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15/05/2008

Vous répondrez bien à la question ?

Les séances de questions au gouvernement de l'Assemblée Nationale sont régulièrement l'occasion de passes d'armes, d'envolées lyriques, voire de chahut quasi organisé. Mais intéressons-nous plutôt au fond, c'est-à-dire aux questions telles que les députés les posent, et à la manière d'y répondre du gouvernement. Hier, Daniel Paul a interrogé Jean-Louis Borloo sur les tarifs du gaz. Je vous livre l'échange verbal tel que vous pouvez le lire dans le compte rendu officiel, duquel je n'ai retiré que les didascalies.

M. Daniel Paul  - " (...) En 2004, Nicolas Sarkozy s'était engagé à ne jamais privatiser GDF. Il n'a pas tenu parole. Son Gouvernement donne la priorité aux marchés financiers, au détriment des consommateurs et de l'intérêt du pays. Allez-vous mettre fin aux hausses du prix du gaz ? Allez-vous refuser la fin des tarifs réglementés ? Allez-vous revenir sur la privatisation de GDF ?"

M. Jean-Louis Borloo - "Oui, la France a besoin, dans la bataille cruciale qui a lieu alors que les ressources énergétiques sont si rares, d'avoir de puissants énergéticiens. C'est le sens de la fusion engagée... et nous le mènerons bien entendu à son terme. J'étais hier au forum international de l'énergie à Rome et il n'y a pas de doute que c'est le sujet du siècle, notamment les questions de la sécurité énergétique et de la croissance des coûts, due à la baisse des ressources fossiles. C'est pourquoi le Grenelle de l'environnement a prévu des investissements massifs, qui nous permettront d'améliorer notre performance énergétique et de réduire notre dépendance. C'est la bonne réponse. J'espère que vous serez au rendez-vous pour permettre à la France d'opérer sa mutation écologique, technologique et énergétique."

Que faut-il retenir de cela ? Que les questions sont simples et directes : "Allez-vous mettre fin aux hausses du prix du gaz ? Allez-vous refuser la fin des tarifs réglementés ? Allez-vous revenir sur la privatisation de GDF ?". Le ton employé, les mots choisis, le style, caractéristique d'une question de l'opposition, ne doit pas effrayer outre mesure. N'en déplaise à Jean-Louis Borloo, nous avons avec sa réponse une démonstration de langue de bois. En faisant de l'éxégèse - ce qui déjà démontre qu'il y a un sens caché à deviner derrière les mots prononcés - on a la réponse à une seule des trois questions posées : Non, le gouvernement ne reviendra pas sur la privatisation de GDF ("C'est le sens de la fusion engagée"). Pour le reste, il faut soit admettre de ne pas avoir de réponse, soit la reposer à la prochaine séance : "Allez-vous mettre fin aux hausses du prix du gaz ? Allez-vous refuser la fin des tarifs réglementés ?". On ne peut tout de même pas se contenter du "C'est la bonne réponse", prononcé comme une sentence... Je précise que je n'ai aucune sympathie pour les idées politiques de Daniel Paul, et que combattre les idéaux qu'il défend passe par des réponses franches à ses questions franches. Je regrette beaucoup que ce ne soit pas le cas à l'Assemblée Nationale.

10/05/2008

Ces héros que nous méritons

Notre société a les héros qu'elle mérite, et franchement nous méritons peu. Qui sont nos héros d'aujourd'hui ? Des scientifiques, des philosophes, des curés, des rabbins, des imams ou des instituteurs ? Non. Nos héros d'aujourd'hui font du cinéma, de la chanson, du sport, de la télévision. Rien d'autre. En toute célébrité, mais aussi en toute futilité. Et au moment du décès de Pascal Sevran, dont France 2 nous a affublé hier soir d'un hommage digne d'un héros de notre temps, un "anonyme" décédait. Murray Jarvick est mort à Santa Monica, à l'age de 84 ans. Son idée ? il est le co-inventeur du patch à la nicotine, ce substitut qui aide au sevrage tabagique, et permet d'éviter des milliers de morts dus au tabac. Je ne peux pas m'empêcher de faire le parallèle entre ces deux décès, avec cette simple question en tête : Qui des deux est plus héros que l'autre ?

