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06/12/2013

Exégèse d'un communiqué

La mort de Nelson Mandela a un retentissement planétaire. Les communiqués sont innombrables mais il y en a un que j'attendais, que j'espérais dois-je ajouter : C'est celui du Front National. Pourquoi "espérer" ? Tout simplement parce que - hasard du calendrier - j'ai le mois dernier publié un article sur Agoravox intitulé "Les ratés de la dédiabolisation du Front National" et dans lequel Nelson Mandela était évoqué au travers de l'interview sur RTL de Marion Maréchal-le Pen "qui ne voit en Nelson Mandela qu'un "ancien militant trotskyste" au parcours "honorable" ; "très honorable" finit-elle par concéder lorsqu'on s'étonne de ce qualificatif".
Dès que j'ai appris le décès du Père de la Nation Sud-Africaine j'ai repensé à ce passage. J'ai longtemps imaginé que le FN ne ferait pas de communiqué, passerait sous silence ce moment d'actualité. Je dois admettre ici que je me suis trompé, le communiqué existe. Il est à mes yeux emblématique du mode de pensée frontiste et je me propose ici d'en faire l'exégèse.
"Avec la mort de Nelson Mandela, c’est une grand voix de l’Afrique qui s’éteint." Rien à dire sur le début du communiqué, si ce n'est la coquille sur "grand".
Mais dès la seconde phrase - qui fait tout un paragraphe - le propos est savamment nuancé. Selon Marine le Pen Nelson Mandela a "[sorti] son pays de la guerre civile en le préservant des déchirures". De quelles déchirures est-il ici question ? La présidente du Front National omet - volontairement je pense - d'écrire le mot "apartheid". Nelson Mandela a mis fin à l'apartheid en Afrique du Sud, point. A moins que l'expression "guerre civile" doive être interprétée comme un synonyme exact d'apartheid. Le plus curieux c'est la motivation que Marine le Pen décèle. Si donc la guerre civile a pu cesser, si Nelson Mandela a reussi cela c'est "par patriotisme et par amour de son peuple". On peut se demander ici de quel "peuple" il est question : Est-ce uniquement le "peuple noir" ou de tout le peuple sud-africain sans disctinction de couleur de peau ? 
"Nelson Mandela a su imposer la paix et la réconciliation" poursuit la présidente du Front National dans son communiqué. Mais non pas grâce à son charisme ou à ses choix politiques, non. C'est par son "autorité", un épithète qui est en bonne place dans le discours frontiste au quotidien. 
La conclusion du communiqué est tout aussi étrange. Si Marine le Pen écrit que Nelson Mandela "marquera incontestablement l’histoire", ce ne sera pas à cause de son combat, de sa vie si riche ou de son prix Nobel de la Paix(1). C'est sa "victoire sur la division, la haine et la revanche" qui le fait entrer parmi les grands hommes. Drôle d'hommage.

(1) Prix Nobel obtenu en 1993 en compagnie du président de l'époque de l'Afrique du Sud, Frédérik de Klerk. 

30/09/2013

Taxe à 75%, my foot !

La taxe à 75% verra donc le jour, y compris pour les clubs de football : My foot !
On a beau nous assurer que ces clubs n'auront pas de régime dérogatoire, ce sera bel et bien le cas puisque les textes prévoient un plafonnement "à 5% en fonction du chiffre d'affaires des clubs". Si ça ce n'est pas de la dérogation ... Je suis d'ailleurs curieux de savoir combien de clubs seront concernés par cette disposition.
Il faut également lire la déclaration de la ministre des sports pour justifier cette entorse : "(...) nous avons pris en compte la fragilité [du] modèle économique". Fragilité économique dites-vous ? A quoi sert la DNCG* alors ? A seulement rétrograder  vers les amateurs le FCR, le Football Club de Rouen** ? Hélas trois fois hélas, l'adage "Fort avec les faibles, faible avec les forts" se vérifie une fois de plus...

* La DNCG est l'organisme de la FFF chargé de surveiller les finances des clubs professionnels. Pour résumer ces derniers ont l'obligation - sous peine de sanctions - d'avoir des comptes équilibrées.

** L'actuelle ministre des sports était auparavant maire de Rouen, tout un symbole...

18:07 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : football, taxe, 75%, dncg

27/09/2013

Je n'y crois pas : le réchauffement climatique (VII)

Le dernier rapport du GIEC ne m'a pas fait changé d'avis, je reste un interrogationniste(1). A la suite de tous mes billets sur le même sujet - celui-ci est mon septième - le temps est venu pour moi de résumer ici ma pensée, mes interrogations.

