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17/05/2010

Petites réflexions autour de la libération de Clotilde Reiss

Je voudrais présenter ici mes réflexions après la libération de cette universitaire, car cette affaire Clotilde Reiss me laisse un goût d'inachevé, ne sachant pas (ou plutôt ne sachant plus) si l'Iran a emprisonné et condamné une innocente ou une espionne. Les déclarations de nos hommes politiques assurant qu'aucun geste particulier n'a été fait vers Téhéran - hors le paiement de l'amende(1) - ont hélas eu le don de jeter un trouble supplémentaire au lieu de nous rassurer sur nos capacités diplomatiques.
Commençons tout de suite par l'élément clé du dossier, la note, le rapport, l'e-mail - ces différents noms ont été utilisés - à la base de l'arrestation de Clotilde Reiss.
Pour moi les choses sont simples : Ou bien ce message était anodin et l'ensemble de l'affaire n'a reposé sur rien, ou bien ce message pouvait aider d'une manière ou d'une autre les services de renseignements français et cette affaire prend de suite une tournure bien différente...Je n'ai pas d'avis tranché, je note seulement ne jamais avoir lu d'article évoquant cette possibilité sur le thème "et si l'Iran avait raison ?".
Je me pose d'ailleurs la question de la "classification" de cet e-mail, qui est sans doute secret-défense à l'heure actuelle. Mais si c'est pour seulement avoir raconté comment se déroulaient les manifestations je n'en vois pas l'utilité. Il suffirait d'ailleurs de rendre public ce message pour faire la démonstration que l'accusation était fausse. 
Dans l'affaire des infirmières bulgares retenues en Libye, je rappelle ici que c'est cet axe-là qui a été mis en avant par la défense, avec en point d'orgue le témoignage du Pr Luc Montagnier en personne, expliquant à quel point l'accusation ne reposait sur rien de concret.
Rien de tout cela dans cette histoire, il me semble même - mais je suis loin d'être un spécialiste du système judiciaire iranien - que lors du procès(2) on a vu Clotilde Reiss "plaider coupable" et non pas chercher à convaincre les juges que le texte qu'elle a rédigé et envoyé n'était pas un "rapport" au sens militaire du terme. Pour aller plus loin, un journaliste qui étudierait cette affaire avec soin chercherait à savoir si Clotilde Reiss avait l'habitude d'envoyer des e-mails à l'Ambassade de France, ce peut-être là un élément intéressant du dossier.
L'autre élement qui me fait réfléchir, c'est la commutation de la peine de prison en amende. Un tel revirement n'existe pas dans notre système judiciaire français. Par contre je voudrais bien savoir si c'est là un précédent ou si la justice iranienne use régulièrement de ce moyen envers ses justiciables. La réponse à cet interrogation devrait permettre d'en savoir un peu plus sur les "dessous" de cette histoire.
Enfin, j'ai noté comme tout le monde les deux "libérations"(3), qui effectivement arrivent à un moment qui peut laisser croire qu'un échange est en train de se dérouler sous nos yeux. 
Alors, Clotilde Reiss est-elle espionne ou innocente ? Au risque de paraître lapidaire je dirais que vu de mon fauteuil, c'est du 60 / 40, faute d'éléments supplémentaires...

(1) Je ne sais pas sur quels fonds cette somme a été prélevé

(2) Je relève que certains journalistes ou commentateurs n'ont pas hésité à parler de "simulâcre" de procès, ce qui expliquerait l'attitude de Clotilde Reiss, en quelque sorte "obligée" d'avouer une faute qu'elle n'a pas commise. Mais même en ce cas et maintenant qu'elle est libre, la production du message en question devrait permettre de clore définitivement l'affaire.

(3) J'ai placé volontairement des guillemets car dans un cas c'est un refus de la France d'extrader un iranien vers les Etats-Unis et dans l'autre cas une libération de fin de peine.

21/04/2010

Ce cher nuage

Je savais bien que le Nuage allait me faire revenir sur ce blog(1), mais je ne savais pas encore par quel biais. C'est la très sérieuse IATA qui m'a fait bondir de mon siège (2). Dans un communiqué dont la rapidité n'a d'égal que l'empressement à faire pleurer sur un secteur en crise (sic), il est annoncé que cette histoire de cendres volcaniques a couté 1,7 milliard de dollars. Je vois que le chiffre est asséné de telle manière qu'il n'est ni conteté, ni contestable.
Je note surtout - qu'une fois encore - ce secteur aérien est décidément très très fragile, et qu'il lui faut bien peu pour être en difficulté. Comme quoi le "modèle économique" est sans doute à revoir...

(1) Alimenté irrégulièrement pour cause de campagne électorale, puis pour cause de programme professionnel trop chargé. Ma récente inscription à Facebook y est aussi pour beaucoup, je dois avouer...

