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20/11/2016

Pour : un mot de passe simplifié

On nous le répète pourtant jamais assez, quel que soit le site internet sur lequel nous avons un compte il faut un mot de passe complexe. Au risque de paraître à contre-courant je considère que c'est là une précaution inutile* et que "123456" nous protège tout autant - ou aussi peu - que par exemple "azr**ei59hJiF".
Pourquoi j'affirme cela ? Tout simplement parce que la technique "brutale" consistant à essayer un mot de passe jusqu'à ce que ça marche est une technique qui n'existe pas. Les pirates ont autre chose à faire que de tester au clavier "12345" , "password" ou autre "admin_user".
Dans les faits les hackers - dont je ne nie pas l'existence, bien au contraire - volent la base de données contenant votre login et votre mot de passe et cherchent ensuite à "casser" la base dans son ensemble, autrement dit à la décrypter, la décoder. Et à ce stade peu importe que votre mot de passe soit complexe ou pas car l'algorithme qui va le "deviner" n'est pas construit selon un système de force brute, essayer tous les codes possibles et imaginables jusqu'à tomber sur le bon.
Prenons maintenant un raisonnement inverse et imaginons que vous allez pour la première fois sur un site internet et qu'à l'inscription vous entrez votre e-mail en guise de compte utilisateur et "12345" comme mot de passe. Quels sont les risques ?
Primo, vous avez sans le savoir un "key-logger" dans votre ordinateur, un logiciel espion qui va scruter vos frappes clavier. En ce cas peu importe la complexité du mot de passe que vous venez d'entrer puisque c'est la saisie même qui est en cause.
Deuxio, un pirate essaie de se connecter à votre place sur le site en question. Il faut pour cela déjà supposer qu'il a auparavant "volé" votre adresse e-mail ou pourquoi pas l'essayer au hasard (jean.dupont@gmail.com va sûrement se reconnaître ... ).
Mais même ainsi notre pirate n'a pas d'indices, pas plus sur votre mot de passe que sur les sites sur lesquels vous êtes inscrits. On peut ici argumenter que l'utilisation du lien "mot de passe oublié" est un maillon faible dans la protection. Mais si un pirate utilise cette solution, il devra pour réussir avoir déjà piraté l'accès à vos messages e-mail. Sans compter que de toute façon le site concerné renvoit sur une page de ré-initialisation du mot de passe, ce qui implique que le pirate entre son propre mot de passe avec votre compte et que par conséquent il ne connaîtra toujours pas le mot de passe que vous aviez utilisé....
C'est pour toutes ces raisons que je considère qu'un mot de passe compliqué à deviner n'apporte aucune protection supplémentaire par rapport à un mot de passe simple à deviner.

* Oui, j'adore Beaumarchais.

05/08/2016

Pour : la reconnaissance des échecs comme discipline olympique.

La devise des Jeux Olympique est presque aussi célèbre que son drapeau : "Citius, Altius, Fortius". Plus vite, plus haut, plus fort.
Je veux pourtant prendre ce propos à rebours en vous invitant à rechercher parmi les disciplines olympiques celle qui fait le moins appel aux valeurs de cette devise. Pour ma part je considère que c'est le tir au pistolet à 10 mètres qui nécessite le moins d'utiliser sa force physique pour triompher.
Partant de ce constat comparons ce sport avec un autre qui a priori n'en est pas un, en l'occurence le jeu d'échecs*. Ce dernier avait fait l'objet (dans un anonymat quasi complet certes) d'une démonstration aux J.O. de Sydney en 2000 et la FIDE - Fédération Internationale des Echecs - avait déposé une demande de reconnaissance auprès du CIO, restée sans suite depuis.
Mais à la réflexion en quoi le tir au pistolet à 10 mètres serait t-il plus sportif que les échecs ? On ne peut tout de même pas sérieusement arguer que l'un est plus physique que l'autre et que l'écart est tel qu'il permet d'inscrire l'un et pas l'autre. On ne pourra qu'aller sur le terrain de la "concentration", de la "préparation mentale" voire de la "résistance au stress", bref que des qualités que ne renierait pas un hypothétique champion olympique du jeu des rois.
Alors à quand une médaille olympique aux échecs** ? Très vite j'espère, surtout que nous tenons avec notre actuel n°1 français un prétendant à la plus haute marche du podium ...

