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16/10/2010

Manifestations : Le tabou des chiffres

Pour reprendre une expression, "Là ça devient sérieux". Dans le bras de fer opposant les syndicats au gouvernement sur la réforme des retraites, la manifestation et l'importance comptable des cortèges qui en découlent deviennent soudain le prisme par lequel il faut regarder. Ce dernier semble d'ailleurs devenir de moins en moins déformant puisque nous avons eu droit ces derniers temps aux premières tentatives objectives de comptage des manifestants.
Et le moins que l'on puisse dire est que les chiffres sont loins d'être ceux annoncés par les organisateurs, et ne sont même pas ceux de la police. Les quelques tentatives, effectuées par Médiapart entre autre, dénombrent des cortèges bien moins fournis. A l'article de "La Croix" vient s'ajouter ce matin celui du "Figaro", qui bien entendu enfonce le clou avec une jubilation non dissimulée.
J'ai pour ma part toujours défendu un comptage objectif et le plus précis possible du nombre de manifestants, tout simplement parce que les organisateurs se servent de ce chiffre comme moyen de pression. Dès lors sa précision prend autant d'importance qu'il est mis en avant. Les organisateurs ont parlé de 3 500 000 manifestants pour la manifestation du 12 octobre dernier. Il est maintenant quasi certain qu'il n'y avait pas 3 500 000 personnes dans les rues ce jour-là, mais à peine 3 fois moins...
Combien seront-ils le 19 ? Et surtout, surtout quelle méthode de comptage comptent employer les organisateurs maintenant que la presse contrôle par elle même le nombre de personnes présentes aux manifestations ? Le silence coupable des syndicats sur cette question mérite débat. Faut-il contester la méthode de médiapart, faut-il mettre en place une autre méthode et crier partout : "Voyez nos chiffres et refaites les calculs si vous pensez qu'ils sont faux !". De mon coté je m'interroge : pourquoi - par exemple - le chiffre de 3 500 000 est-il annoncé sans jamais donner ligne après ligne les résultats de chaque ville ? Pourquoi personne ne réclame jamais ce détail ?
En refusant de jouer le jeu du comptage objectif et le plus précis possible(1), les organisateurs ont désormais un caillou dans leur chaussure. Charge à eux de le retirer rapidement.

(1) Utopie ? Je rêve qu'organisateurs et police coopérent et non pas s'affrontent sur ce terrain du comptage.

27/01/2009

Pour : un comptage plus précis des manifestants (III)

La manifestation du 29 janvier prochain est annoncée comme la plus importante de ces dernières années. Mais faute d'existence d'un instrument de mesure reconnu, les chiffres les plus fous risquent de circuler (je m'attend au million, de toute manière c'est invérifiable). Pourtant, c'est bien sur la base du nombre réel de manifestants que la gauche et les syndicats entendent peser sur le gouvernement. Cet événement doit vous aider à comprendre pourquoi je milite sans relâche pour un comptage plus précis des manifestants(1). J'ai envie d'ajouter le plus précis possible. J'agis ici en toute neutralité, et seule la vérité du nombre me préoccupe. Le fait que certaines manifestations soient plus médiatiques et/ou plus importantes que d'autres ne font qu'ajouter à mon argumentation. Avec un minimum de méthode, une marge de plus ou moins 10% peut être atteinte. Je vous rappelle qu'aujourd'hui on annonce des chiffres qui varient du simple au triple, sans que cela ne semble gêner personne ! Ce grand écart s'explique tout simplement : chacun prenant le nombre qui l'arrange, tout le monde est satisfait...
Mais imaginez un instant un nombre officiel – donc unique - annoncé par un organisme indépendant, preuves et méthode de comptage à l'appui. Vous voyez bien qu'en ce cas la donne change du tout au tout, et à quel point la réussite ou l'échec d'une manifestation dépend bel et bien du nombre de personnes qui y participent. C'est pour cela qu'il faut être le plus précis possible(2).

(1) Je militais avant pour un comptage précis des manifestants, mais ce terme a été pris au pied de la lettre, et certains imaginaient que je voulais compter au manifestant près....
(2) Prendre le nombre annoncé par les organisateurs et celui de la préfecture, les additionner et ensuite diviser le résultat par deux n'est pas plus précis, loin de là !

