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20/01/2010

Contre : la double rémunération d'Henri Proglio

Il faut s'indigner de la double rémunération auquelle a droit Henri Proglio, on ne peut pas faire autrement. Pas tant à cause du montant - encore que, et je vais y revenir - mais à cause d'une certaine notion du service public qui part à vau-l'eau.
Je suis partisan de deux grands principes dans le cas qui nous préoccupe : D'abord à un emploi public doit correspondre une rémunération publique. J'espère que c'est le cas ici et que rien de caché n'est caché, oserais-je dire. C'est le devoir de l'Etat que de rendre le plus transparent possible les rémunérations qu'il accorde(1). Second grand principe, le devoir du serviteur de l'Etat, en l'occurence celui d'Henri Proglio himself. Servir l'Etat c'est servir seulement et uniquement l'Etat, ce n'est pas se servir sur le dos de l'Etat. S'il avait un peu de noblesse d'âme, Henri Proglio ferait taire la polémique en annonçant qu'il se contentera (sic) de son salaire d'électricien... Mais au fond peu importe les conditions dans lesquelles cet homme est maintenant à la tête d'EDF. Il se doit tout entier à sa nouvelle entreprise. Ce devrait être un point fondamental, non négociable comme on aime à dire dans ces milieux. Hélas, tout cela disparaît petit à petit et l'Etat se comporte de plus en plus comme s'il était lui-même une entreprise privée, au moins en matière de recrutement de PDG de grands groupes publics(2). Il ne manquerait plus que le golden parachutes(3) ou autre stock-options(4) pour que la boucle soit bouclée.
Avant de vous laisser un mot donc sur la rémunération brute(5). Comme beaucoup je la trouve trop élevée en valeur absolue, mais à mes yeux la véritable injustice est ailleurs : Qui peut raisonnablement cautionner que dans une entreprise publique l'écart de rémunération entre le salaire le plus faible et le plus élevé soit d'un facteur 76 ?(6)(7).

(1) En paraphrasant la déclaration des droits de l'homme et du citoyen je dirais que "toute rémunération cachée ne peut être fondées que sur l'utilité commune". Je prend toutefois acte que la rémunération du PDG d'EDF soit rendue publique. C'est après tout un minimum.
(2) François Fillon, premier ministre, a justifié la double rémunération sur le thème du "nous avons été le chercher..."
(3) Anglicisme employé ici à dessein puisqu'entendu de la bouche de Laurence Parisot.
(4) Rappel, EDF est coté en bourse.
(5) Comprendre : en dehors de tout autre considération.
(6) Plus élevé 1 600 000 Euros annuel. Plus faible, 1 600 Euros sur 13 mois soit 20 800 Euros annuel. Et encore vous aurez noté que je surestime probablement le salaire le plus faible d'EDF, ne le connaissant pas de manière précise.
(7) Pour mieux fixer les idées cela signifie que le "plus faible" salarié d'EDF mettrait 6 ans et 3 mois pour avoir un mois du salaire de l'actuel PDG de son entreprise.

Complément du 21 janvier 2010

Henri Proglio a renoncé à sa rémunération liée à Véolia. N'oublions pas toutefois que ce sont sur les deniers publics qu'est versé son salaire. Puisse t-il seulement être justifié par des actes qui démontreront que lui seul pouvait entreprendre ce qu'on attend d'un PDG de grand groupe...

20:21 Publié dans Contre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : edf, proglio, rémunération

23/01/2009

Contre : l'article 13 du Projet de loi organique relatif à l'application des articles 34-1, 39 et 44 de la Constitution