* Les échecs ont été reconnu comme fédération sportive en Juin 2000, ce qui d'un point de vue formel autorise à dire que c'est un sport.
** Il n'est pas inutile de rappeler que les échecs ont déjà leur Olympiade, un tournoi par équipe nationale organisée tous les 4 ans - l'année des J.O. - avec pour seules récompenses des médailles en or, en argent et en bronze...

17:59 Publié dans Pour | Lien permanent | Commentaires (0)

21/12/2013

Pour un juste prix du livre numérique (II)

Le livre de poche a eu 60 ans et se porte bien. Mais au moment où le e-book prend enfin son envol il est temps de s'interroger sur le modèle économique qui se met en place. Je n'ai de cesse de dénoncer sur ce blog le prix exhorbitant du e-book, et je continuerai de le faire tant que ce sera nécessaire. Mais revenons un instant sur le livre de poche. S'il a été inventé c'était pour deux raisons : Primo offrir un format unique au livre - alors qu'il variait d'un éditeur à un autre - et secundo réduire au maximum le coût afin d'offrir le meilleur prix possible au lecteur. La contrepartie étant bien sûr un décalage entre la date de sortie du livre chez l'éditeur et sa publication en poche. Mais reconnaissez que l'écart de prix (près de 50%) entre les deux versions est justifiée.
Aujourd'hui aucun éditeur - je dis bien aucun - ne propose d'e-book à 50% du prix papier(*). Le plus gros écart que j'ai vu est de tout juste 20%. Pire encore, la plupart du temps le e-book est vendu au même prix que la version papier, preuve par l'absurde qu'un des deux est vendu beaucoup trop cher. Je défends ici l'e-book à 4 Euros selon le détail suivant : 1 Euro pour l'éditeur, 1 Euro pour la plateforme de vente et 2 Euros pour l'auteur au titre du droit d'auteur. Je pense que c'est là le prix idéal du e-book. Je vais même aller plus loin : Le droit actuel m'interdit de monter une telle plateforme quand bien même pour chaque exemplaire vendu du dernier Mussau ou du dernier Marc Levy je reversais 1€ à l'éditeur et 2 à l'auteur. Or je pense être fiable économiquement en ne prenant qu'1€ par achat effectué.
Ce que je veux démontrer c'est que tel qu'il est construit, le modèle économique actuel ne permet pas l'invention du 'e-book de poche', ce qui est bien regrettable.

(*) La meilleure performance revient au Journal Officiel, publication austère s'il en est. Alors que l'abonnement "papier" coûte 132€ l'an la consultation au jour le jour de la version numérique est totalement gratuite.

15:19 Publié dans Pour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, livre numérique, e-book

02/12/2011

Pour un juste prix du livre numérique

A quelques semaines de Noël je ne trouve pas inutile de rappeler ici ma position sur le livre numérique en général et sur son prix en particulier. J'ai déjà eu l'occasion de le dire, le concept de livre numérique est une belle idée et l'usage que j'en fais me conforte chaque jour davantage dans cette opinion. Néanmoins je persiste à dire que le consommateur est le premier lésé dans cette affaire.

En effet le prix de revient d'un livre numérique - je parle là de son coût de fabrication ex-nihilo - est quasiment nul, et de plus inversement proportionnel au chiffre des ventes. Dit autrement plus un livre numérique se vend et moins il devrait coûter cher à acheter. Il n'existe pas de retirage dans l'édition numérique, pas de réassort à organiser. Une fois le premier exemplaire validé, tous les autres ne sont rien d'autre qu'un banal "copier-coller". Bref j'estime que cette étape ne revient pas à plus d'1 Euro l'exemplaire et encore suis-je sans doute encore assez cher.

Autre source de coût, la marge de la plateforme. Ici ce n'est qu'un aspect commercial et même avec une marge déjà conséquente de 100%, cela ajoute un autre Euro au prix de notre livre.

Reste alors le droit d'auteur. Je l'ai déjà dit, le droit d'auteur devrait être le même quel que soit le support, numérique ou papier. Je ne suis pas spécialiste de la question mais j'imagine qu'un auteur touche environ 2 euros par exemplaire vendu(1). C'est donc cette valeur que je prends pour ma démonstration. Au bout du compte vous voyez comme moi que le livre numérique ne devrait jamais coûter plus de 4 euros, or ce n'est (presque) jamais le cas...

