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06/07/2008

Dopage et langue de bois

Le Tour de France 2008 vient de s'élancer. A défaut d'être le "tour du renouveau", cette 95ème édition se doit d'être exemplaire sur le plan de l'éthique sportive. Rappelons ici que tous les vainqueurs depuis 1998 sans exception – ont été soit convaincus, soit soupçonnés de dopage. Mais à mon sens les règles du jeu sont faussées dès le départ de ce tour. Voyez ce communiqué officiel – presque triomphal – publié ce jour : "Trente-six tests sanguins ont été effectués dimanche avant le départ de la deuxième étape du Tour de France, sur des coureurs de quatre équipes différentes (Lampre, CSC, Columbia et Saunier Duval), et aucun n'a été déclaré inapte."
Inapte...ce terme me laisse bien sceptique. Je ne suis spécialiste ni en lutte contre le dopage, ni en hématologie. Néanmoins, je sais que le taux d'hématocrite au-delà duquel un coureur cycliste est dopé inapte est de 49%. Le taux rencontré chez vous et moi est lui de 42 ou 43%. Autrement dit, ce règlement légalise - j'assume ce terme - le dopage. Et combien sont-ils encore à prendre des substances sous couvert d'un certificat médical ? La lutte efficace contre le dopage passe par l'interdiction pure et simple de tout traitement à "usage thérapeutique". Un coureur a besoin de soins ? Il se soigne, et malade ne peut donc participer à aucune épreuve sportive. C'est aussi simple que cela, et le sport en sortira grandi.

16:09 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sport, tour de france, dopage

06/05/2008

CIO : Comment ne pas parler du dopage

Dans un mot déposé ici-même, j'évoquais quelques moyens que le CIO pourrait mettre en oeuvre pour lutter contre le dopage : exclusion de J.O. pour tout athlète convaincu de dopage, et absence de cérémonie de remise de médailles.
Or il se trouve que le CIO organise son 1er Congrès Olympique Virtuel. Comme indiqué sur le site internet "Les nouvelles technologies permettent au plus grand nombre de faire circuler leurs idées plus librement et plus facilement. Ceci est la vocation du Congrès olympique virtuel, (...)"
Formidable idée, d'autant plus que "Le public est également invité à contribuer au Congrès olympique virtuel jusqu’au 31 décembre 2008." Je vais donc pouvoir avancer mes idées sur le sujet puisque "Chaque internaute peut soumettre deux contributions (...)"
Bon, ça c'est pour attirer le chaland. Voyons les petites lignes du contrat maintenant, puisque "avant de rédiger votre contribution, nous vous recommandons de lire attentivement le Règlement du Congrès, [et] l’Appel à contribution".
J'ouvre l'appel à contribution, pour rechercher dans quelle catégorie je vais pouvoir "soumissionner". Je vois "thème 1 : Les athlètes" et "1.2 Protection de la santé lors de l'entraînement et en compétition". Le détail présente le "contexte dans lequel s'inscrit le sous-thème", et les "axes de réflexion". Inutile de préciser que toute contribution qui ne serait pas "pile" dans la case "axe de réflexion" n'a aucune chance de passer toutes les barrières et de monter jusqu'au Congrès. Ce qu'il y a d'incroyable ici, et ce que je dénonce avec ce texte, c'est qu'il n'est pas possible pour le "public" de proposer toute idée pour lutter contre le dopage. Tout simplement parce que ce n'est pas un "axe de réflexion". J'ai eu beau lire et relire, non, pas une ligne sur la lutte anti-dopage. Serait-ce un sujet si mineur que le CIO ne s'en préoccupe pas ?

12:41 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cio, jeux olympiques, dopage, j.o.

25/03/2008

Un record sans doutes, mais sans ombres ?

