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04/11/2014

Climat : Les interrogations d'un interrogationniste

Le dernier rapport du GIEC (AR5) vient d'être rendu public et le moins que l'on puisse dire est qu'il est plus alarmiste que jamais. Mais c'est surtout la déclaration de John Kerry qui m'a poussé à de nouveau écrire sur ce sujet. En effet pour le secrétaire d'Etat américain « ceux qui décident d'ignorer ou de contester la science [...] nous mettent tous en danger, ainsi que nos enfants et petits-enfants ».
Moi qui reste un interrogationniste je suis plus que montré du doigt face à cette déclaration, surtout que je ne suis l'envoyé d'aucun lobby, je n'ai aucun intérêt à défendre et je n'attends rien en retour de tout ce que je peux dire ou écrire.
Mais comme dans le même temps je persiste à contester certains points évoqués par le GIEC (dont les prédictions, même si ce n'est pas là le sujet de mon billet) je ne sais plus comment dois-je me décrire. Pour le dire de manière diplomatique je suis au mieux un irresponsable* puisque le réchauffement climatique ne peut plus être ignoré, dixit ce même GIEC. Tant pis pour moi donc, qui continue à (se) poser des questions.
Toutefois je vais commencer ce billet par le seul point que j'ai trouvé positif dans ce rapport. à savoir de combien la température de la Terre avait-elle évolué depuis un siècle. Selon le GIEC l'augmentation a été de +0.85° C entre 1880 et 2012. Je ne vais pas ergoter sur le choix des dates, après tout en climatologie nous ne devrions pas être à une dizaine d'années près, seulement noter que cela ne fait vraiment pas beaucoup, surtout si l'on regarde le climat moyen qui régnait sur Paris en toute fin de XIXème, début du XXème siècle. A cette époque on patinait sur la Seine** en hiver car le fleuve était pris par les glaces durant de longues semaines. Je reste très surpris de voir que moins d'un degré de hausse ait eu pour conséquence la disparition totale du gel de la Seine.
Un autre  point sur lequel je persiste à m'interroger repose sur la qualité des mesures et la mesure en elle-même. A en croire le GIEC on est donc capable de mesurer la température moyenne de la Terre à 0,01°C près et ce sans marge d'erreur (ou alors avec une marge inférieure à 0,004° C). Passionné d'astronomie je suis bien placé pour savoir que dans certains domaines la précision est parfois époustouflante (ex. la vitesse de la lumière) mais ici je n'arrive pas à comprendre la méthode. Il existe des thermomètres capables de mesurer une température à 0,01° C près certes mais pour un environnement où justement la température ne varie pas d'un millième de degré. J'imagine que "dehors" la mesure se trouble au moindre phénomène, qu'elle évolue seconde après seconde. Quel est l'intérêt scientifique d'avoir ce degré de précision ? (sans jeu de mot). A quel moment se prend la température ?
Et puis comment se calcule la température moyenne de la Terre entière ? Là aussi je n'imagine pas un instant un thermomètre au Panthéon, un autre au Sahara et un troisième au Pôle Nord pour ensuite faire la somme des températures et diviser par 3. Comment fait-on alors ? La communauté scientifique est-elle d'accord avec le protocole de mesure ? Enfin dernière interrogation sur ce thème pourquoi n'arrive t-on pas à connaître jour après jour cette température moyenne ? Comment évolue t-elle d'une semaine sur l'autre, d'un mois sur l'autre ?
Là où je veux en venir est que je suis prêt à parier que ce qui est annoncé comme une "moyenne" n'est pas la division de la somme des mesures par leurs nombres mais le résultat d'une formule complexe qui n'est ni publiée ni encore moins expliquée dans le rapport. Le GIEC est silencieux sur ce thème, sans doute parce que tout simplement personne ne l'a jamais interrogé sur ce sujet. Il serait bon que quelqu'un le fasse. 

* Et au pire je suis un négationniste avec toute la connotation péjorative que ce terme implique...

