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18/01/2009

Evaluation des élèves de CM2 : critique de la critique

La toute prochaine évaluation des élèves de CM2 soulève déjà la polémique. Nombre d'enseignants y voient une double attaque : la première contre les élèves eux-mêmes par un examen trop difficile qui générera des notes faibles, y compris de la part des meilleurs élèves. La seconde contre les enseignants, qui seront dès lors accusés de mal transmettre leur savoir aux élèves. Chacun peut d'ailleurs se faire une opinion sur les épreuves puisqu'elles sont déjà disponibles sur Internet. Mais pour avoir consulté attentivement cette (longue) page, je me dois de critiquer la critique, bien que je ne sois ni enseignant, ni même parent d'élève. La première épreuve consiste en une analyse d'un texte d'Ernest Hemingway. Mais sans doute emballés par l'envie de critiquer l'épreuve, les auteurs de la page web en viennent à critiquer l'oeuvre en soi...
Autre exemple, la (fameuse) dictée. Ici la critique porte bien sur le fond, puisqu'on nous indique deux dictées "de correction" pour démontrer l'incohérence du système de notation. Désolé de contredire à la fois les enseignants et le système scolaire, mais on n'arrivera pas à me faire sortir de la tête qu'une dictée porte sur l'orthographe de tous les mots qui la compose. Chicaner sur les mots qui "comptent" et ceux qui ne comptent pas, ce n'est rien d'autre qu'organiser le nivellement par le bas.
Vous l'aurez compris dans cette affaire je défend un seul principe, celle de la qualité de l'enseignement dispensé à l'élève. Je suis partisan de la diffusion d'un savoir "encyclopédique". J'ai déjà eu l'occasion de l'écrire ici, vouloir la réussite d'un maximum d'élèves à l'école devrait être un objectif autour duquel un large consensus devrait apparaître. Je regrette beaucoup que ce ne soit pas le cas.

23/10/2008

Contre : la nouvelle réforme scolaire

Je ne suis pas parent d'élève, et pourtant je suis contre la nouvelle réforme proposée par Xavier Darcos. Non pas qu'elle est mauvaise en soi, mais tout simplement parce qu'elle est condamnée d'avance. Que cette énième réforme soit bonne ou mauvaise pour nos enfants est ici totalement secondaire, et c'est aussi un élément qui fait que je suis "contre".
Depuis plus de 30 ans - car pour moi tout a commencé avec la réforme "Haby" - je n'ai plus compté le nombre de réformes proposés par nos ministres. Une bonne douzaine sans doute, ce qui donne une durée de vie moyenne de 36 mois. La qualité du ministre n'est ici pas en cause, car après tout nous avons des chercheurs (Claude Allègre), des professeurs (Jack Lang, François Bayrou), et plus rare, des philosophes (Luc Ferry). On ne peut tout de même pas leur reprocher de ne pas connaître l'Education Nationale. Pour moi la vérité est ailleurs : la "bonne" réforme est celle qui engage au-delà de la durée du mandat du ministre en exercice, et qui a la garantie que l'opposition n'y touchera pas. Quel avenir à la réforme Darcos alors : en 2012 - dans à peine 4 ans - une nouvelle élection présentielle aura lieu. En cas d'alternance, nul doute que le nouveau pouvoir en place s'empressera de proposer "sa" réforme. Il faut dénoncer ce cercle trop vicieux pour l'éducation de nos enfants. Je n'arrive pas à me faire à l'idée que l'enseignement soit avant tout un enjeu "politique" au lieu d'être un enjeu national. Le consensus devrait pourtant être facile à trouver, nous voulons bel et bien tous la réussite optimale pour un maximum d'élèves.
Pour conclure j'ajouterai que je suis las de ces querelles stériles qui n'amènent rien. Depuis plus de trois décennies se sont les mêmes rengaines. Il serait temps de passer à autre chose...

24/06/2008

Entre les murs, le livre

Je viens de terminer de lire le livre de François Bégaudeau. Je ne suis ni enseignant, ni philosophe, ni rien ; je suis un lecteur du livre, c'est tout. Je me permet pourtant d'être critique sur deux points. Le premier est que ce livre est présenté comme étant un roman. Or je n'ai rien vu au travers du récit qui explique en quoi l'histoire est romancée. Bien au contraire, tout semble fait pour coller au plus près de la réalité vécue par le professeur et ses élèves. Pour moi ce livre est à ranger dans la catégorie "document/vécu", ce n'est pas un roman. Le second point est un certain malaise à mesure que j'avançais dans le livre. Cette impression de fatalisme se dégageant des interventions du professeur face à ses élèves ne me plaisaient pas. "Vous ne comprenez pas ?" demande t-il un moment donné. Sans attendre de réponse il enchaîne en disant (je cite de mémoire) "Ce n'est pas grave, de toute façon cette expression est peu utilisée". A aucun moment il ne cherche à tirer les élèves vers le haut, y compris lorsqu'il leur demande de lire "Des souris et des hommes". A mes yeux le pire est atteint lorsqu'il demande aux élèves de "parler au Monde". L'idée est pourtant généreuse : Vous avez 30 secondes pour parler au Monde, que dites vous ? Un premier élève se lance dans l'exercice et explique que le Maroc vient de battre le Mali 4-0 (c'est du football), et que c'est normal car le Maroc est bien plus fort que le Mali...C'est donc cela qu'il est important de dire au Monde lorsqu'on est un jeune de la banlieue parisienne ? François Bégaudeau ne cherche à recadrer le débat. Mieux encore il donne ensuite la parole à un supporter de l'équipe du Mali pour un droit de réponse. Oubliés les 30 secondes au Monde, place au "on refait le match en classe"... triste. A décharge de ma critique, ma lecture vient juste après celle du livre de Cécile Ladjali. Son travail avait consisté avec sa classe du "9-3" à écrire un recueil de poésie, des sonnets... Elle voulait (dé)montrer que la volonté, le dépassement de soi, l'exercice "gratuit" du poème pour le plaisir de la musique des mots pouvait séduire à la fois un public et un intellectuel reconnu (George Steiner). Bref, entre le livre de Cécile et celui de François, ce sont deux manières d'enseigner qui s'opposent.
Pour conclure sachez que j'ai plus envie encore de voir le film de Laurent Cantet, car je suis très curieux de comprendre pourquoi le film a obtenu la Palme d'Or du dernier festival de Cannes. Rendez-vous en octobre sur ce sujet, et bien avant pour d'autres !