Les récents exploits d'Alain Bernard sont l'honneur du sport français. Mais cette soudaine notoriété sportive a son revers, la suspicion de dopage... Le premier réflexe - patriotique - est de dire que non, pas nos nageurs... Je dis patriotique car c'est un réflexe que de défendre ses compatriotes. Savez-vous par exemple que d'après un sondage de CNN publié l'an dernier, 70% des américains pensent que Lance Armstrong ne s'est jamais dopé ? Faites le même sondage en France, et vous aurez la proportion inverse. Ce qui prouve qu'au-delà des faits, la solidarité nationale joue à plein.
Ce n'est pas faire injure au sportif que de chercher à savoir s'il y a quoi que ce soit de suspect. En tout état de cause, la charge de la preuve appartient bien à l'accusation, à supposer qu'elle existe, et pas au nouveau champion d'Europe. J'ai relevé toutefois deux éléments, qui sans pour autant assombrir le tableau, le grise un peu malgré tout. D'abord on ne fait pas mystère dans l'entourage du champion d'usage de "compléments vitaminés". Expression que je met entre guillemets, faute de savoir si ces produits sont fabriqués "sur mesure" pour l'athlète, ou bien si ce sont des compléments disponibles dans n'importe quel supermarché. Ensuite l'entraineur d'Alain Bernard explique dans une interview que le nageur est asmathique à l'effort, et qu'il bénéficie à ce titre d'une "A.U.T.", d'une autorisation à usage thérapeuthique pour prendre de la Ventoline. Et d'ajouter aussitôt que ce produit ne fait qu'optimiser ses capacités respiratoires, et non les augmenter. Notre nageur a donc bien recours à une aide médicamenteuse, même si cette dernière est autorisée. La Ventoline traine tout de même derrière elle une drôle de réputation, celle du médicament autorisé le plus "dopant". Voyez le cyclisme, la discipline sportive la plus touchée par le dopage. Il se trouve que la pathologie la plus courante chez les coureurs est justement l'asthme, et que près de 30% d'un peloton professionnel court avec une dispense médicale en poche et de la Ventoline dans les poumons... Alors dopage ou pas dopage ? Pour les textes non, et je m'en tiendrais aux textes. Mais il faudrait que des voix plus fortes que la mienne s'élèvent et réclament la fin de ces autorisations. Ou bien le sportif n'a besoin de rien, ni de médicaments ni de dispense médicale, ou bien il est malade ou blessé, et alors il ne participe plus aux épreuves tant que sa guérison n'est pas complète et son traitement médical terminé. Il faut arrêter de nager entre deux eaux, entre la lutte franche et ouverte contre le dopage via les contrôles inopinés ou le suivi longitudinal, et une réglementation qui légalise " l'autorisation à usage thérapeuthique ", dont on a déjà prouvé par le passé un qu'il était parfois un synonyme de "dopage".

17:29 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actu, dopage

12/03/2008

Pour : de nouvelles sanctions contre le dopage

Le dopage est un fléau. Le combattre est légitime, mais l'arsenal à disposition est bien trop faible. Entre les luttes intestines au sein des instances chargées de lutter contre le dopage et les intérêts commerciaux autour des tests et des épreuves sportives, le ratio bénéfices / risques du dopage reste en faveur de l'athlète qui triche. Les cas récents de Marion Jones ou de Justin Gatlin l'illustrent bien. Marion Jones a rendu ses médailles. Quand bien même son image est maintenant ternie, ce qui ne l'est pas est la gloire passée, le (bon) souvenir de ces Jeux Olympiques devant la terre entière. Dans son cas, le ratio avantages reçus / inconvénients actuels est favorable. Autrement dit : "dopez-vous, dopez-vous, il en restera toujours quelque chose...".
Prenez à l'inverse le cas de celle qui a finalement gagné sur le tapis vert : sa médaille d'or ne vaut pas un clou. Pour preuve, qui peut d'emblée citer son nom ? Qui l'a vu sur un podium ? Où était son mérite à n'être pas dopée ?
C'est en pensant à ce cas - et à celui de Justin Gatlin qui dans 4 ans courra de nouveau - que j'estime qu'il faut durcir la répression anti-dopage. Pas en terme de durée de suspension, mais en mettant en place de nouvelles sanctions pour inverser ce ratio "bénéfice / risque". J'ai en tête qu'un athlète convaincu de dopage, ne devrait plus jamais voir homologué aucun des records qu'il pourrait battre, même après avoir purgé sa suspension. Il faut graver dans le marbre que se doper - ne serait-ce qu'une seule fois - c'est rompre pour sa vie entière de sportif le contrat de confiance passé entre l'athlète et son sport.

Autre mesure que je préconise, que le CIO bannisse systématiquement des jeux tout athlète qui a été au moins une fois convaincu de dopage. Ce serait aller plus loin qu'une simple charte (Cf le serment olympique, foulé aux pieds...). La devise "Citius, Altius, Fortius" devrait comporter un quatrième terme : "Sana".
Toujours par rapport aux J.O., ma dernière proposition "choc", est de ne plus organiser de cérémonie de remise des médailles durant les jeux. Les médailles seraient remises plus tard, non pas sans publicité, mais à tout le moins sans public. Ces mesures ne coûtent rien. Juste l'affirmation que la volonté de lutter contre le dopage ne souffre d'aucune faille.

Pour terminer sur le sujet, les chaînes de télévision devraient aussi se donner comme règle éthique de ne jamais engager de "consultant" qui a été convaincu de dopage au cours de sa carrière sportive. Bien sûr que je vise quelqu'un en particulier, mais quelle autorité a t-on à parler d'un sport qu'on a si peu considéré en s'autorisant à tricher ?

13:45 Publié dans Pour | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Dopage, CIO

 
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