Avertir le modérateur

04/01/2010

La réussite du réveillon, impossible à vérifier

Ce que c'est qu'une communication réussie tout de même...Le comptage des voitures brûlées durant le réveillon de la St Sylvestre est devenue une tradition au même titre que la demande en mariage sur les Champs-Elysées le même soir. L'histoire a débuté il y a longtemps déjà, mais a pris un tour nettement politique et polémique il y a trois ans, lors du réveillon précédant l'élection présidentielle de 2007. Vous vous en souvenez peut-être, on cherchait à l'époque à connaître le nombre de voitures brûlées par propagation, pour bien faire la différence avec le nombre de voiture brûlées par intention. Et l'an dernier horreur, +30% de voitures brûlées par rapport à l'année précédente. Il fallait donc faire quelque chose pour cette année et briser cette spirale infernale. On allait voir ce qu'on allait voir, et un dispositif plus qu'important a été mis en place. Mais le Ministère de l'intérieur a volontairement oublié de préciser qu'il ajoutait deux nouveautés pour assurer le coup. En tout premier lieu pas d'images. C'est vrai quoi, des voitures qui brûlent entre le foie gras et le homard ça gâche le plaisir et ça ne fait pas sérieux...alors rien, nothing, nada. Pas de son, et par voie de conséquence pas d'images de voitures brûlées. Jusqu'à Internet où 20minutes.fr - dont la ligne éditoriale ne peut en aucun cas se confondre avec celle du Figaro.fr - met une image datant de...novembre 2005 pour illustrer son article. Ensuite, et c'est à mes yeux bien pire, consigne a été donné aux préfectures de ne pas communiquer de chiffres pour le département ou la commune. Officiellement tout doit directement remonter au Ministère, qui devient ainsi le gardien du temple du chiffre. Dans ces conditions il est impossible à tout un chacun de pouvoir recouper le chiffre annoncé en le comparant à ceux de chaque préfecture.
Maintenant que la fête est finie - si je puis dire - on peut parler de réussite totale, au moins dans le domaine de la communication. Aucune image de voiture en train de brûler n'a été diffusée sur aucune chaîne. De plus, le nombre officiel qui vient d'être donné par le ministère est un chiffre national, un simple bas de ligne : 1137. Mais de vous à moi ce chiffre est en réalité très mauvais. Si on le compare à celui d'il y a deux ans, c'est toujours 30% de plus et quoiqu'on puisse penser du gouvernement actuel, c'est toujours trop. Sans compter qu'au lieu d'un chiffre incontesté puisqu'incontestable, on a au contraire un chiffre impossible à vérifier. Mais c'est exactement ce que voulait le Ministère de l'intérieur.

03/01/2010

Les personnalités de l'année, nos héros d'aujourd'hui

On a les héros qu'on mérite et en ce début d'année 2010 on mérite bien peu, croyez-moi. Vous n'avez pas pu échapper au traditionnel sondage sur la personnalité préférée des français, donc celui ou celle qui est le plus populaire, le plus aimé, et au final le plus glorifié. Vous avez sans doute noté comme moi qu'aujourd'hui on gagne bien plus à distraire les gens qu'à les aider, et le classement ne déroge pas à cette règle puisqu'il fait la part belle aux chanteurs, aux acteurs de cinéma, aux comédiens ou bien encore aux sportifs. Des médecins ? des scientifiques ? des philosophes ? des chercheurs ? Vous n'y pensez pas ! Nous ne sommes plus au temps de Pasteur ou de Victor Hugo, mais à celui de Yannick Noah(1) et de Suzanne Boyle. Je me sens parfois bien seul de préférer Cécile Ladjali à Mimi Mathy ou Wendelin Werner à Dany Boon(2). Du coup je me demande si je ne suis pas un peu hors normes...

(1) La personnalité la plus aimé des français en 2009, après l'avoir déjà été en 2005, 2007 et 2008.
(2) C'est volontairement que je ne met pas de lien pour Mimi Mathy et Dany Boon. Etant respectivement quatrième et deuxième personnalités préférées des Français, j'en déduis que le lien est inutile.

10:05 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : people, noah, mathy, zidane, boon

02/01/2010

Tiger Woods et le calcul économique

Je ne vais pas m'étendre sur les déboires extra-sportifs que vient de connaître Tiger Woods, cela ne m'intéresse absolument pas. Mais telle une icône déchue, le Tigre tombe de son piédestal et est laché par la plupart de ses sponsors. Mais quand je lis que "Selon les auteurs d’une étude réalisée par deux professeurs d'économie de l'Université de Californie, l’affaire Woods auraît fait perdre jusqu'à 12 millards de dollars en bourse aux sponsors du numéro 1 mondial", je ne peux pas m'empêcher de bondir et de crier à l'imposture. Car enfin d'où peut bien sortir ce chiffre, à part du stylo de ces deux professeurs ? Quel est le détail du calcul ? 12 millions pourquoi pas, c'est déjà un chiffre important. 120 millions c'est plus que tous les contrats que Tiger Woods possédait au sommet de sa gloire. 1 milliard 200 millions c'est l'économie d'une région entière. Alors 12 milliards de pertes rien qu'en sponsoring c'est du si grand n'importe quoi que ça ne peut être que totalement faux...

11:54 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tiger woods, golf, bourse

30/12/2009

Lettre à Mounir

Je n'ai pas encore pris position dans le débat - oh combien controversé - sur l'identité Nationale. C'est le point de vue de Mounir qui me fait réagir. Tout simplement parce que l'envie de lui répondre me démange trop.

