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07/01/2010

Hommage à Philippe Seguin

La disparition aussi soudaine qu'inattendue de Philippe Seguin va nécessairement créer un vide dans le paysage politique français. Peu de personnalités peuvent se vanter d'avoir associé avec autant de profondeur conviction des idées et indépendance d'esprit. Premier Président de la Cour Des Comptes, l'homme a su - à défaut de dépoussiérer l'institution - lui donner la visibilité qui lui manquait jusqu'alors. On peut toutefois regretter que les recommandations de la Cour ne soient presque jamais suivis d'effets (voir à Conservation des hypothèques, par exemple).
Philippe Seguin était soumis au devoir de réserve(1), mais cela ne l'empêchait pas de s'emporter encore parfois. Je garde pour ma part un souvenir fort de son dernier passage à l'émission "Le Grand Jury", où sa colère éclata à propos de la polémique - toujours d'actualité - sur l'absentéisme des députés lors des séances de l'Assemblée Nationale. Je ne peux que vous inviter à revoir ou écouter ce moment qui m'a tant marqué. La Cour des Comptes perd son Premier Président, la France perd l'une de ses plus grandes figures politiques, Epinal perd son ancien maire, et moi jamais je n'oublierai qui était Philippe Seguin.

(1) Bien que n'ayant pas gagné de prix littéraire cette année, n'est-ce pas Monsieur Raoult ?

04/01/2010

La réussite du réveillon, impossible à vérifier

Ce que c'est qu'une communication réussie tout de même...Le comptage des voitures brûlées durant le réveillon de la St Sylvestre est devenue une tradition au même titre que la demande en mariage sur les Champs-Elysées le même soir. L'histoire a débuté il y a longtemps déjà, mais a pris un tour nettement politique et polémique il y a trois ans, lors du réveillon précédant l'élection présidentielle de 2007. Vous vous en souvenez peut-être, on cherchait à l'époque à connaître le nombre de voitures brûlées par propagation, pour bien faire la différence avec le nombre de voiture brûlées par intention. Et l'an dernier horreur, +30% de voitures brûlées par rapport à l'année précédente. Il fallait donc faire quelque chose pour cette année et briser cette spirale infernale. On allait voir ce qu'on allait voir, et un dispositif plus qu'important a été mis en place. Mais le Ministère de l'intérieur a volontairement oublié de préciser qu'il ajoutait deux nouveautés pour assurer le coup. En tout premier lieu pas d'images. C'est vrai quoi, des voitures qui brûlent entre le foie gras et le homard ça gâche le plaisir et ça ne fait pas sérieux...alors rien, nothing, nada. Pas de son, et par voie de conséquence pas d'images de voitures brûlées. Jusqu'à Internet où 20minutes.fr - dont la ligne éditoriale ne peut en aucun cas se confondre avec celle du Figaro.fr - met une image datant de...novembre 2005 pour illustrer son article. Ensuite, et c'est à mes yeux bien pire, consigne a été donné aux préfectures de ne pas communiquer de chiffres pour le département ou la commune. Officiellement tout doit directement remonter au Ministère, qui devient ainsi le gardien du temple du chiffre. Dans ces conditions il est impossible à tout un chacun de pouvoir recouper le chiffre annoncé en le comparant à ceux de chaque préfecture.
Maintenant que la fête est finie - si je puis dire - on peut parler de réussite totale, au moins dans le domaine de la communication. Aucune image de voiture en train de brûler n'a été diffusée sur aucune chaîne. De plus, le nombre officiel qui vient d'être donné par le ministère est un chiffre national, un simple bas de ligne : 1137. Mais de vous à moi ce chiffre est en réalité très mauvais. Si on le compare à celui d'il y a deux ans, c'est toujours 30% de plus et quoiqu'on puisse penser du gouvernement actuel, c'est toujours trop. Sans compter qu'au lieu d'un chiffre incontesté puisqu'incontestable, on a au contraire un chiffre impossible à vérifier. Mais c'est exactement ce que voulait le Ministère de l'intérieur.

