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12/04/2008

Acquittée, mais pas innocente

Le verdict rendu cette semaine par la cour d'assises du Val-d'Oise me choque. En résumé, une mère était jugée pour avoir mis fin aux jours de sa fille de 26 ans, très lourdement handicapée. Ce qui me gêne ici, est l'absence de différence entre acquittement et innocence. Tout le monde a compris le drame de cette mère, et combien le geste fatal est tout sauf un meurtre de droit commun. Mais pour autant le geste est là. Acquitter quelqu'un c'est dire : "Ce n'est pas vous qui avez tué". Or ici point de litige, la mère a tué la fille. Dès lors on ne peut pas faire "comme si" ce n'était pas elle, car l'acquittement revient bien à cela. Ce verdict pose à mes yeux bien plus de questions qu'il n'apporte de réponses. Nous sommes peu à l'avoir remarqué.
Je termine ce mot en vous informant que Rachida Dati souhaite réformer la détention préventive en développant les assignations à résidence. Je ne peux qu'espérer qu'une telle réforme voit le jour. Comme je l'ai déjà précisé ici, on ne doit pas mettre d'innocent en prison.

Complément du 18 décembre 2008

Rejugée en appel, cette mère a été reconnue coupable et condamnée à une peine de prison avec sursis.

11:15 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actu, justice, verdict

07/04/2008

Pour que la flamme brûle

Je suis pour tout. Je suis pour l'indépendance du Tibet, et je suis pour des Jeux Olympiques sans aucun boycott. Le plus drôle est que je ne vois là aucune contradiction. Lorsque les jeux de Pékin ont été attribués, la situation au Tibet était la même qu'aujourd'hui. Alors faire maintenant semblant de découvrir que le Tibet est occupé par la Chine est très hypocrite. Ou bien on parlait de boycott dès avant l'attribution des jeux ("Si le CIO donne les jeux à Pékin, pas de délégation s'il n'y a pas d'athlètes Tibétains sous une bannière indépendante"), ou bien on acceptait de participer aux jeux sans y associer une négociation forcée sur l'avenir du Tibet. Mais au fait, que veux-on vraiment ? L'indépendance du Tibet ? Je ne suis pas idéaliste, mais on n'obtiendra pas en quelques mois - encore moins par la diplomatie seule - l'indépendance d'un pays qui est occupé depuis plus de cinquante ans. C'est de la tromperie intellectuelle que de jeter dans la rue des manifestants sur cette idée. Stopper la répression ? Bien sur qu'il faut stopper la répression, mais même sans aucune répression de la part des autorités chinoises, le fond du problème reste le même qu'au moment de l'attribution des jeux, à savoir le Tibet comme province chinoise. On a donné les jeux à Pékin, alors participons aux jeux de Pékin.
Désolé de paraître fataliste, mais la situation du Tibet sera la même après les Jeux qu'avant, parce que changer le Tibet c'est changer la Chine. Tout intellectuel qui réclame l'indépendance du Tibet ne peux pas faire l'impasse sur les autres Droits de l'Homme en Chine, sauf à être discrédité. Réclamer l'indépendance du Tibet c'est donc aussi militer pour l'abolition de la peine de mort en Chine (ce pays étant 1er en terme d'éxécutions capitales), l'arrêt des emprisonnements pour délit d'opinion, et la liberté d'expression pour tout citoyen chinois (accès libre à internet compris).
Pour ma part je suis bien plus inquiet du spectacle sportif qui nous sera proposé lors de ces J.O. Je crains en effet une déferlante d'athlètes chinois tous plus inconnus les uns que les autres sur les plus hautes marches des podiums. Avec en prime des performances que les journalistes les plus diplomates qualifierons de "surhumaines"...

29/03/2008

Manque d'imagination

Le collectif "ni pauvre, ni soumis", manifeste aujourd'hui. Construit sur l'édifice sémantique du collectif "ni putes, ni soumises", le nom choisi manque tout de même d'imagination. C'est au mieux du recyclage – il ne faut plus rien jeter désormais - au pire du "copillage". Franchement je trouve ça triste. Il ne manquerait plus que tout le monde y aille de son collectif "ni ni", imaginez alors ce que cela donnerait. Vous n'aimez pas la people-isation de notre président ? Adhérez sans tarder au collectif "ni Carla, ni Cécilia". Vous voulez aider les petits porteurs victimes de la crise boursière ? Alors le collectif "ni action, ni obligation" est fait pour vous. Les centristes pourront toujours manifester sous la bannière du "ni droite, ni gauche", et des supporters de football excédés diront en choeur "ni OM, ni PSG". Mais je l'avoue, moi aussi je sombre dans la facilité, avec ce texte qui n'est "ni bon, ni mauvais"...

