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20/04/2013

Les nouvelles planètes.

Dans l'abondance d'informations de cette semaine, l'annonce de la découverte de deux nouvelles planètes par le télescope spatial américain Kepler est passé presque inaperçu. Il faut dire que depuis qu'on découvre régulièrement des exoplanètes, une de plus ou de moins, après tout... Mais ce qui me dérange toujours dans ces annonces ce sont les approximations que je peux vite découvrir, moi qui ne suis même pas astronome amateur, seulement passionné d'astronomie.
Pour l'anecdote - et pour souligner combien il n'est pas facile pour un journaliste de relayer ce type d'information - le journal Le Monde avait dans un premier temps annoncé que cette découverte avait été faite par "deux astronautes"... Erreur vite corrigée sur le site, dont acte.
Je me suis plus particulièrement intéressé à l'article publié sur internet par Science et Avenir, dont la ligne éditoriale est loin de tout sensationnalisme.
Le spectaculaire de l'annonce réside dans le fait que "ces deux exoplanètes sont les objets les plus similaires à la Terre jamais trouvés". Qui dit planète dit étoile, et Kepler62a est une naine orange, une étoile dont la température de surface est d'environ 20% inférieure à celle du soleil (4000°K contre 5000°K).
L'article précise alors que les deux planètes "sont soumises à un rayonnement similaire à celui que Vénus et Mars reçoivent du Soleil". C'est bien entendu faux car on sait très bien que le rayonnement que reçoit Venus n'est pas du tout le même que celui que reçoit Mars. Il aurait été plus logique de préciser - après l'application d'une simple règle de trois - la quantité estimée de rayonnement reçue.
Mais comme il faut faire du sensationnalisme à tout prix, cette précision est absente. De plus, rebaptiser les expoplanètes en "deux petites terres" prouve bien l'intention de l'article, entraîner le lecteur sur cette pente qui mène à la "découverte ultime", une Terre comme la nôtre.
Outre ces histoires de soleil et de distance (la fameuse "zone habitable" dont parle l'article) il y a cet élément insdispensable, l'eau. Le chapeau de l'article le précise bien d'ailleurs, sur ces deux planètes, "l'eau pourrait même s'y trouver à l'état liquide". On insiste dans l'intertitre en répétant que "[la] température permettrait à l'eau d'exister à l'état liquide". Hélas, trois fois hélas la lecture du texte de l'article douche notre enthousiasme naissant : "la présence d'eau dépend de la densité de la planète et de la composition de son atmosphère. Hélas ces deux paramètres sont encore inconnus". Inconnus, vous avez bien lu, les découvreurs ne savent pas dire s'il y a de l'eau ou pas puisque les paramètres sont inconnus. Arrivé à ce point, on se demande bien ce qu'il reste d'extraordinaire dans cette découverte.

09:31 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : astronomie, kepler, explanete

09/01/2013

Et pour un frôlement de plus...

On parle beaucoup d'astronomie en ce moment et sur le fond ce n'est pas pour me déplaire, moi qui a toujours eu un intérêt particulier pour le monde des étoiles. Mais hélas la plupart du temps les articles que l'on peut lire dans la presse non spécialisée ne sont pas à la hauteur. Le dernier sujet - le retour d'Apophis - ne déroge pas à la règle. Ce qu'il y a d'extraordinaire c'est que j'ai déjà évoqué le caillou ici-même.

Mais reprenons les termes utilisés dans l'article du Figaro de ce jour. Tout d'abord voyons ce beau chapeau car l'astéroïde va "frôler" la Terre. Une fois de plus le terme frolé est bien mal choisi (euphémisme !). Si je compare avec cet autre frôlement il en est même diablement éloigné. En reprenant mon échelle, il faudrait placer votre bille à 536 Kilomètres pour simuler le "frolé" du journaliste. Preuve par l'absurde que le terme est tout sauf approprié à l'événement.

Voyons ensuite le nom même d'Apophis dont on veut nous faire croire qu'il vient en droite ligne de la tradition consistant à donner aux sphères qui nous entourent des noms de Dieux mythologiques. Ici la réalité est bien plus terre à terre si j'ose dire. Il faut se replacer en 2004 quand l'astéroïde a été baptisé. A l'époque il fallait marquer les esprits et faire prendre conscience à l'opinion publique du danger de ces bolides célestes. Il a donc été nommé Apophis non pas en hommage à un Démon lambda mais à cause de la bande dessinée "On a marché sur la Lune" où Tintin à bord de la fusée qui l'emmène vers la Lune manque d'entrer en collision avec ... Apophis. Je n'ai de cesse de le dire ici au fil de mes billets, toutes ces histoires d'astéroïdes n'ont pour unique objectif que de justifier des budgets. Nous n'avons rien à craindre ni d'Apophis ni de tout autre bolide. Qu'on se le dise une fois pour toute.

Pour conclure enfin je veux tout de même signaler que l'article dit une chose et son contraire - ce qui ne fait qu'apporter de l'eau à mon moulin : Au début on nous explique que "les passionnés d'astronomie seront ravis de pouvoir découvrir à l'œil nu un astéroïde géant mercredi soir." pour ensuite corriger le tir et finalement admettre que "les astronomes amateurs pourront l'observer, peut-être même avec de simples jumelles". Sur Twitter on appelle ça un "#fail".

 

18:39 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : astéroïde, astronomie

19/12/2012

Tau Ceti, l'autre merveilleuse de la Baleine ?

L'information peut paraître importante et pourtant nous restons comme je ne cesse de le dire dans du banal. Bref, si l'on en croit le journal "Le Monde", l'étoile Tau Ceti abrite au moins une planète habitable. Ce que je reproche à ce genre d'annonce c'est qu'elle joue trop avec l'ignorance du grand public en matière d'astronomie :

a) L'étoile s'appelle Tau Ceti : Tau pour la lettre grecque correspondante et Ceti la déclinaison latine. Dès lors, puisque Ceti veut dire "constellation de la Baleine", écrire que "Tau Ceti [...] fait partie de la constellation de la Baleine" est à mes yeux un pléonasme savoureux.

b) Tau Ceti "ne se trouve qu'à douze années-lumière de notre Soleil" dit l'article, en laissant croire que c'est la porte d'à coté. Certes oui, mais à l'échelle de l'Univers, échelle qui n'a strictement rien à voir avec la perception que nous avons des distances. Prenez la Lune, seul autre astre sur lequel l'Homme a posé le pied. Elle est située à 1 seconde-lumière de la Terre et en 1969 il a fallu 3 jours pour y aller. A supposer qu'on puisse doubler la vitesse d'Apolo XI (ce qui n'est pas encore possible techniquement) c'est un voyage aller-retour de 3 millions d'années qu'il faudrait envisager pour aller vers Tau Ceti.  

c) "Sa masse et son rayonnement sont comparables" est juste mais surtout il est fait abstraction du caractère essentiellement isomorphe de l'Univers , composé des mêmes éléments ici comme ailleurs. Il n'y a donc rien d'extraordinaire à ce qu'il existe dans l'Univers des milliards* d'étoiles dont la "masse et [le] rayonnement sont comparables" à notre Soleil. C'est l'inverse qui serait sensationnel au contraire.

d) Le plus flou reste cette notion de "planète habitable" : Voyez Mars qui n'a rien d'une planète habitable (du fait de son atmosphère ténue, sans même parler de la composition de cette atmosphère...) et qui pourtant fait l'objet de recherches tenaces. Comparez ici la connaissance qu'on peut avoir de Mars et celle qu'on a de la planète tournant autour de Tau Ceti et demandez-vous pourquoi si peu d'informations permettent de dire que la planète est habitable dans un cas, et pourquoi dans l'autre cas tant d'informations ne permettent toujours pas de savoir si la Vie a pu exister.

* Je devrais dire "des centaines de milliards" pour être plus près de la réalité...

30/08/2012

Future tarification de l'énergie, une nouvelle usine à gaz ?

Le prix de l'électricité va t-il devenir une usine à gaz ? C'est bien possible si on en croit l'article du Figaro annonçant pour octobre un texte de loi discuté à l'assemblée nationale sur la tarification progressive de l'énergie. Je suis pour cette mise en place car elle correspond tout à fait à l'air du temps. Elle permet d'un coté aux ménages les plus pauvres de bénéficier d'une énergie peu chère et de l'autre de responsabiliser les ménages plus aisés en leur faisant clairement distinguer entre consommation de confort et consommation superflue.

L'auteur de l'article pointe néanmoins les difficultés que devra résoudre le législateur. En effet il serait question de tenir compte du nombre d'occupants d'un logement, du mode de chauffage, de la situation géographique et de la qualité de l'isolation thermique. Ma fibre jacobine me pousse à balayer tous ces paramètres d'un revers de main : le mode de chauffage ? non-sens absolu car le texte précisera au final le coût du Kwh de gaz(*) ou d'électricité. La situation géographique ? Hors de question de placer cela dans un texte législatif, une telle péréquation serait certainement censurée par le Conseil Constitutionnel. Sans compter que si c'est pour découvrir qu'on a besoin de plus se chauffer dans certaines régions que dans d'autres, avouez que ce ne sera pas une grande avancée. La qualité de l'isolation thermique ? Là aussi c'est un paramètre factice, à charge aux bailleurs et propriétaires de faire (ou pas) des travaux en ce sens. 
Il faut - mais ce sera très difficile - s'en tenir à l'esprit qu'un tel texte pré-suppose : proposer une base incluant l'abonnement et un nombre déjà déterminé de Kwh. Je m'interroge encore sur un système de paliers mais mon idée est qu'il en faut un minimum. Je verrais bien un étagement en 3 parties. L'idée étant qu'en prenant pour base la consommation d'un ménage typique, la mise en pratique de cette loi ne représente ni avantage ni désavantage. Pour les catégories les plus modestes elle devra représenter une économie de 10 à 15% à Kwh constant (entendez avant la réforme), gagée justement sur les catégories les plus énergivores qui au contraire devront réaliser au moins 10% d'économie d'énergie pour payer le même montant qu'auparavant. 
Ma crainte est que noyée dans la masse des articles cette réforme ne serve pas au but qu'elle se propose d'atteindre. Mais patientons et voyons.

(*) La consommation de gaz est convertie en Kwh sur nos factures. Vérifiez si vous ne me croyez pas... 

29/08/2012

L'Univers, cet isomorphe

Jusqu'à preuve du contraire l'Univers est isomorphe, qu'on se le dise une fois pour toute. Autrement dit il est fait partout pareil. Notre étoile - le Soleil - n'est qu'une étoile ordinaire sans aucun signe distinctif, comme des milliards d'autres étoiles. Les planètes tournant autour de cette étoile sont également des planètes banales, qu'elles soient telluriques ou gazeuses, comme les milliards de planètes qui peuplent notre Univers. Notre galaxie - la Voie Lactée - n'est qu'une galaxie parmi les milliards d'autres galaxies. Et l'on voudrait admettre comme principe que la Vie sur terre est unique ? C'est bien entendu un non-sens antropomorphique. Il y a des millions, voire des milliards d'autres vies, j'en suis persuadé. Nous ne les voyons pas* car notre technologie ne nous permet tout simplement pas de les voir. Je n'ai de cesse de le clamer, l'Univers c'est avant tout et surtout du vide. 
Mon raisonnement pour singulier qu'il puisse paraître n'en est pas moins cohérent. Puisque tout est banal, des galaxies aux planètes, rien ne permet de conclure que la vie elle est unique. Même si je prends comme hypothèse que la Vie sur terre est la seule de notre galaxie, comme il y a dans l'univers des dizaines de milliards de galaxies, cela fait tout autant de civilisations passées, présentes ou à venir. Et quand bien même je vous concèderait que la Vie ne peut exister que dans une galaxie sur un million, il en resterait encore bien assez.
C'est pourquoi je considère l'annonce de ce jour spéculant sur des possibilités de vie extraterrestre autour des étoiles binaires comme un non-événement.

* Précision : je ne crois pas aux OVNIS.

18:54 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : univers, astronomie, vie, galaxie, ovni

 
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