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20/11/2011

Quand un astéroïde "frôle" la Terre...

Comme l'a dit récemment un homme politique, quel dommage que les français ne soient pas si forts que cela en calcul mental. Autrement on ne pourrait pas leur annoncer qu'un astéroïde a "frôlé" la Terre comme je l'ai lu ici : "L'astéroïde 2005 YU55 a "frôlé" notre planète dans la nuit de mardi à mercredi, en passant à quelque 324.600 km du centre de la Terre."
La taille de 2005 YU55 étant de 400 mètres, il passe en réalité à 811 500 fois son diamètre de notre planète, pas de quoi s'affoler.
Vous persistez à ne pas visualiser la situation ? Prenez une bille (diamètre 1,5cm ), elle représentera notre astéroïde. Pour simuler la notion de "frôlé" chère aux journalistes il vous faudra placer la Terre (une sphère de 47 mètres de diamètre pour respecter les proportions ! ) à 12 kilomètres, 172 mètres et 50 centimètres. Comme quoi avec un minimum de calcul on voit qu'il y a tromperie intellectuelle et que le terme de "frôlé" est clairement inadapté. A moins qu'on ait voulu faire peur à peu de frais...

17:38 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : astéroïde, terre, 2005 yu55

08/10/2011

Copé et le surréalisme

Si je voulais faire un jeu de mot facile je dirais que l'interview de J.F. Copé sur Europe 1 jeudi 6 Octobre était surréaliste. C'est sans doute le cas car le secrétaire général de l'UMP a employé ce terme 3 fois en moins de 5 minutes. Bel exploit.

Après avoir tenté de minimiser le débat de la primaire organisée par le parti socialiste, arguant qu'il était plus question de "la couleur du décor et du choix des costumes", J.F. Copé lance son premier "surréaliste" à propos de ce qu'il a entendu sur les idées des candidats du PS en matière d'éducation (1:08), effrayé à ce point des 60 000 postes sur 5 ans et du budget de 2,5 milliards d'Euros.
Puis le secrétaire général de l'UMP glose sur la succession des débats avant de revenir sur le premier d'entre eux où il a entendu "ce débat surréaliste sur la pénalisation du cannabis" (2:26)
Enfin, après avoir annoncé que l'UMP se lancera dès la désignation du candidat - ou de la candidate - dans l'analyse sans concession du projet du PS pour mettre ce dernier "face à leurs contradictions", J.F. Copé annonce avec un large sourire avoir trouvé la formule de Martine Aubry sur la "gauche molle" non pas "surréaliste", mais "tellement surréaliste" (4:28).

Si je voulais être gratuitement méchant je répondrais bien qu'il ne suffit pas de dire "surréaliste, surréaliste" en sautant partout comme un cabri(1), mais qu'il faut plutôt argumenter, expliquer, voire démontrer. Faute de quoi on en reste à l'incantation plutôt qu'à l'explication.

(1) Les plus anciens lecteurs de mon blog savent d'où vient l'expression...

00:18 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : copé, ump, europe 1, primaires

11/09/2011

Recycler le passé

ségolène royal,de gaulle,appel,contrat,primaires,parti socialisteségolène royal,de gaulle,appel,contrat,primaires,parti socialisteRecycler le passé. C'est ce qui m'est venu à l'esprit lorsque j'ai découvert le contrat de Ségolène Royal avec la Nation. Car enfin, comment ne pas se demander si la candidate aux primaires du parti socialiste ne se prend pas pour le Général de Gaulle ? On est en droit de se poser la question quand on accolle au contrat de la présidente de région Poitou-Charentes  l'appel historique du 18 juin 1940.