** Relire ce que j'écrivais en 2013, notament le point c) 

18:41 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0)

14/04/2014

Je n'y crois pas : le réchauffement climatique (VIII)

Les rapport du GIEC se suivent et hélas se ressemblent. Pour moi qui reste un "interrogationniste", ce n-ième document continue de jeter de l'ombre et non de la lumière sur le réchauffement climatique. L'article du Monde publié ce jour est un bon résumé de ce qu'annonce l'organisation aussi vais-je me baser dessus pour préciser ma réflexion.
Le premier point concerne ce que j'avais relevé dans mon dernier billet sur le sujet, à savoir le recul de l'horizon. Pour la première fois dans un rapport du GIEC il est fait explicitement référence à la période "2081-2100", un horizon vous en conviendrez assez lointain. Comme je l'ai déjà écrit, j'aurais bien voulu lire une "auto-critique" ou du moins un retour sur expérience par rapport au premier rapport justement, et qui date de 1992, il y a déjà 22 ans. C'est non seulement plus que la période 2081-2100 mais de surcroît nous avons des données historiques. Notamment j'aurais bien voulu comprendre pourquoi le "plateau" que nous venons de connaître (en dépit des années chaudes qui se succèdent année après année la croissance de la température au niveau mondial ne progresse pas, c'est l'effet "plateau"), n'a pas pu être détecté par les différents modèles. Pour le dire autrement, pourquoi ces modèles qui nous prédisent un fort réchauffement seraient justes s'ils n'ont pas été capables de prédire cette stagnation dans les températures.
Autre point sur lequel je voudrais dire un mot, ce sont les fourchettes. J'ai tout de même l'impression que plus on avance dans ce XXIème siècle et moins les modèles sont précis. Selon le Monde "Les modèles climatiques prévoient, selon quatre scénarios plus ou moins pessimistes, une élévation de la température comprise entre 0,3 °C et 4,8 °C pour la période 2081-2100, par rapport à la moyenne de 1986-2005" ce qui revient peu ou prou à dire qu'on est incapable de prédire de combien sera cette hausse. Idem pour l'élévation du niveau des océans : Nous sommes passé de l'intervalle "18-59cm" en 2007 à l'intervalle "26-98cm" avec ce rapport. C'est-à-dire qu'en 7 ans l'imprécision qui était de 41cm est maintenant de 72cm ! Beau progrès...
Enfin je trouve que le GIEC va bien au-delà de ses prérogatives en décrivant les conséquences économiques, sociales et politiques du réchauffement qu'il annonce. Sans compter que certaines phrases laissent perplexes telle celle décrivant l'Afrique comme un continent qui manque d'eau ou encore l'allusion à la sécheresse du sud de l'Australie, situé en plein désert...
Bref ce n'est pas encore avec ce rapport-ci que je serai convaincu que "l'élévation de la température terrestre relevée depuis le milieu du XXe siècle est bel et bien le fait de l'accumulation des gaz à effet de serre d'origine humaine". Avec le prochain alors ? Rien n'est moins sûr...

 

08/03/2014

Snake, le virus qui fait se mordre la queue aux journalistes

On peut lire aujourd'hui dans le Figaro qu'"un virus informatique très puissant a infiltré des ordinateurs en Ukraine". Ce n'est pas en soi une nouvelle si extraordinaire que cela, toute personne ayant eu dans sa vie un ordinateur a été confronté au problème au moins une fois.
Mais la lecture de l'article laisse un goût d'inachevé. On parle de "22 cas depuis 2013, dont 14 constatés depuis le seul début de l'année". Mais parle t-on de 22 ordinateurs, de 22 serveurs ou de 22 organismes ? Impossible de le savoir en lisant l'article. Plus étrange encore "Les opérateurs de ce virus agissent en semaine et essentiellement dans un fuseau horaire correspondant à Moscou". Il faut lire plus bas pour comprendre cette dernière phrase, car c'est la première fois que je découvre qu'un pirate se préoccupe du fuseau horaire. L'article du Figaro ne fait que reprendre en fait un article du Financial Times*. Las, l'original est différent de la copie ou pour le dire plus brutalement, la traduction qui en a été faite a été très imprécise. Que dit FT ? Ceci : " (...) its programmers appear to have developed it in a GMT+4 timezone – which encompasses Moscow – according to clues left in the code", ce que je traduirais rapidement par "selon les indices laissés par le code, il semble que les programmeurs [du virus] qui l'ont développé soient sur le fuseau horaire GMT+4 qui englobe Moscou". Comme vous pouvez le voir, cela n'a rien à voir.
Si seulement c'était là la seule imprécision du Figaro, mais non ! Selon le quotidien français "Snake est comparable au virus informatique Stuxnet, qui avait attaqué en 2010 le programme nucléaire iranien et avait été attribué par Téhéran à une attaque israélo-américaine.". Là aussi se référer à l'article du Financial Times permet de trouver une nuance de taille : "experts say it is comparable in its complexity with Stuxnet" ce qui se traduirait par "les experts estiment que ce virus est comparable en complexité à Stuxnet". Comparable en complexité pas comparable "simplement", ce qui laisserait croire que les auteurs de l'un pourraient être aussi les auteur de l'autre. Enfin omission volontaire ou pas, le Figaro oublie de donner le nom du serpent "Snake" : Ouroboros qui dans la mythologie grecque avalait sa propre queue...