Mounir,

C'est avec intérêt que j'ai lu votre (ton?) point de vue sur l'identité nationale. Mais vous n'êtes pas Jean Mohammed de la Bastille, vous n'en êtes que l'héritier, le descendant par affinité culturelle. Car selon votre point de vue moi aussi je suis un Jean Mohammed de la Bastille, si si !
Mais je dois vous avouer que je n'ai pas tout à fait compris qui vous êtiez "vraiment". Etes-vous celui qui crie avec force "Je suis français !" ou êtes-vous celui qui assume "ce qui me distingue, me caractérise (...) c'est le fait que je sois un rebeu" ? Un peu des deux sans doute, mais alors cela veut dire que sommes pareils vous et moi. Parce que si vous revendiquez une double appartenance, je peux aussi le faire. Moi, mes racines sont à prendre dans une famille bien française, j'ajouterais même du "terroir". Mais mon passé n'est pas si simple pour autant. Il est fait de 17 ans dans une cité
(1) avec vous les rebeus, et d'autres, pas rebeus du tout... Mes copains d'avant étaient de bons copains, et le prénom ou la coupe de cheveux n'avait aucun caractère discriminant. Azzedine était super sympa, Mickael bien moins. Mais bon, tout cela est loin maintenant. 
Le piège dans lequel nous tombons avec ce débat est dans le biais de l'intitulé : Est-ce un débat sur l'identité nationale ou un débat sur l'identité française ? Vous voyez comme moi qu'un mot ne vaut pas l'autre, surtout ces deux-là. Mais quand vous terminez votre propos en disant "J'aime la France (...) Mais je n'aime pas ce qu'elle est devenue.", l'allusion politique réduit la portée de votre texte. Vouliez-vous dire en fait : "J'aime la France, sauf lorsque Nicolas Sarkozy en est le Président de la République" ? Parce que si c'est ça, je peux vous rassurer : la France ne se résume pas à son Président de la République : ce serait lui donner bien trop d'importance.

Bien à vous,
AlterEgo

(1) Une vraie cité. D'ailleurs elle n'avait pas de nom, on l'appelait "la cité".


 

28/11/2009

Aider les SDF à s'asseoir ou pas ?

C'est un impressionnant reportage photo qui est proposé par Rue89. Un collectif dénonce - non sans une certaine justesse - tous ces petits espaces urbains redessinés pour empêcher les SDF de s'asseoir ne serait-ce qu'un instant. Les commentaires sont légions, près de 300 à ce jour. Contrairement à une habitude récente et tenace, je n'ai pas ajouté ma pierre à l'édifice, non. Je préfère ici développer ma réflexion, toute simple : imaginons un instant un maire qui déciderait de prendre le contre-pied de tout ça, et qui au contraire chercherait à aider les SDF à s'asseoir au lieu de les empêcher de le faire.
Idée généreuse sans doute, mais qui se heurterait très vite à bien des problèmes d'après moi. Premier constat, où s'arrêter dans le confort de ces espaces ? Jusqu'où faut-il aller ? Voyez par exemple la photo 4 et imaginez pour le même espace une urbanisation "pour"....pas si facile ! Ensuite les photos ne montrent pas l'entourage immédiat. Sur certaines photos on croit deviner une boutique en arrière plan (photos 5 et 6 ), ou même un appartement il semble (photo 3). De là à en conclure que selon le principe de "pas sous mes fenêtres", l'occupant ait demandé à faire cesser le "squat", il n'y a qu'un pas. Mais admettons quand même que le propriétaire accepte d'avoir devant sa devanture un "emplacement pour SDF". Le risque n'est-il pas de le voir systématiquement occupé d'abord, et de voir s'installer ensuite - sans mauvais jeu de mot - un trafic autour de ces places devenues synonymes de confort, même précaire ?
A trop vouloir faire le bien on risque de tomber dans ce travers : des lieux occupés quasiment 24 heures sur 24, et sans doute derrière un trafic sous-jacent pour les meilleures places(1). Et ceci sans ajouter que très vite arriverait les revendications pour "plus" et "mieux". Ou alors réclamer que l'argent soit plutôt utilisé pour l'hébergement en dur au lieu d'aider les SDF à rester dans la rue...
Quelle réponse apporter alors ? Pour moi celle du pragmatisme. Vivre dans la rue est déjà assez compliqué sans en rajouter. Donc ne pas commencer par "déclasser" un emplacement dès lors que rien ne s'y oppose. Par ailleurs, pourquoi ne pas - en compagnie des services sociaux et des associations - regarder où sont les emplacements actuels et comment ils sont utilisés ? Pour ma part je préconiserais bien une certaine aide passive : placé judicieusement, un auvent ou un muret peuvent sans doute améliorer une "place" déjà existante, sans pour autant tomber dans les écueils que je viens de dénoncer.

(1) Construisez-en ne serait-ce que deux et vous en avez déjà une qui est mieux que l'autre...

 

Complément du 30 décembre 2009

A ma grande surprise je trouve ce jour un article dans Le Parisien sur ce même sujet, avec les mêmes photos...mais un mois de retard déjà.

Complément du 1er janvier 2010

Le sujet prend encore de l'ampleur avec un article du journal Le Monde, assez commenté et envoyé. Pour moi tout ça a un air de déjà vu. Un mois après le premier article de Rue89, ça fait un peu léger...

18:51 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sdf, mobilier urbain

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu