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29/08/2012

L'Univers, cet isomorphe

Jusqu'à preuve du contraire l'Univers est isomorphe, qu'on se le dise une fois pour toute. Autrement dit il est fait partout pareil. Notre étoile - le Soleil - n'est qu'une étoile ordinaire sans aucun signe distinctif, comme des milliards d'autres étoiles. Les planètes tournant autour de cette étoile sont également des planètes banales, qu'elles soient telluriques ou gazeuses, comme les milliards de planètes qui peuplent notre Univers. Notre galaxie - la Voie Lactée - n'est qu'une galaxie parmi les milliards d'autres galaxies. Et l'on voudrait admettre comme principe que la Vie sur terre est unique ? C'est bien entendu un non-sens antropomorphique. Il y a des millions, voire des milliards d'autres vies, j'en suis persuadé. Nous ne les voyons pas* car notre technologie ne nous permet tout simplement pas de les voir. Je n'ai de cesse de le clamer, l'Univers c'est avant tout et surtout du vide. 
Mon raisonnement pour singulier qu'il puisse paraître n'en est pas moins cohérent. Puisque tout est banal, des galaxies aux planètes, rien ne permet de conclure que la vie elle est unique. Même si je prends comme hypothèse que la Vie sur terre est la seule de notre galaxie, comme il y a dans l'univers des dizaines de milliards de galaxies, cela fait tout autant de civilisations passées, présentes ou à venir. Et quand bien même je vous concèderait que la Vie ne peut exister que dans une galaxie sur un million, il en resterait encore bien assez.
C'est pourquoi je considère l'annonce de ce jour spéculant sur des possibilités de vie extraterrestre autour des étoiles binaires comme un non-événement.

* Précision : je ne crois pas aux OVNIS.

18:54 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : univers, astronomie, vie, galaxie, ovni

27/08/2012

A la recherche du nouveau prix de l'essence

Plus les informations s'accumulent autour du dossier "prix de l'essence" plus je m'y perds ! Sans doute faut-il y voir ma méconnaissance du sujet mais plus prosaïquement je crains que tout ne soit fait pour que justement le citoyen s'y perde. Je me permet d'ajouter ici que je fais partie de cette minorité de français qui n'a jamais été titulaire du permis de conduire (et en tant que passager je parcours à peine 10 000km par an), donc qu'a priori ce sujet ne me concerne que de loin. Néanmoins je n'arrive toujours pas à comprendre où sont les "leviers" de la hausse (de la baisse ) du prix de l'essence. Car finalement c'est moins la valeur absolue du prix du litre qui est remis en cause que sa variation. Pour simplifier mon raisonnement admettons un instant connaître tous les constituants du prix. Nous aurions alors la formule suivante :
Prix du Baril + Taux de change €/$ + coût de raffinage + marge des raffineurs + coût de distribution + marge des distributeurs + taxes = prix du litre à la pompe

Le taux le plus volatil est bien entendu le prix du baril qui peut évoluer à la hausse comme à la baisse dans d'importantes proportions. Vient ensuite le taux de change, pour lequel je peux faire la même remarque. Mais pour les autres paramètres il faut bien admettre que nous sommes face à des inconnues. Car quand bien même le coût de raffinage dépendrait du prix du baril, cela reviendrait à dire qu'il est proportionnel ce qui serait somme toute logique. Pour autant - et c'est là que le bât blesse - les variations du prix à la pompe devraient dès lors se répercuter dans les mêmes proportions. Pour le quidam les pétroliers pratiquent une marge minimum pour un prix de baril donné, et quand le baril monte cette marge monte aussi. A l'inverse, quand le baril baisse les pétroliers se placent dans une phase d'observation des prix avant de répercuter cette baisse. Inutile de vous dire que je partage ce raisonnement et que dans tout ce que j'ai pu lire de déclarations ou de rapports je n'ai rien vu qui permette d'aller contre cette idée. Il y aurait pourtant un moyen simple de contrôler les dire de chacun et voir qui joue le jeu et qui ne le joue pas. C'est de médiatiser un "indice pétrolier" qui ne serait rien d'autre que le prix du baril de pétrole en Euros.
Puisque tout le monde jure la main sur le coeur qu'il ne "joue" pas avec les variables dont il dispose je suis bien obligé de déduire que la hausse ou la baisse du prix de l'essence à la pompe n'est que le résultat des variations du prix du baril et du taux de change.
Si je prends l'exemple de ce jour j'ai un baril de Brent à 114,18$ et un taux de change 1,2527€ pour 1$. Mon "indice pétrolier" est donc de 143,03. En toute logique le prix de l'essence devrait varier en proportion directe de cet indice. Voyez la marge des distributeurs par exemple, qui n'est d'après eux que d'un centime par litre et ce quel que soit le prix de ce litre si j'ai bien compris. Donc si mon indice baisse, le prix doit baisser aussi, autrement c'est que quelqu'un d'autre s'en met plein les poches. Et ça ne peut pas être les pétroliers puisque ceux-ci sont blanchis. Alors qui ? 
Comme dans les plus belles affaires criminelles sans doute faut-il se dire que la vérité est ailleurs ...

