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15/02/2009

L'accès à tout l'Internet bientôt impossible

Le sujet est passé presque inaperçu, mais dans l'avalanche des annonces faites vendredi 13 février par Nicolas Sarkozy(1) figure la censure d'Internet. Car comment appeler autrement le procédé qui consiste pour le législateur de décider quels seront les sites "autorisés" et ceux qui seront "interdits" ?
Pour expliquer sa décision, le Président de la République s'appuie sur un argument imparable, la lutte contre la pédopornographie. Qui pourrait en effet raisonnablement s'y opposer ? Pas moi en tout cas, et pourtant je suis contre l'idée de bloquer ces sites. Position bien dangereuse vous en conviendrez, mais suivez néanmoins mon raisonnement : Une fois cette loi en place, et peu importe la méthode technique qui sera utilisée, l'utilisateur lambda d'internet aura accès à l'immense majorité des sites web mais non à une infime minorité, jugée illégale d'après la Loi. Mais comment imaginer qu'on en restera là ? Quid des sites qui font l'apologie du négationnisme ou de l'homophobie, pour ne reprendre que deux opinions interdites par la loi ? On ne va tout de même pas créer une "échelle de l'horreur" pour décider des sites à interdire ou pas. Voyez également l'anorexie ou l'incitation au suicide, sans parler des sectes...Je frémis non pas aux sites que l'on veut fermer aujourd'hui, mais aux sites que l'on voudra fermer demain et après-demain. L'Enfer est pavé de bonnes intentions suis-je tenté d'écrire, même si les obstacles ne manqueront pas.
Voyez aussi l'anecdote suivante, que je vous certifie authentique : une entreprise du secteur privé décide de filtrer les accès internet de ses salariés. Pour ce faire elle prend un abonnement auprès d'un fournisseur qui recense dans une base de données les sites interdits. A l'installation le filtre est monté tel quel, c'est-à-dire que l'entreprise n'a ajouté ou retranché aucun autre site que ceux listés d'origine par le fournisseur. Les sites internet des quatre principales centrales syndicales (CGT, CGT-FO, CFDT, CFTC) sont filtrés - autrement dit interdits - alors que dans le même temps les sites internet de la CFE-CGC et du MEDEF sont autorisés(2). Où s'arrêtera la future loi ? Qui décidera des sites à filtrer ou pas ? Faudra t-il par exemple interdire les sites "créationnistes" ? Et quel comportement adopter face aux sites internet qui militent pour légaliser ce qui est aujourd'hui interdit par la loi(3) ? Je l'ai déjà écrit et je le répète sans état d'âme, la liberté sur Internet est un bien précieux qu'il faut cultiver en dépit de ses mauvaises graines.


(1) Outre le blocage des sites internet faisant l'apologie de la pédopornographie, Nicolas Sarkozy a annoncé dans la même journée la création de 200.000 places d'accueil pour jeunes enfants, la mise en place d'un "statut" pour le beau-parent, un projet de loi concernant l'adoption ainsi que la prochaine tenue d'un conseil inter-ministériel dédié à l'Outre-mer.
(2) L'entreprise a tout de suite admis qu'il y avait un "problème", et a retiré du filtre les sites syndicaux en question.
(3) Exemple de l'adoption par des couples homosexuels, de la procréation par mère porteuse ou du droit à l'euthanasie.

08/02/2009

Nicolas Sarkozy, convaincant...à moitié

Les deux sondages publiés l'un par le Figaro et l'autre par Le Parisien - Aujourd'hui en France à la suite de l'intervention télévisée du chef de l'Etat ont donné des résultats différents. "convaincant" pour l'un, "n'a pas convaincu les français" pour l'autre. Je me suis intéressé pour ma part à un point plus précis du sondage du Figaro, au score réalisé en fonction de l'opinion affichée de la personne sondée. Autrement dit, pour 83% des gens de droite Nicolas Sarkozy a été convaincant, et pas convaincant pour 83% des gens de gauche. Il aurait été intéressant dans ces cas de faire une analyse plus poussée, afin de comprendre pourquoi le Président de la République a pu dans le même temps convaincre 17% des électeurs de gauche et en décevoir autant dans son propre camp électoral. La réponse se trouve certainement dans la perception des mesures annoncées, avec sans doute à la clé quelques surprises. En tout état de cause, mon opinion sur ces deux sondage est faite : Je renvoie dos à dos convaincus et non convaincus, victimes si j'ose dire des marges d'incertitudes. Fifty-Fifty diraient les anglais...