11:58 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Actu, collectif

27/03/2008

Peine pied au plancher

La première vertu de la sanction judiciaire est sa dissuasion. Elle est censée être assez contraignante pour faire craindre la récidive. On notera que parfois, la loi telle qu'elle est écrite et appliquée n'atteint pas ce but. Voyez le cas de ce joueur de football, flashé à plus de 230 km/h sur une autoroute limitée à 130 km/h. Il devra payer une amende de 1500 euros et se voit notifier un retrait de permis pour 5 mois. La loi a été appliquée dans toute sa sévérité, mais elle n'a ici aucun effet dissuasif envers l'accusé. Pour ce joueur, cette peine n'en est pas une.
On a parlé de "peine plancher" pour les récividistes, de "rétention de sûreté" pour des détenus une fois leur peine purgée. Alors pourquoi pas une "peine de célébrité", pour que cette catégorie de population ne puisse pas avoir l'impression de passer par dessus la loi. Non pas via une quelconque mansuétude, mais tout simplement parce que le législateur, en instituant les peines à prononcer, visait le citoyen ordinaire, et non le joueur de football ou le PDG en mal de sensations fortes. La peine devrait être proportionnée aux moyens financiers du justiciable, assortie d'une circonstance aggravante lorsque ce dernier est célèbre. La notion de célébrité serait laissée à l'appréciation du juge, charge à la défense de démontrer la "non-célébrité" de son client pour qu'il ne tombe pas sous le coup de ce texte que je souhaite voir au plus vite dans notre arsenal (!) répressif.

18:05 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Actu

26/03/2008

La caissière et son plein d'essence

Dans un bel article, le journal Le Monde nous fait partager le quotidien d'une caissière. Le reportage est impressionnant de vérité, entre la description du planning, des conditions de travail et du salaire misérable. Les internautes ne s'y sont pas trompés, puisqu'ils en ont fait l'article le plus envoyé de ces derniers jours. Mais une phrase a retenu mon attention : "Pour ces trente heures de travail éparpillées au fil de la semaine, Odile Jaloux touche un salaire de 825 euros par mois. Mais elle habite à 25 km des quartiers nord, ce qui l'oblige à dépenser 200 euros d'essence. A la fin du mois, il lui reste 625 euros (...)". Ni une ni deux, je lance mon tableur (qui n'est pas celui auquel on pense immédiatement !), et je fais le calcul. Prenons une voiture "citadine" comme on dit, et comptons une moyenne de 7 litres pour 100km. 1 aller-retour fait 50km, donc 3.5 litres. En comptant 1.34 euros le litre d'essence, cela donne 4.70 euros de dépensé. Multiplions par le nombre de journées de travail dans le mois (évalué à 24, soit 21 jours de semaine plus les 3 samedis par mois comme indiqué dans l'article) et nous arrivons à ... 112 euros et 80 centimes. Pourquoi n'ai-je pas retrouvé les 200 euros de l'article ?
Première hypothèse, la voiture n'est pas une citadine. Mais pour dépenser dans les conditions décrites 200 euros d'essence, il faut une consommation presque double. Je n'imagine pas la caissière à temps partiel roulant en 4x4. Cela écornerait l'image véhiculée tout au long du reportage...
Seconde hypothèse, la distance n'est pas de 25 km, mais de bien plus. Ce serait alors une grossière erreur du journaliste, qui écrit 25 là où c'est 50. Impossible également au vu de l'article, d'imaginer plus d'un trajet domicile-travail dans la journée.
Dernière possibilité, on a oublié l'amortissement du véhicule, l'assurance, le parking, les contraventions, le contrôle technique...mais non puisqu'il est bien écrit que la dépense n'est qu'une dépense de carburant : "ce qui l'oblige à dépenser 200 euros d'essence."
So what ? devrais-je dire en cette journée anglaise. Je pense que la caissière dépense bien 200 euros d'essence chaque mois, mais que le trajet domicile-travail ne lui coûte que la moitié de cette somme. Qu'on ne se méprenne pas non plus sur ce billet d'humeur. Mais quand le tableau est déjà bien sombre, je n'aime pas découvrir que l'on a rajouté une couche de noir par-dessus...

17:40 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Actu

 
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