20:04 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : essence, gazole, pompe, prix, pétroliers

15/08/2012

Un secret industriel : le prix de l'essence

Dans la torpeur - toute relative - de l'été revient sur le devant de la scène un presque serpent de mer : le juste prix de l'essence. Cette fois-ci nous verrons ce que nous verrons puisqu'une commission (encore une !) va être mise en place pour étudier "la formation et la transparence des prix des carburants". J'ai déjà parlé du sujet sur ce blog mais je souhaite en parler de nouveau, ne serait-ce que pour bien préciser ma pensée.

Comme beaucoup j'imagine je cherche à comprendre comment est "fabriqué" le prix de l'essence. Le premier critère est le prix du baril de pétrole. Que ce soit le Brent ou le Light Crude Oil finalement peu importe car nous sommes là en face du même phénomène : nous avons un prix exprimé en dollars. Par exemple 105$ le Brent ou 98$ le light crude oil. 
Deuxième élément d'importance, le taux de change entre Euro et Dollar. Pour reprendre mon exemple, payer un baril 115$ avec un Euro valant 1.21 dollars revient à payer un baril 98$ quand l'Euro est à 1.42 dollars. Ce que je veux démontrer ici est que c'est une relation affine qui lie le prix du baril et le taux de change. 
Une fois ajouté les taxes - qui bien que complexes ne restent qu'un pourcentage du prix - il reste encore les fameuses marges. Elles sont connues depuis peu puisque Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip),l'a annoncé lui-même : "Du raffinage à la distribution, les marges du secteur ne sont que de 20 centimes par litre et d'un centime seulement pour la distribution". 
Grâce à cette précieuse indication nous savons qu'il y a 21 centimes de marge par litre d'essence. Cette marge est-elle elle même fixe ou proportionnelle au prix de l'essence à la pompe nous ne le savons pas, mais imaginons qu'elle soit fixe. Nous avons alors entre les mains tous les éléments pour calculer le prix de l'essence puisque nous en connaissons toutes les variables : le prix du baril, le taux de change Euro/Dollar, les 21 centimes de marges et une constante T représentant la part de l'Etat (TIPP). On voit surtout que ce qui devrait faire évoluer le prix à la pompe est uniquement et seulement l'évolution du ratio en prix du baril et taux de change Euro/Dollar. Les autres valeurs étant des constantes elles peuvent disparaître de la formule. 
Or il est impossible de mettre en équation cette fameuse formule qui permettrait non seulement de retrouver comment le prix a été calculé mais qui autoriserait à tout consommateur de calculer lui-même le futur prix en fonction de l'évolution des paramètres en question. Comme je l'ai dit dans un précédent billet sur le sujet "Le prix semble sorti tout droit d'une loterie où le consommateur est perdant à tous les coups... ".
Gageons que la commission chargée de ce dossier arrivera à la même conclusion que moi.

11:49 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : essence, pétrole, prix, pompe

17/06/2012

Rio+20 ou mes incertitudes sur l'appel d'Heidelberg

Décidément quel que soit le sujet l'effet de mode reste le même. Je ne l'ai pas encore fait ici mais je pourrais dénoncer cette déplorable attitude - à mon sens - consistant à faire des "suites" aux films dès lors qu'ils rencontrent le moindre succès en salle. Et quand on ne nous affuble pas d'un "II", "III", "IV" voire plus, nous avons maintenant droit à ces horribles "prequel", censés nous raconter ce qui a précédé le film historique. Cette digression m'éloigne du sujet de ce billet mais vous verrez qu'il y a tout de même une relation.