03/01/2010

Les personnalités de l'année, nos héros d'aujourd'hui

On a les héros qu'on mérite et en ce début d'année 2010 on mérite bien peu, croyez-moi. Vous n'avez pas pu échapper au traditionnel sondage sur la personnalité préférée des français, donc celui ou celle qui est le plus populaire, le plus aimé, et au final le plus glorifié. Vous avez sans doute noté comme moi qu'aujourd'hui on gagne bien plus à distraire les gens qu'à les aider, et le classement ne déroge pas à cette règle puisqu'il fait la part belle aux chanteurs, aux acteurs de cinéma, aux comédiens ou bien encore aux sportifs. Des médecins ? des scientifiques ? des philosophes ? des chercheurs ? Vous n'y pensez pas ! Nous ne sommes plus au temps de Pasteur ou de Victor Hugo, mais à celui de Yannick Noah(1) et de Suzanne Boyle. Je me sens parfois bien seul de préférer Cécile Ladjali à Mimi Mathy ou Wendelin Werner à Dany Boon(2). Du coup je me demande si je ne suis pas un peu hors normes...

(1) La personnalité la plus aimé des français en 2009, après l'avoir déjà été en 2005, 2007 et 2008.
(2) C'est volontairement que je ne met pas de lien pour Mimi Mathy et Dany Boon. Etant respectivement quatrième et deuxième personnalités préférées des Français, j'en déduis que le lien est inutile.

10:05 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : people, noah, mathy, zidane, boon

02/01/2010

Tiger Woods et le calcul économique

Je ne vais pas m'étendre sur les déboires extra-sportifs que vient de connaître Tiger Woods, cela ne m'intéresse absolument pas. Mais telle une icône déchue, le Tigre tombe de son piédestal et est laché par la plupart de ses sponsors. Mais quand je lis que "Selon les auteurs d’une étude réalisée par deux professeurs d'économie de l'Université de Californie, l’affaire Woods auraît fait perdre jusqu'à 12 millards de dollars en bourse aux sponsors du numéro 1 mondial", je ne peux pas m'empêcher de bondir et de crier à l'imposture. Car enfin d'où peut bien sortir ce chiffre, à part du stylo de ces deux professeurs ? Quel est le détail du calcul ? 12 millions pourquoi pas, c'est déjà un chiffre important. 120 millions c'est plus que tous les contrats que Tiger Woods possédait au sommet de sa gloire. 1 milliard 200 millions c'est l'économie d'une région entière. Alors 12 milliards de pertes rien qu'en sponsoring c'est du si grand n'importe quoi que ça ne peut être que totalement faux...

11:54 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tiger woods, golf, bourse

30/12/2009

Lettre à Mounir

Je n'ai pas encore pris position dans le débat - oh combien controversé - sur l'identité Nationale. C'est le point de vue de Mounir qui me fait réagir. Tout simplement parce que l'envie de lui répondre me démange trop.

Mounir,

C'est avec intérêt que j'ai lu votre (ton?) point de vue sur l'identité nationale. Mais vous n'êtes pas Jean Mohammed de la Bastille, vous n'en êtes que l'héritier, le descendant par affinité culturelle. Car selon votre point de vue moi aussi je suis un Jean Mohammed de la Bastille, si si !
Mais je dois vous avouer que je n'ai pas tout à fait compris qui vous êtiez "vraiment". Etes-vous celui qui crie avec force "Je suis français !" ou êtes-vous celui qui assume "ce qui me distingue, me caractérise (...) c'est le fait que je sois un rebeu" ? Un peu des deux sans doute, mais alors cela veut dire que sommes pareils vous et moi. Parce que si vous revendiquez une double appartenance, je peux aussi le faire. Moi, mes racines sont à prendre dans une famille bien française, j'ajouterais même du "terroir". Mais mon passé n'est pas si simple pour autant. Il est fait de 17 ans dans une cité
(1) avec vous les rebeus, et d'autres, pas rebeus du tout... Mes copains d'avant étaient de bons copains, et le prénom ou la coupe de cheveux n'avait aucun caractère discriminant. Azzedine était super sympa, Mickael bien moins. Mais bon, tout cela est loin maintenant. 
Le piège dans lequel nous tombons avec ce débat est dans le biais de l'intitulé : Est-ce un débat sur l'identité nationale ou un débat sur l'identité française ? Vous voyez comme moi qu'un mot ne vaut pas l'autre, surtout ces deux-là. Mais quand vous terminez votre propos en disant "J'aime la France (...) Mais je n'aime pas ce qu'elle est devenue.", l'allusion politique réduit la portée de votre texte. Vouliez-vous dire en fait : "J'aime la France, sauf lorsque Nicolas Sarkozy en est le Président de la République" ? Parce que si c'est ça, je peux vous rassurer : la France ne se résume pas à son Président de la République : ce serait lui donner bien trop d'importance.

Bien à vous,
AlterEgo

(1) Une vraie cité. D'ailleurs elle n'avait pas de nom, on l'appelait "la cité".


 

 
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