Je suis contre le projet de loi organique relatif à l'application des articles 34-1, 39 et 44 de la Constitution, et plus particulièrement contre son article 13. Je prend ici fait et cause pour l'opposition menée par le groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, car ce texte ultra-technique pour le grand public cache bien son venin : le baillonnement de toute velléité à s'opposer. La goutte d'eau a été l'escamotage mardi soir du débat autour de ce fameux article 13. Pour celles et ceux qui n'ont pas tout suivi ou tout lu, voici mon résumé de l'affaire : Ce projet de loi organique visant à réduire à la portion congrue les possibilités de l'opposition à s'opposer, cette dernière se lance dans la "bataille des batailles", entre amendements, suspensions de séances et autres rappels au règlement. Pour avoir suivi de nombreuses heures durant le débat sur Internet, je peux en témoigner. Vendredi 16 au soir, premier gros couac avec l'escamotage de sous-amendements, venant après le refus par la Présidence de l'Assemblée d'examiner 1015 amendements avant même le début de l'examen du texte. Suspicions également envers ce mystérieux collaborateur venant filmer le début de la séance, et artifice sémantique du Président de la séance pour justifier cela ("Personne ne filme" en réponse à la question "Quelqu'un a t-il filmé ?"). Mystère à éclaircir autour du résultat du vote de certains amendements (de mémoire 58 voix contre, alors que 27 députés UMP et Nouveau Centre sont présents ; même avec un pouvoir par député, cela ne fait que 54, pas 58...). Surprise Lundi soir, où les députés UMP et Nouveau Centre sont en infériorité numérique, obligeant le Gouvernement à multiplier les procédures pour éviter tout vote : suspensions de séances, mise en réserve des amendements au lieu de les voter. Mais ce que j'ai retenu de tout ces débats, c'est que depuis le début de l'examen du texte l'opposition prévient :"Vous verrez ce que vous verrez lorsque nous examinerons l'article 13...". J'attendais donc de savoir quels étaient les arguments des uns et des autres. Hélas pour moi et pour le débat, le gouvernement a refusé l'obsctacle et réclamé un vote sans débat ou presque sur l'article 13...vous connaissez la suite.

On s'est focalisé tout dernièrement sur le "temps-guillotine", le fait de déterminer un temps maximum pour discuter d'un texte. Outre que cela peut être très variable selon les sujets, le danger à mes yeux de cet article 13 est ailleurs. Lisez-le avec moi :

"Article 13
Les règlements des assemblées peuvent, s’ils instituent une procédure impartissant des délais pour l’examen d’un texte, déterminer les conditions dans lesquelles les amendements déposés par les membres du Parlement peuvent être mis aux voix sans discussion."

Sans vouloir paraphraser le texte, il s'agit de mettre en place un mécanisme qui détermine les conditions dans lesquelles les amendements déposés par les membres du Parlement peuvent être mis aux voix sans discussion. Sans discussion, donc sans débat. C'est donc moins la possibilité de déposer des amendements que celle d'en débattre qui est en cause. A ce point de ma réflexion j'ai bien conscience des dérives ou de l'abus qui a été fait autour de la dépose d'amendements. Ma solution - toute personnelle - serait la suivante : Chaque député ne peut déposer qu'un maximum de deux amendements par texte, et prendre la parole pour les défendre durant 5 minutes à chaque fois. Les amendements doivent être défendus en séance par le député qui l'a rédigé, et aucun pouvoir ne peut être donné. De la même manière l'amendement est réputé individuel (fin de la mention "et x de ses collègues") ; bien entendu il ne peut plus être "repris".

Ma proposition résoud - du moins je le crois - les soucis des deux camps :

  • Réduction drastique du nombre d'amendements (237 députés hors ceux de l'UMP et du Nouveau Centre, cela fait un maximum théorique de 474 amendements contre tout texte du gouvernement actuel).
  • Par effet mécanique, réduction du temps passer à examiner la loi.
  • Conservation des "acquis" de l'opposition : possibilité laissée à chaque député de rédiger deux amendements, et de les défendre en séance(1).

Ce projet de loi organique reste dangereux pour notre démocratie, il ne faut pas avoir peur de le dire ou de l'écrire. La loi sera votée car telle est son destin, mais il reste deux possibilités de la voir (largement?) amendée : le Sénat - qui doit voter dans les mêmes termes que l'Assemblée Nationale - et le Conseil Consitutionnel qui pourra éventuellement modifier le texte. Attendons, mais quoi qu'en disent les députés UMP, on ne pourra pas leur dire "merci" plus tard d'avoir fait cette loi.

(1) Ceci pourrait être assimilé toutefois à de la régression, puisqu'à ce jour chaque député peut déposer un nombre illimité d'amendements.