Je vais commencer par ce qui me frappe le plus cette année, ma nouvelle interrogation en quelque sorte : C'est que le GIEC a reculé son horizon. Souvenez-vous des premiers travaux de cet organisme dans les années 1990 (AR1), où il n'était pas rare de croiser des graphiques, des phrases, des modélisations avec comme échéance 2015, 2020(2). Tout cela a disparu aujourd'hui et seule une date semble exister : 2100. C'est à peine si on évoque le palier que peut représenter l'année 2050. Pourtant le temps n'est pas si loin où le GIEC parlait de 2035 pour évoquer la possible fonte des glaciers de l'Himalaya. 
J'insiste sur ce point car si on regarde plus avant les titres - et les articles - des journaux évoquant la sortie du rapport, seul le Wall Street Journal prend le soin de préciser que la hausse des températures ne sera pas aussi forte que prévue(3) par les précédents rapports. Il est dommage que le GIEC ne fasse pas non pas de mea culpa mais une simple ré-évaluation de ce qu'elle annonçait il n'y a pas si longtemps que cela. Ceci m'amène à de nouveau lister toutes ces questions auxquelles je n'ai toujours pas de réponses.

a) Pourquoi dire "lutter contre le réchauffement climatique" alors qu'en toute logique on devrait dire "lutter pour que l'homme n'influence pas le climat" ? Ma remarque me semble d'autant plus pertinente que, quand bien même on utiliserait le terme de "changement climatique", le problème resterait entier. Après tout la preuve est faite(4) que le climat n'a eu de cesse d'évoluer depuis la nuit des temps, dès lors je ne vois pas pourquoi ce serait différent désormais. C'est finalement le coeur du débat : Quelle est la part des activités humaines dans l'évolution du climat actuel, voire futur ? 10%, 20, plus encore ? Si j'en crois le GIEC l'Homme influence le climat mais sans que cet organisme ne puisse préciser dans quelles proportions(5).

b) Pourquoi le changement climatique annoncé (promis ?) par le GIEC ne produira t-il que du malheur pour tous ? Aggravations des phénomènes extrèmes(6), hausse du niveau des océans, fonte des glaciers, guerres liées au climat(7). Vraiment, aucune partie du globe ne bénéficiera de conditions plus favorables qu'à présent ?(8)

c) De combien la Terre s'est-elle réchauffée entre 1850 et 2000 ? De toutes mes questions c'est sans doute celle pour lequel la réponse serait la plus facile à donner mais j'ai tout de même du mal à réunir des informations sur ce point précis. On parle de 0.8°, de 2.5°. Mais sans faire de mesures précises force est de constater que nous partons de loin, lire de bien froid : Qui se souvient de l'hiver 1829-1830 qui à Paris fut si rude que la seine a été prise par les glaces du 20 Décembre à fin Février ? Qui peut se vanter aujourd'hui d'avoir vu de son vivant des glaçons sur la Seine à Bougival, comme Claude Monet quand il peint cela lors de l'hiver 1867-1868 ? Comment concevoir que ces images qui appartiennent à un passé pas si lointain (150 ans) ne sont éloignés de nous que par tout juste 1 ou deux degrés de réchauffement ? Allons plus loin : ce réchauffement passé - donc figé - s'est finalement déroulé sans accrocs : Quelles terres ont disparu depuis 1830 du fait de la montée des eaux ? Quelles populations peuvent se targuer d'être là où elles sont car chassées par un climat devenu impropre ? Nos vignes ont-elles avancé de 180km vers le nord depuis le milieu du XIXème siècle ? La production de riz a t-elle chuté de 20% ? Je ne le crois pas(9).

d) Quelle est le climat idéal de la Terre ? Après 4 rapports du GIEC il semble que personne ne ce soit encore lancé dans cette recherche, alors que répondre à cette question nous permettrait de savoir si nous nous éloignons ou si au contraire nous nous rapprochons de ce climat optimum. De même, ne serait-ce que décrire le climat optimum continent par continent pourrait sans doute aider à prendre conscience que le changement climatique est important.

(1) Dans un billet précédent je m'inquiétais d'être carrément taxé de négationniste, qualificatif radical par excellence. 
(2) "This will result in a likely increase in the global mean temperature of about 1°C above the present value by 2025" dit l'AR1 publié en 1992.
(3) "temperatures aren't expected to rise as quickly as previously thought" annonce le Wall Street Journal 
(4) Pour le coup contesté par personne !
(5) Si l'influence de l'Homme était de 100% cela voudrait dire que sans Lui le climat ne changerait pas du tout...
(6) Les plus acharnés n'hésitent plus à relier les tremblements de terre et changements climatiques récents.
(7) N'oublions pas que le GIEC a obtenu le Prix Nobel de la Paix pour les guerres que ses rapports permetttent d'éviter en alertant le Monde...
(8) Je l'ai déjà écrit, j'habite une zone de France parmi les moins ensoleillées du pays. Egoïstement j'ai hâte que le changement arrive à ma porte, que je puisse bénéficier de plus d'heures sous le Soleil...
(9) Ce passage est un extrait d'un autre billet de mon blog, à lire ici 

26/09/2013

La grandeur de la tâche...