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24/01/2014

Vente forcée

Le Journal Officiel a publié ce jour* le nouveau règlement du jeu Euro Millions. La modification n'est pas mince puisqu'à compter du 1er Février prochain l'Euro Millions tel qu'on le connaît disparaîtra au profit de "Euro Millions-My Million", barbarisme improbable sorti tout droit d'une séance de brainstorming particulièrement efficace.

L'article 2 du règlement nous apprend en quoi consistera ce nouveau jeu : "L’offre de jeux « Euro Millions-My Million » est composée de deux jeux commercialisés obligatoirement ensemble" à savoir l'Euro Millions tel que nous le connaissons et son petit frère anglophile "My Million". Le règlement précise ce qu'il y a derrière "My Million" : "[Le] jeu (...)consiste en l’attribution automatique d’un code alphanumérique pour chaque Combinaison Simple enregistrée sur le système informatique central de La Française des jeux."
Les modalités d'attributions sont ici accessoires car l'essentiel est ailleurs : La participation à "My Million" est obligatoire dès lors que vous validerez une grille "Euro Millions".

Comme il est dit de manière fort élégante par la Française des Jeux, l'"EuroMillion - My Million" est un jeu de contrepartie. Mais pour le joueur cette contrepartie passe de 2€ à 2,50€ soit tout de même 25% d'augmentation ! L'entrée en jeu de "My Million" et sa présentation simili High-Tech ne doit tromper personnne, ce n'est rien d'autre que de la vente forcée d'un billet de loterie**.

J'ai joué à Euro Millions de manière régulière jusqu'à présent mais je suis farouchement opposé à ce futur système. Dès lors mon choix est fait : Je vais comme on dit déporter mes (modestes) mises vers d'autres jeux.

* Point 42 du Journal Officiel du 24 Janvier 2014
** 1 joueur tiré au sort gagnera 1 million d'Euros. Il n'y a pas d'autres lots en jeu sur "My Million"

21/12/2013

Pour un juste prix du livre numérique (II)

Le livre de poche a eu 60 ans et se porte bien. Mais au moment où le e-book prend enfin son envol il est temps de s'interroger sur le modèle économique qui se met en place. Je n'ai de cesse de dénoncer sur ce blog le prix exhorbitant du e-book, et je continuerai de le faire tant que ce sera nécessaire. Mais revenons un instant sur le livre de poche. S'il a été inventé c'était pour deux raisons : Primo offrir un format unique au livre - alors qu'il variait d'un éditeur à un autre - et secundo réduire au maximum le coût afin d'offrir le meilleur prix possible au lecteur. La contrepartie étant bien sûr un décalage entre la date de sortie du livre chez l'éditeur et sa publication en poche. Mais reconnaissez que l'écart de prix (près de 50%) entre les deux versions est justifiée.
Aujourd'hui aucun éditeur - je dis bien aucun - ne propose d'e-book à 50% du prix papier(*). Le plus gros écart que j'ai vu est de tout juste 20%. Pire encore, la plupart du temps le e-book est vendu au même prix que la version papier, preuve par l'absurde qu'un des deux est vendu beaucoup trop cher. Je défends ici l'e-book à 4 Euros selon le détail suivant : 1 Euro pour l'éditeur, 1 Euro pour la plateforme de vente et 2 Euros pour l'auteur au titre du droit d'auteur. Je pense que c'est là le prix idéal du e-book. Je vais même aller plus loin : Le droit actuel m'interdit de monter une telle plateforme quand bien même pour chaque exemplaire vendu du dernier Mussau ou du dernier Marc Levy je reversais 1€ à l'éditeur et 2 à l'auteur. Or je pense être fiable économiquement en ne prenant qu'1€ par achat effectué.
Ce que je veux démontrer c'est que tel qu'il est construit, le modèle économique actuel ne permet pas l'invention du 'e-book de poche', ce qui est bien regrettable.

(*) La meilleure performance revient au Journal Officiel, publication austère s'il en est. Alors que l'abonnement "papier" coûte 132€ l'an la consultation au jour le jour de la version numérique est totalement gratuite.

15:19 Publié dans Pour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, livre numérique, e-book

 
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