06/05/2008

CIO : Comment ne pas parler du dopage

Dans un mot déposé ici-même, j'évoquais quelques moyens que le CIO pourrait mettre en oeuvre pour lutter contre le dopage : exclusion de J.O. pour tout athlète convaincu de dopage, et absence de cérémonie de remise de médailles.
Or il se trouve que le CIO organise son 1er Congrès Olympique Virtuel. Comme indiqué sur le site internet "Les nouvelles technologies permettent au plus grand nombre de faire circuler leurs idées plus librement et plus facilement. Ceci est la vocation du Congrès olympique virtuel, (...)"
Formidable idée, d'autant plus que "Le public est également invité à contribuer au Congrès olympique virtuel jusqu’au 31 décembre 2008." Je vais donc pouvoir avancer mes idées sur le sujet puisque "Chaque internaute peut soumettre deux contributions (...)"
Bon, ça c'est pour attirer le chaland. Voyons les petites lignes du contrat maintenant, puisque "avant de rédiger votre contribution, nous vous recommandons de lire attentivement le Règlement du Congrès, [et] l’Appel à contribution".
J'ouvre l'appel à contribution, pour rechercher dans quelle catégorie je vais pouvoir "soumissionner". Je vois "thème 1 : Les athlètes" et "1.2 Protection de la santé lors de l'entraînement et en compétition". Le détail présente le "contexte dans lequel s'inscrit le sous-thème", et les "axes de réflexion". Inutile de préciser que toute contribution qui ne serait pas "pile" dans la case "axe de réflexion" n'a aucune chance de passer toutes les barrières et de monter jusqu'au Congrès. Ce qu'il y a d'incroyable ici, et ce que je dénonce avec ce texte, c'est qu'il n'est pas possible pour le "public" de proposer toute idée pour lutter contre le dopage. Tout simplement parce que ce n'est pas un "axe de réflexion". J'ai eu beau lire et relire, non, pas une ligne sur la lutte anti-dopage. Serait-ce un sujet si mineur que le CIO ne s'en préoccupe pas ?

12:41 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cio, jeux olympiques, dopage, j.o.

01/05/2008

Le Monde des bonnes affaires

Dans une enquête incroyablement documentée, deux journalistes du journal "Le Monde" révèlent les montages financiers autour de l'entreprise Wendel. Je ne vais pas résumer l'article – tâche difficile pour qui n'est pas un habitué de la sphère des finances - mais pointer l'essentiel : Il y avait 324 millions d'euros en actions, à se partager en 15. Comme écrit au début de l'article "Le prix à payer était modeste : pour acquérir ces 5 %, il n'y avait à débourser que 83 millions. Le management est même parvenu à n'en sortir que moins de la moitié de sa poche."
La première réaction serait de jouer les offusqués, sur le thème bien connu du "tous pourris ces riches". Or il n'y a rien d'illégal dans ce montage, si ce n'est qu'il vérifie au plus haut point l'adage selon lequel "on ne prête qu'aux riches". Entre cabinets d'experts et avocats spécialisés en montage financier, l'investissement était à la hauteur de ce qu'il a rapporté, et somme toute modeste. Un vrai coup sûr, en sorte.
 Aussi incroyable que cela puisse paraître, je veux moi aussi profiter de cela, à une échelle cent mille fois (!) moindre. Je veux pouvoir acheter pour 216 euros d'actions de mon entreprise ( 3240 / 15 parts) en ne déboursant que 55 Euros (830/15). Et en se débrouillant bien, sur ma fiche de paie je ne verrai retenir que la moitié de cette somme. En ces temps où le maître mot est "pouvoir d'achat", c'est une idée à creuser, puisque parfaitement légale. Dixit Monsieur Seilliere en personne.

28/04/2008

Ce (pas) cher pétrole

Le pétrole est à des niveaux records, 119 dollars pour un baril à ce jour. Mais ce que personne ne dénonce ici n'est pas tant le prix, mais les causes qui font que ce prix augmente. Je suis stupéfait – le mot est faible – des arguments annoncés. Incendie d'une raffinerie en Finlande un jour, fuite d'un pipeline au Nigéria un autre jour, menace (et non dégats!) d'un ouragan dans le golfe du Mexique. Que dire alors de la grève qui a lieu en ce moment en Ecosse ? Non seulement le pétrole est cher, mais en plus il est bien fragile, si ces aléas ont tant d'influence sur le cours journalier. Ma conclusion est simple : ou bien tout ceci est vraiment réel et sérieux, et alors on ne paie pas assez cher le pétrole au regard de la fragilité de son approvisionnement, ou bien c'est de la poudre aux yeux, et les causes de la hausse ne sont pas autre chose que de la pure spéculation financière.

11:50 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Actu, pétrole, cours, baril

 
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