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11/09/2011

Recycler le passé

ségolène royal,de gaulle,appel,contrat,primaires,parti socialisteségolène royal,de gaulle,appel,contrat,primaires,parti socialisteRecycler le passé. C'est ce qui m'est venu à l'esprit lorsque j'ai découvert le contrat de Ségolène Royal avec la Nation. Car enfin, comment ne pas se demander si la candidate aux primaires du parti socialiste ne se prend pas pour le Général de Gaulle ? On est en droit de se poser la question quand on accolle au contrat de la présidente de région Poitou-Charentes  l'appel historique du 18 juin 1940.

Même emblême de drapeaux entrecroisés surmontant le titre, même filet pour encadrer le texte(1), même signature dans la mesure où dans les deux cas le nom est lisible. Au "Vive la France !" qui conclut l'appel du Général de Gaulle, Ségolène Royal oppose un "Vive la Liberté, l'Egalité, la Fraternité !" auquel le point d'exclamation ne manque même pas. Alors plagiat ou volonté de secouer les consciences comme le souhaitait le Général lorsqu'il lança son cri ? Plus prosaïquement je ne vois ici qu'un simple recyclage du passé, traduisant implicitement une incapacité à créer. Par extension comment imaginer un programme politique neuf à partir d'une iconographie aussi ancienne(2) ?


(1) Juste le bleu-blanc-rouge de l'appel de juin 1940 transformé en un éventail de couleurs, symbole de la diversité de la France ?

(2) On considère qu'une oeuvre littéraire tombe dans le domaine public après 70 ans, ce qui permet cette ré-utilisation sans crainte de poursuite judiciaire. 

22/08/2011

Valeur absolue, valeur relative...

L'information est passée inaperçue, et compte tenu du contexte c'est bien compréhensible. J'ai donc appris par hasard qu'Arsène Wenger, entraîneur du club de football d'Arsenal avait écopé "de deux matches de suspension en compétition européenne pour avoir refusé de se conformer à une précédente décision de la commission de discipline de l'UEFA".
Dans les faits il est reproché à l'entraineur d'avoir fait usage de son téléphone portable alors qu'il n'aurait pas dû. Vous voyez que l'affaire finalement n'est pas bien grave. Mais c'est la fin de la dépêche de Reuters qui m'a fait bondir : "La commission de discipline de l'UEFA a par ailleurs infligé [au club] une amende de 10.000 euros". 
En valeur absolue 10 000 euros c'est une somme, vous en conviendrez. Mais rapporté au budget d'Arsenal c'est une minuscule goutte d'eau pour un budget estimé à 450 millions d'Euro. Pour mieux fixer les idées - et toute proportion gardée justement - cela revient à infliger à une personne gagnant 1600 Euros net par mois(1) une amende de... 3 centimes d'Euro. Gageons que le club n'aura pas de difficulté pour payer...

(1) Soit plus que le SMIC

18:08 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : football, arsenal, wenger, amende

13/08/2011

La crise, vue par...

La crise, vue par un gestionnaire de portefeuille et publiée par Le Figaro, ça doit être quelque chose. J'ai lu, et je n'ai pas été déçu. Tour d'horizon.