C'est le journal "The Guardian" qui le révèle mais l'information est reprise par "Le Monde", les conditions de la construction des stades de football au Qatar sont "dignes de l'esclavage". D'après les informations recueillies plus de 40 travailleurs népalais - engagés pour l'occasion - seraient déjà morts. Le Qatar - faute d'habitants en nombre suffisant - doit importer sa main d'oeuvre, certes. Ce qui est moins logique est qu'il utilise cette main d'oeuvre comme si cette dernière était taillable et corvéable à merci, à peine considérée comme une variable d'ajustement*...

Pourtant il y aurait eu une certaine noblesse de la part de ce pays de faire tout le contraire. Relisez Jules Verne un instant et son fabuleux "De la Terre à la Lune". Qu'y trouve t-on ? Que pour construire la Columbiad**, le canon qui lancera le boulet jusqu'à la Lune, il faut faire appel à de la main d'oeuvre. Mais pour la tâche à mener pas question d'utiliser des sous-employés, non. Bien au contraire il faut se montrer exigeant au point d'embaucher les meilleurs ouvriers, seulement les meilleurs : "l'élite des mécaniciens, des chauffeurs, des fondeurs, des chaufourniers, des mineurs, des briquetiers, et des manoeuvres de tout genre, noirs ou blancs, sans distinction de couleur", qui en retour sont assurés d'avoir en fin de mission "une haute paie, avec gratifications considérables et proportionnelles". Quant aux accidents du travail - inévitable même dans un roman - Jules Verne l'assure : "la moyenne des catastrophes*** ne dépassa pas celles des pays cités pour leur luxe de précautions..."

C'est pourquoi le Qatar aurait été bien inspiré de donner l'exemple, de montrer que sa richesse quasi infinie lui permettait de pratiquer autrement, et que devant la grandeur de la tâche - construire les stades qui accueilleront la coupe du Monde de football - il pouvait embaucher les meilleurs ouvriers possibles et leur donner une "haute paie". Dommage que ce ne soit pas le cas.



* Je vous laisse lire l'article du journal "Le Monde" qui décrit les conditions de travail.
** C'est en hommage à Jules Verne que la NASA a baptisé sa 1ère navette "Columbiad". A titre personnel j'aurais préféré un nom inventé pour l'occasion mais ceci nous éloigne du sujet de ce billet...
*** Le roman fait état d'un seul accident, causant la mort de "plusieurs ouvriers"

20/04/2013

Les nouvelles planètes.

Dans l'abondance d'informations de cette semaine, l'annonce de la découverte de deux nouvelles planètes par le télescope spatial américain Kepler est passé presque inaperçu. Il faut dire que depuis qu'on découvre régulièrement des exoplanètes, une de plus ou de moins, après tout... Mais ce qui me dérange toujours dans ces annonces ce sont les approximations que je peux vite découvrir, moi qui ne suis même pas astronome amateur, seulement passionné d'astronomie.
Pour l'anecdote - et pour souligner combien il n'est pas facile pour un journaliste de relayer ce type d'information - le journal Le Monde avait dans un premier temps annoncé que cette découverte avait été faite par "deux astronautes"... Erreur vite corrigée sur le site, dont acte.
Je me suis plus particulièrement intéressé à l'article publié sur internet par Science et Avenir, dont la ligne éditoriale est loin de tout sensationnalisme.
Le spectaculaire de l'annonce réside dans le fait que "ces deux exoplanètes sont les objets les plus similaires à la Terre jamais trouvés". Qui dit planète dit étoile, et Kepler62a est une naine orange, une étoile dont la température de surface est d'environ 20% inférieure à celle du soleil (4000°K contre 5000°K).
L'article précise alors que les deux planètes "sont soumises à un rayonnement similaire à celui que Vénus et Mars reçoivent du Soleil". C'est bien entendu faux car on sait très bien que le rayonnement que reçoit Venus n'est pas du tout le même que celui que reçoit Mars. Il aurait été plus logique de préciser - après l'application d'une simple règle de trois - la quantité estimée de rayonnement reçue.
Mais comme il faut faire du sensationnalisme à tout prix, cette précision est absente. De plus, rebaptiser les expoplanètes en "deux petites terres" prouve bien l'intention de l'article, entraîner le lecteur sur cette pente qui mène à la "découverte ultime", une Terre comme la nôtre.
Outre ces histoires de soleil et de distance (la fameuse "zone habitable" dont parle l'article) il y a cet élément insdispensable, l'eau. Le chapeau de l'article le précise bien d'ailleurs, sur ces deux planètes, "l'eau pourrait même s'y trouver à l'état liquide". On insiste dans l'intertitre en répétant que "[la] température permettrait à l'eau d'exister à l'état liquide". Hélas, trois fois hélas la lecture du texte de l'article douche notre enthousiasme naissant : "la présence d'eau dépend de la densité de la planète et de la composition de son atmosphère. Hélas ces deux paramètres sont encore inconnus". Inconnus, vous avez bien lu, les découvreurs ne savent pas dire s'il y a de l'eau ou pas puisque les paramètres sont inconnus. Arrivé à ce point, on se demande bien ce qu'il reste d'extraordinaire dans cette découverte.

09:31 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : astronomie, kepler, explanete

 
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