30/11/2008

Contre : la réforme de l'audiovisuel public

J'ai déjà eu l'occasion de le dire ici et , je suis contre la réforme de l'audiovisuel public. En tout premier lieu parce que le but n'est pas de réformer l'audiovisuel public. Le but est bel et bien le transfert des recettes publicitaires du service audiovisuel public vers le service audiovisuel privé (les plus pervers des lecteurs appeleront cela....une réforme !). Je maintiens néanmoins mon argumentation – argumentation que je n'ai encore vu nulle part ailleurs – qu'un objectif majeur est de transférer également un maximum d'audience. Voyez avec quel zèle, quel acharnement pourrait-on dire, on veut à tout prix du culturel et de l'éducatif chaque soir. L'idée est bel et bien de ne pas inciter le télespectateur à regarder des chaines sans pub, et le meilleur moyen est de proposer des programmes "nuls".
Je passe sur le cadeau financier, car d'autres que moi l'expliquent très bien. Je veux seulement ajouter que le scandale est non seulement dans l'aide financière aux chaînes, mais aussi dans l'assouplissement législatif lié à la publicité : seconde coupure publicitaire pendant les films, passage de 6 à 9 minutes de publicité par heure, et comble du raffinement, passage du comptage par heure glissante au comptage par heure d'horloge. Si jamais vous n'êtes toujours pas convaincus que tout ceci n'est qu'une vaste "arnaque" pour donner de l'argent à TF1 et M6, demandez-vous pourquoi le service public audiovisuel n'aura finalement jamais bénéficié de cette sous-réforme publicitaire...
Le passage à l'heure d'horloge est un vrai scandale, un scandale scandaleux serais-je tenté d'écrire. Mais qui va descendre dans la rue pour réclamer le maintien de l'heure glissante ?

 

23/10/2008

Contre : la nouvelle réforme scolaire

Je ne suis pas parent d'élève, et pourtant je suis contre la nouvelle réforme proposée par Xavier Darcos. Non pas qu'elle est mauvaise en soi, mais tout simplement parce qu'elle est condamnée d'avance. Que cette énième réforme soit bonne ou mauvaise pour nos enfants est ici totalement secondaire, et c'est aussi un élément qui fait que je suis "contre".
Depuis plus de 30 ans - car pour moi tout a commencé avec la réforme "Haby" - je n'ai plus compté le nombre de réformes proposés par nos ministres. Une bonne douzaine sans doute, ce qui donne une durée de vie moyenne de 36 mois. La qualité du ministre n'est ici pas en cause, car après tout nous avons des chercheurs (Claude Allègre), des professeurs (Jack Lang, François Bayrou), et plus rare, des philosophes (Luc Ferry). On ne peut tout de même pas leur reprocher de ne pas connaître l'Education Nationale. Pour moi la vérité est ailleurs : la "bonne" réforme est celle qui engage au-delà de la durée du mandat du ministre en exercice, et qui a la garantie que l'opposition n'y touchera pas. Quel avenir à la réforme Darcos alors : en 2012 - dans à peine 4 ans - une nouvelle élection présentielle aura lieu. En cas d'alternance, nul doute que le nouveau pouvoir en place s'empressera de proposer "sa" réforme. Il faut dénoncer ce cercle trop vicieux pour l'éducation de nos enfants. Je n'arrive pas à me faire à l'idée que l'enseignement soit avant tout un enjeu "politique" au lieu d'être un enjeu national. Le consensus devrait pourtant être facile à trouver, nous voulons bel et bien tous la réussite optimale pour un maximum d'élèves.
Pour conclure j'ajouterai que je suis las de ces querelles stériles qui n'amènent rien. Depuis plus de trois décennies se sont les mêmes rengaines. Il serait temps de passer à autre chose...

31/08/2008

Contre : le racisme

C'est un véritable truisme que de dire que je suis contre le racisme. Pourtant un événement que j'estime pas assez développé dans les médias me fait prendre la plume : Samedi 30 août donc, à l'occasion d'un match de football que l'on peut vraiment qualifier d'ordinaire (Nancy contre Le Havre), des supporters messins et havrais ont été agressés. Leur crime : avoir développé un réseau d'amitié entre supporters. C'en était sans doute trop pour quelques messins qui – sans jeu de mot – ne l'ont pas supporté. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais au-delà des faits (rixes, blessures), ces individus devraient être poursuivis pour 'agression aggravée à caractère raciste', rien de moins. Il y a ici la "haine de l'autre", la haine de celui qui n'est pas comme nous, qui est différent. Ce type de racisme est le pire, si tant est qu'il faille classer les différentes manières d'être raciste. Car enfin, être supporter de l'équipe de football de Metz, du Havre, de Nancy, de l'OM ou du PSG, quelle différence ? Moi-même je me défini comme un supporter du Football, point. Mon équipe gagne ? Tant mieux ! Elle perd ? Tant pis ! Puisse tout le monde avoir ce même état d'esprit en allant au stade.

17:37 Publié dans Contre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : racisme, football, supporter

 
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