19/10/2008

Nouvelle catastrophe financière : un compte a été piraté !

Le Journal du Dimanche de ce Dimanche révèle le piratage du compte personnel de Nicolas Sarkozy. Dont acte. Mais de là à en déduire que c'est une pratique courante et que les coordonnées bancaires font l'objet d'un trafic juteux sur Internet c'est bien exagérer le phénomène(1). Le journaliste enumère d'ailleurs les multiples possibilités de "dérober" les coordonnées bancaires d'un particulier. Je cite : "lors d'un achat en ligne ou au moment de la consultation d'un compte sur le Net, lors du paiement avec une carte de crédit chez un commerçant malhonnête, ou encore à l'occasion d'un vol ou d'une perte de documents " .
Reprenons les un par un voulez-vous ? Lors d'un achat en ligne il n'y a aucun, je répète aucun risque de se faire pirater. Soit le "vol" des coordonnées bancaires a eu lieu avant, et c'est l'achat dans son ensemble qui est frauduleux ; soit il n'y a pas encore eu "vol", et ce ne sera pas à ce moment là que le vol aura lieu, non. Vraiment, vous imaginez un pirate attendant tel un pêcheur à la ligne le moment précis où vous allez enfin taper ces fameux numéros ? (2).
La consultation d'un compte sur le Net ? Méconnaissance ou malhonnêteté encore une fois. Pour le faire régulièrement j'ai bien eu le temps de constater que jamais – oh grand jamais – je n'ai eu à taper mon numéro de carte bancaire. De plus je rappelle ici que le "code" pour consulter son compte n'est pas celui pour effectuer des retraits.  Je ne vais pas parler ici des autres "cas" (paiement avec une carte de crédit chez un commerçant malhonnête, vol ou perte de documents), car cela n'a rien à voir avec Internet. 
Alors, ignorance ou paranoïa dans cet article ? Les deux mon capitaine, et à haute dose encore !

(1) Je ne suis pas en train de nier l'existence d'un tel trafic. Je dis simplement que sa valeur "réelle" est infinitésimale par rapport à ce que le journaliste laisse entendre : "trafic juteux", sous entendu des millions de dollars, voire plus encore. Non, quelques milliers tout au plus d'après moi...
(2) Les spécialistes vont me parler de ces logiciels qui scrutent les frappes du clavier, mais si en "théorie" cela marche, en pratique cela ne marche pas. La preuve ? Qu'un seul de ces programmes fasse la preuve de son "efficacité", et en moins d'une journée toute la planète est au courant ! Une autre preuve ? à supposer que cela a tout de même existé et marché, on ne sait rien ni du programme, ni de l'escroc, ni des victimes !

10/01/2008

Un air de déjà vu...

C'était donc vrai : Le Président de la République en exercice a été hospitalisé en secret. Peu importe la nature du mal, la durée de l'hospitalisation ou la teneur des soins dispensés. Ce qu'il faut retenir est ailleurs : on ne peut toujours pas parler de la santé du premier personnage de l'Etat, et ce quel que soit la personne, l'Etat ou l'époque. La transparence affichée jusqu'alors a montré ses frontières, qui sont celles des portes de l'hôpital. Au-delà circulez, il n'y a rien à voir. Pourtant tout indique que le mal n'était pas si grand. Alors pourquoi tant de précautions, de secrets ? Mon analyse est que l'homme ne doit pas en paraître un. Tel un super-héros, notre super-Président ne doit ressentir ni mal, ni peine, ni douleur. Il se doit d'être supérieur aux autres, au peuple qu'il gouverne même lorsqu'il est malade. Pensez qu'il aurait fallu confier - même pour un instant - les clefs de la Maison France à un "collaborateur". Perspective auquel n'a pu se résoudre Nicolas Sarkozy. Du coup, de deux maux il a choisi le moindre, celui du secret d'Etat. Ce n'est là qu'un premier coup de canif au contrat passé entre le candidat devenu Président et ses électeurs : "Je ne vous mentirai pas, sauf par omission. Je ne vous trahirai pas, sauf si c'est mon intérêt. Je ne me déroberai pas, sauf si j'en décide autrement."

 
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