(2) Qui n'est pas un siège d'avion, je précise...

18:58 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nuage, aérien

20/03/2010

Adieu, mon lycée

Je l'ai appris par hasard, le lycée où j'ai étudié n'existe plus. Je n'y était pas spécialement attaché, et ma dernière visite remonte à presque 30 ans (!) mais cette annonce m'a tout de même touché.
Je me suis aussitôt fait cette réflexion que décidément, l'inégalité se creuse de plus en plus face à l'éducation. Non content de devoir être au bon endroit pour étudier dans les meilleures conditions possibles, il faut désormais compter avec le fait que le lycée est éphémère. Car enfin, celles et ceux qui étudient en ce moment à Paris au Lycée Montaigne ou Chaptal, à Toulouse au Lycée Pierre de Fermat ne risquent pas dans 30 ans de voir ce pan de leur histoire personnelle disparaître. La perennité d'un lycée est aussi proportionnelle à sa réputation, il faudra s'y faire. En plein débat autour des régions - et puisque la construction des lycées relève de leur compétence - je finis par me demander si ce n'est pas pour des raisons avant tout d'ordre politique que cette opération a eu lieu(1). Car dans mon souvenir mon lycée,  sans être exemplaire en ce domaine n'était pas vétuste, loin de là. Je dois donc en déduire qu'il s'est si fortement dégradé depuis mon départ qu'il en devenait dangereux pour les élèves et les enseignants. Mon avis est hélas bien différent et je me demande si le but de l'opération n'était pas de distribuer des marchés publics à tout prix...


(1) Préciser ici qu'un lycée tout neuf est sorti de terre à 500 mètres à peine de mon ancien Lycée. Au passage Romain Rolland a laissé la place à Lucie Aubrac.

01/03/2010

Deux choses à changer pour les prochains J.O.

Bon je vous concède volontiers que ce n'est pas le plus urgent à faire, mais je veux livrer ici ce que je voudrais voir changer lors des prochains Jeux Olympiques. Tout d'abord le protocole de remise des médailles, qu'il faudrait remettre à l'endroit. En effet pourquoi annoncer le troisième avant le premier ? Pour garder le meilleur pour la fin ? Pour ma part je préfère dire qu'à tout seigneur tout honneur ! Sans compter qu'avec le protocole actuel le premier passe moins de temps sur le podium que le troisième, et qu'en conséquence il savoure moins longtemps sa joie d'avoir gagné...
Ce que je voudrais également voir changer concerne la médaille en elle-même. Les organisateurs économiseraient en budget en faisant des médailles rondes, classiques et sans fioritures. Celles de Vancouver avaient un coté tordu design(1) qui à n'en a pas douter a coûté un supplément dont on aurait pu aisément se passer. Le poids d'or, d'argent ou de bronze de la médaille devrait suffire ici, d'autant que çela fait bien longtemps que cette pièce de métal est devenue un simple symbole de la victoire, et non le prix même de cette victoire. Rendez-vous est donc pris à Londres pour voir si mes suggestions seront suivies d'effet.

(1) Les spécialistes retrouveront sans peine pour quels Jeux Olympiques les trois premiers recevaient une médaille percée d'un trou au milieu...

28/02/2010

Vous voyez ce que je ne vois pas ?

Le séisme qui vient de frapper au Chili a généré un raz-de-marée(1). Le journal "Le Monde" de ce jour relaie une vidéo censée montrer le phénomène. Mais ou bien ce n'est pas la bonne vidéo, ou bien j'ai du mal à ouvrir les yeux en ce dimanche matin, mais point de vague géante sur mon écran d'ordinateur. Pourtant le texte accompagnant l'image est on ne peut plus clair : "Sur ces images, on voit la mer se retirer, juste avant l'arrivée des vagues de tsunami qui créent un phénomène d'aspiration de l'eau."
Mais j'ai beau me passer et me repasser ces images en boucle façon CNN, je ne vois ni la mer se retirer, ni les "vagues de tsunami" promis par le texte, ni encore moins le "phénomène d'aspiration de l'eau". Et vous, voyez-vous ce que je ne vois pas ?

J'en profite pour égratigner au passage les scientifiques qui feraient bien d'affiner leur modèle de calcul de hauteur de vague afin de ne pas annoncer 2 mètres quand c'est en réalité la moitié qui survient : "Les scientifiques craignaient des vagues jusqu'à 2 mètres de haut à Hawaï. Elles furent finalement deux fois moins [haute], après le séisme du samedi 27 février au Chili".

(1) Je fais partie de ceux qui estiment que le terme "tsunami" devrait être réservé pour les raz-de-marée se produisant au Japon.

11:18 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séisme, chili, hawaï, tsunami

 
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