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17/07/2010

Quand la cour des comptes examine les comptes de la République

La Cour des comptes nous avait habitué à mieux, et c'est un document (mal) scanné qui nous est présenté à l'occasion du rapport sur la "gestion 2009 des services de la Présidence de la République".
Comme la plupart des observateurs je relève moi aussi la bonne volonté affiché par la Présidence de la République, et les progrès fait en matière de bon usage des deniers publics. Mais il y a tout de même deux ou trois petites choses que je veux pointer du doigt car les journalistes ne s'y sont pas attardés.
Tout d'abord le récolement du mobilier et des oeuvres d'art. La Cour avait déjà noté dans son précédent rapport l'absence d'inventaire, le dernier remontant à 1996. 14 ans plus tard le constat est sévère : ce que la cour appelle des disparitions et qui n'est rien d'autre que du vol en bonne et due forme a été de grande ampleur, avec en prime l'impossibilité d'engager des poursuites pénales... On parle ici de 67 objets classés remarquables et sans doute par extension de grande valeur... Pour la petite histoire c'est un stagiaire en histoire de l'art (et qui j'espère pour lui n'est pas "fils de...") qui terminera en six mois l'inventaire des oeuvres d'art présentes à l'Elysée.
Je note aussi qu'un paragraphe est consacré à la rémunération du président de la République - terme officiel "indemnité de fonction" - pour un  montant brut annuel de 254 160 euros et 7 centimes. Note savoureuse à mon goût, la cour précise bien que l'indemnité est ajustée sur le point d'indice de la fonction publique, ce qui a représenté pour 2009 une augmentation de 0,63%. Mais surtout, la Cour prend bien soin de rappeler non sans malice, que c'est la loi 2007-1822 qui "fixe votre traitement", et qui à l'époque avait prêté le flanc à bien des polémiques...
Enfin, et même si en valeur absolue la dépense reste symbolique(1) par rapport au budget total évalué, l'Elysée a besoin chaque matin d'une livraison du Figaro en 82 exemplaires...

(1) 391 634 Euros pour les achats presse, auquel il faut ajouter 69 344 Euros pour les abonnements

10/09/2009

Ah ! Si j’étais Président de la République

Qui n’a pas un jour entendu ou prononcé cette phrase ? Elle est habituellement suivie d’un « je ferais comme ci ... » ou bien « je ferais comme ça... », ou bien du plus subtil « je ne ferais pas ça comme ça... ». Depuis quelques jours je me pose aussi la question, mais pas en ces termes. Non je préfère m’interroger sur le thème « Ah ! Si j’étais Président de la République, quel type de président serais-je ? ». J’ai décliné ici quelques situations types.

L’état de grâce
Bien entendu si j’étais Président de la République(1) c’est que j’aurais été élu. Je bénéficierais donc de l’état de grâce. Outre la volupté d’en jouir les premiers jours, m’empresserais-je de passer un maximum de lois et décrets en un minimum de temps ? Je ne le pense pas. J’imagine plutôt que je mettrais en pratique l’idée phare, la mesure choc qui aura emporté l’adhésion des électeurs sur mon nom. Longuement expliquée durant la campagne, cette proposition serait non seulement utile au pays mais encore rapide à mettre en oeuvre et facile à évaluer.

Les Symboles
Il en faut. Le premier d’entre eux serait ma volonté de simplifier le protocole. Pas toujours facile j’imagine, mais enfin je m’y efforcerais. L’autre serait - enfin ! - la transparence la plus complète dans le train de vie de l’Etat en général et celui de l’Elysée en particulier. Parenthèse pour préciser qu’il y a sans doute des marges, et réduire de 25% le budget de l’Elysée me semble un objectif tenable, et ce sans porter atteinte ni à la fonction ni à la sécurité du premier personnage de l’Etat que je serais devenu. Enfin, un autre symbole fort serait sans doute ma première visite en "province", pour la ville où j’ai passé 17 ans de ma vie(2). 

La Diplomatie
Serais-je bon diplomate ? C’est vrai qu’il est difficile, "l’art de faire durer les carreaux fêlés" selon l’expression - savoureuse mais sans doute apocryphe - du Général de Gaulle. On me verrait vite à mon aise lors des sommets, après quelques atermoiements somme tout légitimes. Bien que n’étant pas orateur-né mes discours auraient tout de même une certaine portée, sans doute à cause de mon habitude de faire d’abord écrire le discours par un énarque(3) avant d’en réécrire un bon tiers avant de le prononcer...

