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04/07/2008

Cómo decíamos ayer

Je ne parle pas un mot d'espagnol, en dépit de plusieurs années d'étude de la langue de Cervantès. Toutefois, une expression m'est restée : "Cómo decíamos ayer". Au moment où Ingrid Bétancourt recouvre la liberté, cette phrase est revenue du fond de ma mémoire. La longue parenthèse de la détention vient de se refermer, et à l'image de Fray Luis de León, Ingrid Bétancourt pourra débuter son prochain discours politique par ces mots : "Cómo decíamos ayer ...".

17:10 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ingrid bétancourt

02/07/2008

Télé publique, télé privée : Quelle différence ?

En tant que téléspectateur, la toute récente querelle sur le thème "Quelle différence entre télévision publique et télévision privée ?" ne peut que m'interpeller. Force pour moi de constater qu'il y en a bien peu... Comme l'a pointé du doigt le site Internet Arrêts sur Image, c'est tout de même à Patrick de Carolis que l'on doit l'arrêt de l'émission éponyme, véritable poil à gratter indépendant du PAF. Traitement identique pour le médiateur de France 2, qui n'existe plus. Alors je veux bien admettre que certaines initiatives relèvent bel et bien d'une certaine idée du "service public", comme la série "L'odyssée de l'espèce", ou la retransmission en direct de pièces de théatre. Mais pour que le "compte soit bon", regardons sans détours ce qui rapproche aujourd'hui télévision publique et privée. Un indicateur hautement symbolique à mes yeux en est la ligne éditoriale des JT. Celle du "19/20" n'est hélas pas différente de celle du 20 heures de TF1. Quand on n'ouvre pas sur des faits divers ("Détective TV" comme j'aime à dire...), on montre régulièrement avec complaisance des images insoutenables, soit en prévenant ("Attention, certaines images de ce reportage, etc.") ou comme ce soir sans prévenir : nous avons ainsi du regarder une mort d'homme en direct, "comme si nous y étions" oserais-je ajouter. Alors oui, il y aura des excuses de la chaîne, "Nous aurions du prévenir, nous avons pesé le pour et le contre puis nous avons décidé que...." Mais sans vouloir nier la violence qui existe sur notre Planète, je pense que le service public serait bien inspiré de montrer dès à présent combien l'idée qu'elle se fait d'informer le télespectateur, est différente de ce qui peut se dire sur une chaine privée. Voyez ici par exemple, et dites moi où est la différence, que je comprenne...

27/06/2008

Idéale audience

Je lis en ce moment le rapport Copé, ou pour être précis le rapport publié par la "Commission pour la nouvelle télévision publique". J'ai déjà expliqué ici que j'étais contre l'idée d'une télévision publique sans publicité, mais je n'avais pas eu encore l'occasion de mesurer l'étendue du "mal". C'est avec effroi que je découvre qu'au-delà de la polémique autour de la "pub", il y a son corrolaire, l'audience. En effet, à quoi sert une pub télé si personne ne la regarde ? Ce que je veux dénoncer avec ce billet, c'est que non content de transférer la publicité du public vers le privé, la Commission Copé veut créer les conditions qui permettront d'y transférer également les télespectateurs...
Ainsi, elle suggère que "France Télévisions [mette] en place de nouvelles mesures d'audience. Ces mesures doivent veiller à traduire la réalité de ce que doit apporter un service public audiovisuel aux téléspectateurs." Traduction : Il ne sera plus possible de comparer les deux audiences, celle de la télévision privée et celle de la télévision publique. Pourquoi réclamer une telle mesure, si ce n'est pour aider le "privé" ? En outre la Commission ne se contente pas ici d'un simple "voeu pieux" : un encadré précise ce qui devra être mesuré. On y trouve d'ailleurs un "Qualimat", dont on regrette aussitôt que la commission en question ne la propose pas à TF1 et M6.... De plus, pour s'assurer que les télespectateurs ne vont pas trop regarder France Télévisions une fois celle-ci sans publicité, il est habilement suggéré "de prévoir dans ses grilles, (...) des programmes qui ne rencontrent pas immédiatement le succès". C'est qu'il ne faudrait pas que les téléspectateurs soient  - en plus - agréablement surpris par la qualité des programmes proposés, et prennent d'emblée de mauvaises habitudes, à savoir rester scotchés devant une chaine sans pub...
Voyez le sport, élément indispensable d'une chaîne qui veut "de l'audience". Rappelons au passage que de tout temps, les meilleures audiences ont été celles des retransmissions sportives en général, et des matches de football en particulier. La Commission Copé pousse plus ou moins discrètement le service public à abandonner toute ambition d'en diffuser - car trop rémunérateur en terme de recettes publicitaires - et souhaite au contraire la voir faire la promotion de sports plus confidentiels (l'adjectif est celui utilisé dans le rapport). La Commission n'hésite pas à manier la langue de bois avec un aplomb qui fait froid dans le dos : "France Télévisions conserve naturellement sa légitimité à participer aux appels d'offre des sports fédérateurs" (sic). L'honneur est sauf, France Télévisions pourra bel et bien participer aux appels d'offre. Quant à les remporter, relisez Pierre de Coubertin....
Vraiment, pour moi tout est fait pour pousser le téléspectateur vers les chaines "avec pub". Et que devient Médiamétrie dans tout ça ? Pourquoi demander à France Télévisions de gérer elle-même la mesure de son audience, tout en laissant Médiamétrie en situation de monopole ? Entre nous voilà un secteur qui mériterait bien d'être libéralisé, puisque la Commission Copé a constaté "l'obsolescence du modèle économique actuel du secteur audiovisuel."