Même emblême de drapeaux entrecroisés surmontant le titre, même filet pour encadrer le texte(1), même signature dans la mesure où dans les deux cas le nom est lisible. Au "Vive la France !" qui conclut l'appel du Général de Gaulle, Ségolène Royal oppose un "Vive la Liberté, l'Egalité, la Fraternité !" auquel le point d'exclamation ne manque même pas. Alors plagiat ou volonté de secouer les consciences comme le souhaitait le Général lorsqu'il lança son cri ? Plus prosaïquement je ne vois ici qu'un simple recyclage du passé, traduisant implicitement une incapacité à créer. Par extension comment imaginer un programme politique neuf à partir d'une iconographie aussi ancienne(2) ?


(1) Juste le bleu-blanc-rouge de l'appel de juin 1940 transformé en un éventail de couleurs, symbole de la diversité de la France ?

(2) On considère qu'une oeuvre littéraire tombe dans le domaine public après 70 ans, ce qui permet cette ré-utilisation sans crainte de poursuite judiciaire. 

22/08/2011

Valeur absolue, valeur relative...

L'information est passée inaperçue, et compte tenu du contexte c'est bien compréhensible. J'ai donc appris par hasard qu'Arsène Wenger, entraîneur du club de football d'Arsenal avait écopé "de deux matches de suspension en compétition européenne pour avoir refusé de se conformer à une précédente décision de la commission de discipline de l'UEFA".
Dans les faits il est reproché à l'entraineur d'avoir fait usage de son téléphone portable alors qu'il n'aurait pas dû. Vous voyez que l'affaire finalement n'est pas bien grave. Mais c'est la fin de la dépêche de Reuters qui m'a fait bondir : "La commission de discipline de l'UEFA a par ailleurs infligé [au club] une amende de 10.000 euros". 
En valeur absolue 10 000 euros c'est une somme, vous en conviendrez. Mais rapporté au budget d'Arsenal c'est une minuscule goutte d'eau pour un budget estimé à 450 millions d'Euro. Pour mieux fixer les idées - et toute proportion gardée justement - cela revient à infliger à une personne gagnant 1600 Euros net par mois(1) une amende de... 3 centimes d'Euro. Gageons que le club n'aura pas de difficulté pour payer...

(1) Soit plus que le SMIC

18:08 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : football, arsenal, wenger, amende

13/08/2011

La crise, vue par...

La crise, vue par un gestionnaire de portefeuille et publiée par Le Figaro, ça doit être quelque chose. J'ai lu, et je n'ai pas été déçu. Tour d'horizon.