La semaine prochaine va s'ouvrir "Rio+20", nouvelle conférence sur le Climat(*), dont par principe j'aurais préféré qu'il ait lieu ailleurs et qu'il porte si j'ose dire  un nom (en) propre (**). C'est dans ce cadre que Le Monde publie un article revenant sur Rio 1992 et plus précisément sur l'appel d'Heidelberg. Je connaissais pas l'existence cet appel aussi ai-je lu avec intérêt l'article en question. Mais si en toute logique il aurait du m'ouvrir les yeux et me faire réaliser combien les lobbies sont puissants(***) il n'a eu pour effet que de m'interroger encore plus.
Le premier point sur lequel je bute est le terme de "pseudo-sciences". Comme indiqué dans l'article, "La présentation et la médiatisation du texte (...) ont à l'évidence pour objectif de ramener les préoccupations environnementales (...) à des "pseudo-sciences"." Si j'osais donner ma définition personnelle de la science, je dirais que c'est un ensemble d'observations, de définitions et de vérités vérifiables autour d'un domaine donné. Au vu de ma définition, cela me gêne de voir parler de science et a fortiori de pseudo-science pour un domaine où il n'est question que de prévoir le futur. En effet le but de ces conférences n'est pas tant de faire le point sur le climat passé de la Terre que de dire aux gouvernants ce qu'il faudrait faire pour éviter un réchauffement climatique annoncé comme catastrophique pour l'Humanité. 
Mais le journaliste lance une accusation bien plus grave : en fait d'initiative spontanée, "L'appel d'Heidelberg est en réalité le résultat d'une campagne habilement orchestrée par un cabinet de lobbying parisien lié de près aux industriels de l'amiante et du tabac". Avec une telle accroche impossible de ne pas lire la suite de l'article pour y découvrir les dessous de cette campagne.
Las, "Le premier indice est un mémo confidentiel de Philip Morris, daté du 23 mars 1993 (...)" donc postérieur à la conférence de Rio. Moi qui voulais découvrir la Genèse de l'Appel d'Heidelberg, ces réunions plus ou moins secrètes où l'on discutait quasiment mot à mot de ce qu'il fallait mettre dedans, je suis déçu.
Je poursuis donc la lecture de l'article à la recherche d'indices démontrant l'implication des industriels du tabac et de l'amiante puisque c'est d'eux dont il s'agit(****). 
Le mémo de Philip Morris est décortiqué par le journaliste qui lui aussi continue son enquête : "Un nouvel organisme, le Centre international pour une écologie scientifique [ICSE, pour International Center for a Scientific Ecology], a été fondé, à Paris, comme une continuité de l'appel d'Heidelberg". Une fois encore j'ai affaire à un élément a posteriori, moi qui veux à tout prix découvrir "l'avant Heidelberg". Je crois le lire en voyant que "L'ICSE est domicilié avenue de Messine, à Paris, dans les locaux d'un cabinet de conseil aux entreprises, Communications économiques et sociales (CES), et n'en est qu'une émanation. Or c'est précisément CES qui organise et supervise, en France, le lobbying des industriels de l'amiante entre 1982 et 1996". C'est donc l'ICSE qui a écrit l'appel ? Il semble bien que non puisque "Pour promouvoir une "écologie scientifique", l'ICSE, cette "continuité" de l'appel d'Heidelberg, organise des conférences [dont] La première se tient le 10 mai 1993 à Paris". Cet organisme n'a pour rôle que de continuer l'action de lobbying et prolonger l'appel. Il y a pourtant un lien entre l'ICSE et l'appel puisque la conférence de mai 1993 est "annoncé comme ayant été préparé par "le docteur Michel Salomon, coordinateur de l'appel d'Heidelberg"". Tout ce que je saurais via Le Monde de l'origine de l'appel d'Heidelberg est que c'est "Michel Salomon, médecin et journaliste, éditeur de la revue Projections, qui réunit, en avril 1992 à Heidelberg (Allemagne), le petit noyau des premiers signataires de l'appel". Etait-il réellement free-lance comme indiqué en toute fin d'article ou déjà soumis aux industriels du tabac et de l'amiante ? Qui était dans le "petit noyau" ? Qu'il y ait eu ensuite une utilisation voire une récupération de l'appel par des industriels à des fins de lobbying cela ne semble faire aucun doute. Mais l'article ne répond pas à deux interrogations : Comment s'est passé "l'avant appel" ? Par extension les conséquences de Rio étaient donc tellement craintes qu'il fallait à tout prix allumer un contre-feu ? Enfin, et ce n'est pas la moindre des questions auquel il faudrait une réponse, comment 70 prix Nobel - sans parler des autres scientifiques ou intellectuels - ont t-ils pu apposer leur signature sur un tel texte ? Dans quelles conditions leur discernement a t-il été trompé à ce point si l'on considère que l'appel n'était en réalité qu'une opération de communication ?