24/06/2008

Entre les murs, le livre

Je viens de terminer de lire le livre de François Bégaudeau. Je ne suis ni enseignant, ni philosophe, ni rien ; je suis un lecteur du livre, c'est tout. Je me permet pourtant d'être critique sur deux points. Le premier est que ce livre est présenté comme étant un roman. Or je n'ai rien vu au travers du récit qui explique en quoi l'histoire est romancée. Bien au contraire, tout semble fait pour coller au plus près de la réalité vécue par le professeur et ses élèves. Pour moi ce livre est à ranger dans la catégorie "document/vécu", ce n'est pas un roman. Le second point est un certain malaise à mesure que j'avançais dans le livre. Cette impression de fatalisme se dégageant des interventions du professeur face à ses élèves ne me plaisaient pas. "Vous ne comprenez pas ?" demande t-il un moment donné. Sans attendre de réponse il enchaîne en disant (je cite de mémoire) "Ce n'est pas grave, de toute façon cette expression est peu utilisée". A aucun moment il ne cherche à tirer les élèves vers le haut, y compris lorsqu'il leur demande de lire "Des souris et des hommes". A mes yeux le pire est atteint lorsqu'il demande aux élèves de "parler au Monde". L'idée est pourtant généreuse : Vous avez 30 secondes pour parler au Monde, que dites vous ? Un premier élève se lance dans l'exercice et explique que le Maroc vient de battre le Mali 4-0 (c'est du football), et que c'est normal car le Maroc est bien plus fort que le Mali...C'est donc cela qu'il est important de dire au Monde lorsqu'on est un jeune de la banlieue parisienne ? François Bégaudeau ne cherche à recadrer le débat. Mieux encore il donne ensuite la parole à un supporter de l'équipe du Mali pour un droit de réponse. Oubliés les 30 secondes au Monde, place au "on refait le match en classe"... triste. A décharge de ma critique, ma lecture vient juste après celle du livre de Cécile Ladjali. Son travail avait consisté avec sa classe du "9-3" à écrire un recueil de poésie, des sonnets... Elle voulait (dé)montrer que la volonté, le dépassement de soi, l'exercice "gratuit" du poème pour le plaisir de la musique des mots pouvait séduire à la fois un public et un intellectuel reconnu (George Steiner). Bref, entre le livre de Cécile et celui de François, ce sont deux manières d'enseigner qui s'opposent.
Pour conclure sachez que j'ai plus envie encore de voir le film de Laurent Cantet, car je suis très curieux de comprendre pourquoi le film a obtenu la Palme d'Or du dernier festival de Cannes. Rendez-vous en octobre sur ce sujet, et bien avant pour d'autres !

20/06/2008

Jason-2 : lancement réussi, reportage raté

Vous savez qu'ici j'ai bien plus l'habitude de critiquer le journal de 13 heures du samedi présenté par Claire Chazal que le "19/20" de France 3 présenté par Catherine Matausch. Ce soir pourtant, j'ai été témoin – comme tous les télespectateurs – d'un incroyable manque de fiabilité dans l'information diffusé. Le sujet était pourtant simple, le lancement du satellite "Jason-2" pour étudier la montée des océans. Mais il faut croire que le dicton selon lequel "l'habitude émousse les sensations" est vrai, au vu des erreurs que j'ai relevé. D'abord l'affichage de la cartographie de la Guyane Française, avec le point rouge sur Kourou. Ceci en parfaite contradiction avec la "bande son" puisque Patrick Hester nous explique que – une fois n'est pas coutume – le satellite a été lancé depuis une base "ultra-secrète". Enfin pas si secrète que ça, puisqu'il nous explique que cette base est à Vandenberg, en Californie. Mais maintenant, grâce à France Télévisions, nous sommes nous aussi dans le secret. Alors ne le répétez surtout pas, mais il existe aux USA une base ultra-secrète, d'où on peut lancer des fusées à des fins pacifiques....

 

 
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