On m'opposera certainement que l'intérêt du livre numérique réside dans son enrichissement par rapport à la version papier : liens hypertexte, "bonus", dictionnaire ou que sais-je d'autre encore. Mais si d'un coté je ne suis pas convaincu que ces ajouts justifient le faible écart de prix qu'on rencontre en ce moment entre les versions papier et numérique, d'un autre coté je suis étonné(2) qu'il n'existe pas à la vente de version numérique "low cost" proposé au consommateur, sans lien, sans dico, sans artifice, une sorte de "livre de poche numérique" qui au bout du compte ne serait rien d'autre que ce qu'on trouve en papier(3).

Alors quoi ? La récente loi sur le prix unique du livre numérique est à mes yeux un non-sens et un piège pour le consommateur qui sans vraiment en avoir conscience paye 200, 300 ou même 400% de plus que ce qu'il ne devrait(4). N'oublions pas que nous vivons en ce moment un paradoxe qui voit arriver sur ce marché des versions numériques de romans plus chers que leur version papier(5).

(1) A la réflexion cette estimation me semble bien optimiste. Mais il n'en demeure pas moins que je ne suis pas choqué d'imaginer payer un roman numérique 4 Euros et savoir que deux iront dans les poches de l'auteur.
(2) Je devrais plutôt écrire "indigné" mais je répugne maintenant à utiliser ce mot...
(3) N'oublions pas qu'au départ le but du livre numérique est d'être lu, un truisme que je ne trouve pas inutile de rappeler. 
(4) Je fais volontairement abstraction des ouvrages scientifiques, qui je veux bien le concéder ont un coût de fabrication plus élevé. Hélas ils servent aussi d'alibis fort opportuns pour justifier le fait qu'il ne devrait exister qu'une faible différence de prix entre papier et numérique.
(5) On voit aussi se développer la vente de "classiques" tombés dans le domaine public et qui par conséquent devraient être gratuits. Je signale à ce titre les sites Feedbooks ou Projet Gutenberg qui proposent de tels ouvrages sans bourse délier.

11/11/2010

Pour : La Zoé de Renault

L'actualité vue par le petit bout de la lorgnette réserve des surprises c'est bien connu. La mise en valeur médiatique du procès opposant une famille Renault au constructeur de voiture homonyme le démontre une fois de plus. Rappelons en vitesse que la famille Renault en question ne veut pas que le constructeur baptise son prochain modèle de voiture électrique "Zoé", au motif qu'ils ont déjà une fille se prénommant de même (donc Zoé Renault) et qu'il y a là matière à générer un préjudice moral, basé essentiellement sur des moqueries ou quolibets. Bref si on se place du coté de la famille, Renault doit d'abord penser aux enfants Renault et ne pas donner des prénoms à ses modèles de voiture.

Dans cette histoire qu'on peut quand même qualifier d'ubuesque, je prends position pour le constructeur. Mon premier argument est que le terme même de Zoé choisi par Renault ne l'a pas été par hasard. Il s'agit tout simplement d'un hommage à la pile Zoé que les plus anciens de mes lecteurs doivent sans doute connaître. Nommer un premier véhicule 100% électrique du nom de la première pile atomique française est donc parfaitement compréhensible. Mais il y a également une autre affaire qui me fait plaider en faveur du constructeur, c'est l'affaire "Mégane Renault". Dans cette autre histoire de nom et de prénom, un officier d'état-civil avait dans un premier temps refusé qu'une famille Renault baptisa sa fille Mégane. De procès en appel c'est la famille qui gagna le droit d'appeler sa fille Mégane, comme la voiture. Il n'était pas question de moquerie ou de quolibet, et encore moins de préjudice moral. C'est pourquoi j'estime que la famille de Zoé Renault est bien plus "victime" en fait de l'affaire Mégane et qu'elle ne pourra gagner son procès. En effet elle pourra difficilement expliquer que s'il faut aller en justice pour avoir le droit d'appeler sa fille Mégane, il faut aussi aller en justice pour interdire à Renault d'appeler sa voiture "Zoé"...

12:32 Publié dans Pour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : zoé, renault, pile

 
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