11/01/2009

Déjà dit : pour un comptage précis des manifestants (II)

Je l'ai déjà dit deux fois, comment peut-on raisonnablement annoncer que "la manifestation de ce samedi a attiré entre 20 et 80 000 personnes" sans être le moins du monde gêné ? D'une part parce que l'habitude s'est installé, et d'autre part parce que personne ne part en guerre (!) contre cet obscurantisme. Je le répète donc ici, il faut à tout prix un comptage précis des manifestants. J'ai entendu à propos de l'hôpital un haut responsable parler des "10 000 morts" qui seraient dûs aux erreurs médicales ou autres maladies nosocomiales. Il disait en substance ceci "certains disent 3 000 d'autres 10 000 ou plus : nous ne pouvons pas nous contenter de cette estimation". Pour les manifestations, importantes ou non, médiatiques ou non, il faut également un comptage le plus précis possible. Dans un de mes billets je parlait de 3%, je me contenterais bien de 50% (soit annoncer entre 20 000 et 30 000 en étant sûr d'etre dans le vrai). Un organisme indépendant serait chargé du comptage, qui ne serait ainsi plus contesté ; ni par la préfecture, ni par les organisateurs. Et du coup les journalistes annonceraient une information "juste et vérifiée".

20/10/2008

Déjà dit : pour un comptage précis des manifestants

Je ne vais pas dire que c'est la manifestation de trop, non, mais quand une journaliste dit d'une voix neutre qu' "il y a eu entre 32 et 80 000 manifestants aujourd'hui à Paris"(1) sans même relever l'incohérence du propos, voilà qui relève de la légéreté au mieux, de la faute journalistique au pire. J'attend avec une grande impatience le jour où un(e) journaliste osera enfin annoncer à l'antenne que "le rassemblement d'aujourd'hui a rassemblé un nombre indéterminé de manifestants, les chiffres communiqués par la police et les organisateurs étant trop disparates".
Imaginez un peu la tête des organisateurs, des manifestants, et des gouvernants. Pourtant cet énoncé serait bien plus précis que ce qu'on entend jusqu'à présent. Le premier devoir du journaliste reste bel et bien l'information : il s'est passé ceci à tel endroit. Dans le cas qui me préoccupe le journaliste en ne prenant pas partie ("Je cite les deux sources, donc je fais bien mon métier"), cautionne ce "gentlemen's agreement". Pour ma part je milite pour un comptage précis et indépendant des manifestants.

(1) J'ai aussi du mal à croire que si les chiffres donnés par les organisateurs et la préfecture de police sont exactement dans une proportion de 2.5, cela est uniquement du à une coïncidence mathématique. Mais peut-être est-ce moi qui me trompe en voulant à tout prix avoir raison....

20/02/2008

Pour : un comptage précis des manifestants

Je suis irrité à chaque fois des chiffres que je peux entendre lorsqu'il y a une manifestation. "Entre 10 et 20 000 personnes ont défilé dans les rues de la capitale cet après-midi". Ou encore : "Ils étaient 7 500 selon la police, plus de 15 000 selon les organisateurs". Il est temps de dénoncer cette information qui en n'est pas une.
C'est pourquoi je milite pour la création d'un organisme dont la tâche serait d'effectuer un comptage - le plus précis possible - du nombre de manifestants. Toute manifestation autorisée en préfecture serait comptée. Je pense qu'une précision de 3 pour 100 est un seuil réaliste, ce qui pour une manifestation réunissant 20 000 personnes donnerait une fourchette allant de 19 400 à 20 600. A l'heure où l'on sait compter les particules dans l'atmosphère en ppm - nombre de parties par million - et la dioxine dans le poulet en milligramme par kg (ce qui revient à trouver 1 gramme dans une tonne !), continuer de laisser planer un tel flou sur le nombre de manifestants relève à mes yeux de l'obscurantisme, rien de moins.
J'en arrive même à croire que ce grand écart est volontairement entretenu. Par définition serais-je tenté d'écrire, tout gouvernement est hostile à la manifestation, et tout syndicat rétif à l'idée d'un comptage qu'il ne pourrait plus contester. Bref, la situation actuelle convient si bien aux deux parties, qu'aucune d'entre elles ne souhaite la voir changer. Ceci porte un nom, l'immobilisme.

18:30 Publié dans Pour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Comptage, manifestation

 
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