14/03/2008

Les programmes scolaires

Une fois encore, la proposition du ministre de l'éducation nationale de réformer les programmes scolaires déclenche la polémique. Dans un mouvement commun et inédit, Luc Ferry et Jack Lang contestent les orientations prises par Xavier Darcos.
S'il n'y avait l'avenir de nos enfants derrière tout ça, le spectacle prêterait à sourire, mais il y a. Comme beaucoup, je pense qu'il faut se concentrer sur l'essentiel, à savoir bien lire, bien écrire, et bien compter. Aucun élève ne devrait entrer en classe de sixième sans avoir correctement assimilé ces fondamentaux. Mais bien plus que le contenu des programmes, ce sont les ministres eux-mêmes qu'il faut blâmer, avec leur manière bien à eux de politiser l'éducation de nos enfants. Plus les ministres passent, et plus le niveau général baisse... Faut-il égrener ici la liste de tous ceux qui se sont succédés à ce poste ? De Claude Allègre à François Bayrou, en passant par Lionel Jospin et François Fillon, aucun n'a passé plus de 20 mois à la tête du ministère. Comment voulez-vous avoir une politique cohérente dans ces conditions ? Sans compter que deux fois sur trois, le nouveau ministre commence par geler les projets de son prédécesseur au mieux, défaire ce qui a été entrepris au pire. Un enfant qui est aujourd'hui en maternelle petite section, et qui quittera l'école avec un Bac + 3 en poche (je reste raisonnable), verra défiler entre 8 et 12 ministres durant sa scolarité...Chacun peut faire le compte pour sa part, l'amusement de l'exercice est garanti. Cette succession de ministres est le mal principal qui gangrène l'école.
C'est pourquoi je milite pour une politique d'éducation nationale qui dépasse les clivages partisans ; que les réformes qui engagent au-delà de deux ans aient l'assentiment systématique de l'opposition, pour que la réforme suive son cours en cas d'alternance. Utopique dites-vous ?

15/01/2008

Pour : des cours de télévision à l'école

Je suis pour l'existence de cours de télévision à l'école, au même titre qu'il existe des cours de mathématiques ou d'Histoire. Une heure par mois en primaire, deux heures par mois au collège et au lycée me semblent un cursus raisonnable. Le temps passé par l'élève à regarder la télévision est de loin supérieur au temps passé par ce même élève à lire. Comme on dit, "il n'y a pas photo". Mais regarder la télévision sans aucune explication, c'est regarder le tableau de la Joconde en noir et blanc. L'éducation de l'élève d'aujourd'hui prépare le citoyen de demain. C'est pourquoi j'estime que les élèves doivent apprendre à regarder la télévision comme on apprend l'histoire ou la géographie. Le programme est déjà tout fait, entre le contenant (les chaînes de télévisions, la diffusion d'images, le prompteur, etc) et le contenu. Certains critiqueront déjà cette idée en arguant que le professeur ne sera pas objectif. Juste, mais faux ! je rétorque. D'une part voyez comment personne ne trouve que l'histoire qui est enseignée aujourd'hui est objective, et d'autre part, provoquer du débat avec des élèves qui devront alors argumenter, disserter, bref, travailler leur language et l'écriture, sont sources de richesses pour tous. D'autres me diront que la télévision ce n'est pas si important que cela dans notre vie, et qu'il est inutile d'aller si loin et de l'enseigner. C'est à mes yeux mésestimer à quel point la télévision est puissante et influente. Entre les messages publicitaires et ceux passés au moment des journaux télévisés ("c'est vrai puisqu'ils l'ont dit à la télé", air connu), vous vous doutez bien qu'il y aurait une différence d'attitude et de pensée entre deux télespectateurs, où l'un aurait suivi des "cours de télé" et pas l'autre. Le XXIème siècle est médiatique, vous n'imaginez pas à quel point. C'est pour cela que je pense qu'il faut apprendre et non subir les médias.

21:30 Publié dans Pour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Pour, cours, télévision, école

 
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