(*) C majuscule à Climat car c'est bien de climat global dont il est question.
(**) Delhi 2012 par exemple, en relation avec ce que j'ai écrit en introduction
(***) Ce que par principe je ne conteste pas. Pour aller vite disons que ma position consiste à dire que le lobbying ça marche, mais pas toujours...
(****) J'aurais parié plus spontanément sur les pétroliers et le lobby nucléaire mais passons. 

02/06/2012

Le choc galactique

Décidément, dès qu'il s'agit de Science en général et d'Astronomie en particulier les journalistes ont bien du mal.  Comme on nous l'explique aujourd'hui , il s'agit de rien de moins que d'une "Collision "inévitable" des galaxies Andromède et la Voie lactée".
L'article du Monde - mais l'information est également reprise par Le Figaro tant elle est importante - est hélas truffé d'imprécisions. Entendons-nous bien : je ne prétends même pas au titre d'astronome amateur, juste à celui de passionné d'astronomie. Il n'en demeure pas moins que beaucoup de choses écrites méritent à mon sens des explications, des précisions, voire des corrections.
Commençons par l'illustration de notre Voie Lactée, qui n'est pas sous-titrée "vue d'artiste". Ce serait pourtant le moins que l'on puisse faire puisque ne s'adressant pas à un public spécialisé tout un chacun pourrait croire que c'est là une image réelle. Il aurait été plus logique de mettre une belle photo de M31 mais passons. Ce qui est expliqué ici découlant des observations effectuées avec le télescope spatial Hubble, certains pourraient aller jusqu'à imaginer que c'est là un cliché "Hubble" puisque signé de la NASA. 
On nous explique ensuite qu'Andromède "se situe actuellement à 2,5 millions d'années-lumière". L'astronomie est hélas encore une science imprécise et il aurait été préférable de préciser que la distance réelle est inconnue bien qu'estimée entre 2,4 et 2,9 millions d'années-lumière. Même à l'échelle de l'Univers, 500 mille années-lumière en plus ou en moins ce n'est tout de même pas rien(*).
Puis on nous apprend que "Cette attraction provient des forces gravitationnelles respectives exercées par les galaxies ainsi que de la matière noire invisible qui les entoure." C'est en effet parfaitement exact mais il aurait là aussi fallu préciser que la galaxie d'Andromède a déjà un point commun avec notre Voie Lactée : toutes deux appartiennent au même amas de galaxies, le groupe local. Pour faire vite disons que comme les planètes s'agrègent autour d'un soleil les galaxies s'agrègent entre elles pour former des amas, et que ces mêmes amas s'agrègent ensuite pour former des super-amas. Les super-amas s'agrègent-ils à leur tour ? D'après mes lectures les scientifiques ne le savent pas encore. Par contre ce que l'article oublie - volontairement ? - de dire est que les collisions de galaxies sont monnaies courantes. Dans l'encyclopédie d'astronomie que je possède et qui date des années 1980 il y a des pleines pages de photos toutes aussi spectaculaires les unes que les autres montrant des galaxies en pleine collision ! Un astronome russe je crois a passé une grande partie de sa vie à rechercher ces cas, et vu les clichés la moisson a été abondante et le phénomène finalement assez banal à l'échelle de l'Univers.
Passons maintenant au temps de la controverse : "Après quasiment un siècle de spéculation dans la communauté scientifique sur le destin d'Andromède et de sa voisine la Voie lactée (...)". Désolé de jouer le rabat-joie de service mais jamais je n'ai jamais entendu parler de scientifiques s'écharpant pour savoir si oui ou non cette collision surviendrait un jour.
L'article explique aussi qu'une fois la collision terminée, "Le Soleil se retrouvera lui dans une nouvelle région de la galaxie". C'est là faire preuve d'antropomorphisme car enfin nous ne sommes plus au temps de la "sphère des fixes" si chère à Ptolémé, et si la galaxie d'Andromède vient à notre rencontre en se déplaçant nul doute que nous aussi nous nous déplaçons chaque jour au sein de notre propre galaxie. 
Enfin je ne veux pas terminer ce billet sans pointer une phrase avec lequel je suis en plein accord : "Et même si les deux galaxies vont fusionner, les étoiles qu'elles contiennent sont très éloignées les unes des autres et pourraient très bien ne pas entrer en collision durant cette rencontre, selon eux". Je n'arrête pas de dire que l'Univers c'est avant tout du vide, aussi suis-je satisfait de lire ceci. Je ne peux pas m'empêcher de rapprocher cette assertion d'une autre qui rendrait inévitable la rencontre d'un astéroïde avec la Terre et auquel je ne crois pas un instant.


(*) Rappelons ici qu'aller sur la Lune c'est aller à une seconde-lumière de la Terre.

 
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