Pour commencer, Dimitri Andraos raconte qu'il a apprit la dégradation de la notation de la dette souveraine américaine par la radio. "J'avais beau m'y attendre, j'étais très inquiet" ajoute t-il. Sauf qu'il était a priori seul à s'y attendre car l'annonce a bel et bien eu l'effet d'une tornade, preuve s'il en était qu'en réalité personne ne s'y attendait(1). On a beau scruter les articles économiques des jours précédents, il était bien plus question de la Grèce (encore elle !), de l'Espagne, du Portugal, voire de l'Italie ou de la France. Mais des USA, point. Le gérant de portefeuille précise ensuite "J'ai passé la journée à gamberger en écoutant la radio", alors que moi - simple téléspectateur - j'ai suivi la même crise toute cette semaine en regardant CNBC(2). Après cette journée de samedi donc, place au dimanche où il nous dit que "j'ai surfé sur tous les sites d'infos depuis mon iPhone". J'imagine que cet homme dispose d'un ordinateur (voir infra) j'ai donc du mal à comprendre l'intrusion de l'Iphone ici : allusion subliminale à la valorisation d'Apple(3) ?
Arrive ensuite le lundi et la reprise du travail. Ce qui m'a le plus marqué tout au long de cette interview - et qui m'a poussé plus que le reste - à écrire ce billet, c'est qu'à aucun moment de l'article Dimitri Andraos ne parle de son vrai travail : Quel est-il ? Quels ordres a t-il reçu de ses clients, de sa hiérarchie ? Etait-ce la panique au bout du fil ? Lui a t-on demandé des conseils ? Quels changements par rapport à une journée plus calme ? Rien de tout cela ici et si on prend le récit au pied de la lettre cet homme a passé la matinée du lundi à analyser les annonces de la BCE sans rien faire d'autre... Une autre petite phrase m'a interpellé comme on dit, je vous la livre : "Mais quand on a appris que la BCE n'achetait pas tant que ça de titres italiens et espagnols, (...) tout s'est écroulé". Permettez-moi de marquer à nouveau ma surprise avec l'usage du verbe apprendre qui implique que cette opération ne se voyait pas sur les nombreux écrans qui habituellement fleurissent les salles de marchés. C'est comme si cette information était arrivée par un canal extérieur (la radio ?). Je m'attendais plutôt à lire "Mais quand on a vu que la BCE...".
Mardi était la journée de rumeurs autour de la Société Générale. Difficile de comprendre d'après l'interview si à Swiss Life on a accordé du crédit à cette information ou pas. Notez la belle précaution oratoire utilisée à cette occasion : "la rumeur pouvait paraître crédible" et qui interdit d'en déduire s'il faut lire "la rumeur était crédible mais nous on ne la croyait pas" ou bien "la rumeur était si crédible qu'on y a cru". Cette affaire SocGen a été le point d'orgue de la semaine il est donc normal qu'elle tienne une place importante dans l'interview. Là aussi je suis stupéfait de lire "Quand je pense que certains ont lancé cette rumeur, pour vendre des actions à découvert et les racheter 20% moins cher deux jours plus tard, cela me met hors de moi.", non pas tant à cause du sentiment de révolte(4) mais parce qu'au moment même où l'action chute il n'est pas du tout question de mettre cela sur le dos de la vente à découvert. Ce n'est que vendredi je crois que ce mécanisme est révélé au grand public, et certainement parce que les allemands parlent alors de l'interdire... Sans compter qu'imaginer que les pratiques du trading sont habituellement bornées par une certaine morale ("Cette histoire me révolte") paraît assez artificiel...Cerise sur le gâteau si j'ose dire, Dimitri Andraos affiche ses états d'âme et fait preuve d'une empathie surprenante : "(...) ceux qui en pâtissent, ce sont les petits épargnants".
Passons au lendemain : "Mercredi, les marchés sont plombés par les rumeurs de dégradation de la note de la dette française." Etrange car dans mon souvenir la rumeur sur la dégradation de la note de la dette française a été lancée mardi, en même temps que la rumeur sur SocGen. Mais l'argument d'autorité doit prévaloir et considérons qu'entre lui et moi c'est sans doute lui qui a raison...
La fin de la semaine se passe mieux, les indicateurs revenant au vert. Du coup notre interviewé a "commencé à installer la fibre optique chez [lui] (...) pour pouvoir surfer sur le web plus rapidement pour lire les informations financières". Au-delà du coté "voyez jusqu'où va ma conscience professsionnelle" s'ajoute un brin(!) de vantardise car enfin cet homme n'installe pas physiquement la fibre optique chez lui. Plus prosaïquement cela se limite à un changement de "box" une fois le câble tiré, et c'est tout. Du coup l'iPhone redeviendra un simple téléphone amélioré j'imagine (voir supra)...

 

(1) La réunion du 2 août s'étant bien passé - accord trouvé in-extremis entre démocrates et républicain, la tendance générale était à dire que puisque accord il y avait, la notation était "sauvée", pour un temps du moins.

(2) Non pas par snobisme, non. Simplement parce que l'information y est donnée d'après moi de manière "brute" : les chiffres, rien que les chiffres.... Ce serait intéressant d'ailleurs de recueillir l'avis des professionnels du trading sur la qualité ou non de cette chaine.

(3) Apple a été cette semaine - et durant un temps très court - "l'entreprise la plus chère du monde" du seul fait de sa valorisation boursière.

(4) Swiss Life s'autorise t-il à utiliser de tel mécanismes ? Une réponse serait la bienvenue...

11:57 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0)

11/06/2011

Petits calculs nucléaires

Le Nouvel Observateur publie sur son site internet un extrait - sans le commenter ou le critiquer - du dernier ouvrage de Corinne Lepage, "La vérité sur le nucléaire". Le grand adepte que je suis du fact checking ne pouvait pas laisser passer l'occasion de vérifier les dires de la présidente de CAP21. Ainsi, "Dans son rapport de janvier 2005, la Cour des comptes estimait les sommes nécessaires au démantèlement à 38 milliards (valeur 2003)", et l'auteur de conclure "Ce chiffre est très modeste". Pour preuve, Corinne Lepage annonce ensuite que le démentèlement de réacteurs à l'étranger est bien plus onéreux, 1 millard 700 millions d'Euros au mieux en Suède, et même plus de 5 milliards d'Euros en Grande-Bretagne. Ce que la présidente de CAP21 veut nous dire ici, c'est que les sommes annoncées en France sont très largement sous-estimées, puisque "Si ces méthodes d’évaluation étaient retenues en France, le coût du démantèlement de nos 58 réacteurs devrait être évalué entre 100 et 200 milliards d’euros !". Bigre...
Mais là où démonstration s'arrête d'après moi c'est quand Corinne Lepage prend exemple sur la centrale de Brennilis : son démentèlement, "(...) reposait sur une évaluation de 300 millions de francs d’après une étude d’EDF réalisée en 1999, soit près de 50 millions d’euros actuels." L'auteur ajoute ensuite que "Le démantèlement total de Brennilis est, aujourd’hui, estimé à un demi-milliard d’euros."
S'il doit y avoir scandale il n'est pas là : La cour des comptes parlait de 38 milliards pour 58 réacteurs, soit 650 millions d'Euros par réacteur. Si démenteler Brennilis coûte 500 millions, 58 réacteurs mutipliés par un demi milliard font 29 milliards. On est loin des 100 à 200 milliards d'Euros dénoncés par l'ouvrage, même en tenant compte de l'inflation depuis 2003.

 

 

04/06/2011

La course à l'échalotte

(Billet publié pour la première fois le 25 avril 2011)
C'est vraiment le sentiment que j'ai à propos de deux événements qui n'ont rien à voir entre eux au premier abord. En premier lieu le séisme du Japon de Mars dernier et ses conséquences nucléaires. Le programme politique d'Europe-Ecologie Les Verts prévoyait dans un premier temps une sortie du nucléaire sur trente ans. La catastrophe survenue il a fallu revoir le programme et parler de 25, puis 20 ans. Les plus militants - qui actuellement font une grève de la faim tournante à Fessenheim - réclament eux une sortie en 10 ans.
Un autre exemple de course à l'échalotte nous est donné par l'UMP - qui préparant l'argumentaire lié au bilan de ces cinq dernières années(1) - nous parlent des crises. Il y en avait deux (une financière, l'autre économique(2)), puis 3, puis 3 ou 4 d'après Xavier Bertrand la semaine dernière. Georges Tron vient d'en ajouter une en disant textuellement lors de son passage au "Grand Jury" qu'on a connu depuis 2007 "4 ou 5 crises majeures". Allez, encore un petit effort en grimpant sur le mat de cocagne...

Complément du 8 mai 2011

Jean-François Copé énumère sur le site de l'UMP toutes les crises : "Depuis 2007, la France et le monde ont été secoués par une succession sans précédent de crises globales : économique et sociale, financière et monétaire, environnementale et énergétique, géopolitique". Selon l'interprétation que l'on se fait du "et" nous comptons de 4 à 7 crises.

Complément du 20 mai 2011

Interrogée le 16 mai dernier sur RMC-BFMTV par Jean-Jacques Bourdin, Cécile Duflot affine encore son discours sur la sortie du nucléaire et parle d'"un scénario qui permet de sortir du nucléaire sur 15 à 25 ans, suivant le progrès qu'on fera sur les énergies renouvelables".

Complément du 4 juin 2011

Fin de course pour la sortie du Nucléaire en ce qui concerne Cécile Duflot. Elle l'a annoncé lors du 1er conseil fédéral, le programme présidentiel de 2012 contiendra une loi de sortie du nucléaire "en 20 ans". Ce n'est pas une surprise, c'est la fourchette basse qui a été retenu.

(1) J'anticipe à peine en incluant l'année 2012 dans mon propos.
(2) Ce n'est pas la même crise avec deux noms différents, non non !

 
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