Pour commencer, Dimitri Andraos raconte qu'il a apprit la dégradation de la notation de la dette souveraine américaine par la radio. "J'avais beau m'y attendre, j'étais très inquiet" ajoute t-il. Sauf qu'il était a priori seul à s'y attendre car l'annonce a bel et bien eu l'effet d'une tornade, preuve s'il en était qu'en réalité personne ne s'y attendait(1). On a beau scruter les articles économiques des jours précédents, il était bien plus question de la Grèce (encore elle !), de l'Espagne, du Portugal, voire de l'Italie ou de la France. Mais des USA, point. Le gérant de portefeuille précise ensuite "J'ai passé la journée à gamberger en écoutant la radio", alors que moi - simple téléspectateur - j'ai suivi la même crise toute cette semaine en regardant CNBC(2). Après cette journée de samedi donc, place au dimanche où il nous dit que "j'ai surfé sur tous les sites d'infos depuis mon iPhone". J'imagine que cet homme dispose d'un ordinateur (voir infra) j'ai donc du mal à comprendre l'intrusion de l'Iphone ici : allusion subliminale à la valorisation d'Apple(3) ?
Arrive ensuite le lundi et la reprise du travail. Ce qui m'a le plus marqué tout au long de cette interview - et qui m'a poussé plus que le reste - à écrire ce billet, c'est qu'à aucun moment de l'article Dimitri Andraos ne parle de son vrai travail : Quel est-il ? Quels ordres a t-il reçu de ses clients, de sa hiérarchie ? Etait-ce la panique au bout du fil ? Lui a t-on demandé des conseils ? Quels changements par rapport à une journée plus calme ? Rien de tout cela ici et si on prend le récit au pied de la lettre cet homme a passé la matinée du lundi à analyser les annonces de la BCE sans rien faire d'autre... Une autre petite phrase m'a interpellé comme on dit, je vous la livre : "Mais quand on a appris que la BCE n'achetait pas tant que ça de titres italiens et espagnols, (...) tout s'est écroulé". Permettez-moi de marquer à nouveau ma surprise avec l'usage du verbe apprendre qui implique que cette opération ne se voyait pas sur les nombreux écrans qui habituellement fleurissent les salles de marchés. C'est comme si cette information était arrivée par un canal extérieur (la radio ?). Je m'attendais plutôt à lire "Mais quand on a vu que la BCE...".
Mardi était la journée de rumeurs autour de la Société Générale. Difficile de comprendre d'après l'interview si à Swiss Life on a accordé du crédit à cette information ou pas. Notez la belle précaution oratoire utilisée à cette occasion : "la rumeur pouvait paraître crédible" et qui interdit d'en déduire s'il faut lire "la rumeur était crédible mais nous on ne la croyait pas" ou bien "la rumeur était si crédible qu'on y a cru". Cette affaire SocGen a été le point d'orgue de la semaine il est donc normal qu'elle tienne une place importante dans l'interview. Là aussi je suis stupéfait de lire "Quand je pense que certains ont lancé cette rumeur, pour vendre des actions à découvert et les racheter 20% moins cher deux jours plus tard, cela me met hors de moi.", non pas tant à cause du sentiment de révolte(4) mais parce qu'au moment même où l'action chute il n'est pas du tout question de mettre cela sur le dos de la vente à découvert. Ce n'est que vendredi je crois que ce mécanisme est révélé au grand public, et certainement parce que les allemands parlent alors de l'interdire... Sans compter qu'imaginer que les pratiques du trading sont habituellement bornées par une certaine morale ("Cette histoire me révolte") paraît assez artificiel...Cerise sur le gâteau si j'ose dire, Dimitri Andraos affiche ses états d'âme et fait preuve d'une empathie surprenante : "(...) ceux qui en pâtissent, ce sont les petits épargnants".
Passons au lendemain : "Mercredi, les marchés sont plombés par les rumeurs de dégradation de la note de la dette française." Etrange car dans mon souvenir la rumeur sur la dégradation de la note de la dette française a été lancée mardi, en même temps que la rumeur sur SocGen. Mais l'argument d'autorité doit prévaloir et considérons qu'entre lui et moi c'est sans doute lui qui a raison...
La fin de la semaine se passe mieux, les indicateurs revenant au vert. Du coup notre interviewé a "commencé à installer la fibre optique chez [lui] (...) pour pouvoir surfer sur le web plus rapidement pour lire les informations financières". Au-delà du coté "voyez jusqu'où va ma conscience professsionnelle" s'ajoute un brin(!) de vantardise car enfin cet homme n'installe pas physiquement la fibre optique chez lui. Plus prosaïquement cela se limite à un changement de "box" une fois le câble tiré, et c'est tout. Du coup l'iPhone redeviendra un simple téléphone amélioré j'imagine (voir supra)...

 

(1) La réunion du 2 août s'étant bien passé - accord trouvé in-extremis entre démocrates et républicain, la tendance générale était à dire que puisque accord il y avait, la notation était "sauvée", pour un temps du moins.

(2) Non pas par snobisme, non. Simplement parce que l'information y est donnée d'après moi de manière "brute" : les chiffres, rien que les chiffres.... Ce serait intéressant d'ailleurs de recueillir l'avis des professionnels du trading sur la qualité ou non de cette chaine.

(3) Apple a été cette semaine - et durant un temps très court - "l'entreprise la plus chère du monde" du seul fait de sa valorisation boursière.

(4) Swiss Life s'autorise t-il à utiliser de tel mécanismes ? Une réponse serait la bienvenue...

11:57 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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