mes billets le féminin est systématiquement implicite
(4) Taux d'invalidité reconnu par la Sécurité Sociale d'au moins 20%

19:00 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retraites

10/06/2010

Pour qui la Coupe ?

Oui, qui va gagner la prochaine coupe du monde de football organisée par l'Afrique du Sud ? La France ? Pour être tout à fait franc je ne le pense pas. Je veux ici développer mon sentiment.
Le premier est bêtement matériel, c'est la carotte constitué par la prime que toucherait chaque joueur en cas de victoire en finale : 390 000 Euros(1). Pour aussi impressionnante qu'elle puisse paraître elle n'est pas assez "attractive" pour les joueurs, c'est hélas un fait. Prenez Thierry Henry par exemple, dont CNN a révélé le salaire annuel : 9 810 000 dollars, soit à peu près 675 000 euros par mois. 
La prime représente pour lui à peine 20 jours de salaire, est-ce une motivation suffisante ? Car quoi qu'on en dise ou qu'on en pense, la première source de revenu de ces joueurs - et c'est le cas pour les autres équipes - reste le salaire versé par le club. Mais dès qu'il s'agit de porter le maillot national, l'argent n'entre plus en compte. Alors on pourra m'opposer ce qu'on voudra, mais s'il est arrivé de ne pas sélectionner un joueur en équipe de France à cause de ses piètres prestations en club, jamais aucun club n'a refusé de joueur au motif qu'il ne jouait pas assez bien en sélection nationale...
Outre ce coté mercantile, il y a également le coté sportif. L'équipe de France est dans les équipes qui se sont le plus mal qualifiées pour cette coupe du Monde, il ne faut pas l'oublier. Les matches de préparations ont posé plus de questions qu'ils n'en ont résolu, et à 24 heures de la première rencontre de poule on reste dans l'expectative. Si bien que plus le temps passe et plus on doute d'une présence de la France au second tour. Sans compter que - et cela n'a pas encore été souligné - seule la première place sera belle dans ce groupe "A", puisque finir deuxème est synonyme de match à élimination contre l'Argentine(2). Une bonne équipe de France est tout à fait capable de gagner ses 3 matchs de poule. Mais "cette" équipe de France pourra t-elle le faire ?

(1) 340 000 euros si la finale est perdue, et pas de prime du tout en cas de défait avant.
(2) Il ne me vient pas à l'idée que l'Argentine puisse terminer à une autre place que la première dans son groupe.

 
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