Les cérémonies officielles
Service minimum ici. Pas de nouveautés et même une certaine régression puisque ne reprenant pas cette nouvelle habitude de faire des discours à ces occasions. Mais je tenterais bien de remplacer sur la forme l’interview télévisée du 14 Juillet. Je voudrais bien la transformer en une conférence de presse, histoire de permettre à un maximum de journalistes de m’interroger. 12 journalistes, deux questions pour chacun d’entre eux (mais sans droit de suite...) est une idée que je mettrais en pratique, au moins la première fois.

Les inaugurations
Ce ne sera pas non plus un des plus grands moments de mon quinquennat. Ce sera visible au Salon de l’Agriculture par exemple, où je pense consacrer bien moins de temps que certains, ne serait-ce qu’à cause de mon habitude de ne jamais goûter aux dégustations que l’on me proposerait(4).

Les vacances
Démagogie ? Pragmatisme ? Je laisserais volontiers les journalistes et les chroniqueurs en débattre puisque je ne ferais usage que des installations mises à ma disposition par l’Etat. Dit autrement, je serais souvent au Fort de Brégançon. Au programme détente, un peu de sport (très peu certes, mais sport quand même), beaucoup de repos, et baignades l’été. Par extension pas de prolongations des séjours officiels à l’étranger par des visites privées. Mes sorties culturelles seront incluses dans l’agenda officiel ou n’existeront pas.

Les visiteurs de l’Elysée
Ce serait là un trait original de mon quinquennat, ma lubie manie de recevoir intellectuels et scientifiques à tout bout de champ. Du coup ces derniers m’en voudraient moins d’avoir fusionné le ministère de la recherche dans celui de l’Education Nationale(5). Mes déjeuners et dîners prendraient vite l’allure de ces salons si chers au Siècle des Lumières. Est-ce que pour autant cela fera une "présidence éclairée" ? Aux électeurs d’en juger.

Les sondages
Balayés d’un revers de main en début de mandat, j’ai bien peur d’en tenir de plus en plus compte sous la pression de mes conseillers. Et ce d’autant plus que les prochaines élections seront proches...

La vie privée
Il y aurait peu à dire, car celle-ci serait sans doute sacrifiée sur l’autel de mon mandat. Ce sera là un sujet de livre pour journaliste enquêteur, pour après mon quinquennat(6).

Le premier "couac" avec les français
Il aura lieu lors de la mise en place d’une "grande réforme". Alors sera-ce à propos de l’hôpital, des retraites, de la sécurité sociale ou des impôts ? Le choix est vaste, hélas. J’exclu des soucis avec l’éducation nationale ou la justice, puisque les deux ministres respectifs auront été choisi en commun accord avec l’opposition.

Le "buzz"
J’ai horreur du mot, mais puisqu'il est à la mode, prenons-le. Il sera - hélas pour moi ! - à l’occasion d’un important sommet, et sera sans doute une bourde protocolaire filmée par le monde entier... Mais pour savoir laquelle, élisez-moi !




(1) Bien que voulant rester à tout prix anonyme c’est ici un aveu implicite sur mon sexe...
(2) Anonymat encore, je ne dirais rien de plus.
(3) Hein, mais non je n’ai pas précisé qu’il devra savoir écrire !
(4) N’y voyez pas là le fait que je me soucie de ma santé, mais plus prosaïquement le fait que j’ai horreur de ça.
(5) Non, pas même un secrétariat d’Etat. Rien du tout !
(6) Oui je me présenterais pour un second mandat, et non je ne pense pas être réélu.

10/01/2008

Un air de déjà vu...

C'était donc vrai : Le Président de la République en exercice a été hospitalisé en secret. Peu importe la nature du mal, la durée de l'hospitalisation ou la teneur des soins dispensés. Ce qu'il faut retenir est ailleurs : on ne peut toujours pas parler de la santé du premier personnage de l'Etat, et ce quel que soit la personne, l'Etat ou l'époque. La transparence affichée jusqu'alors a montré ses frontières, qui sont celles des portes de l'hôpital. Au-delà circulez, il n'y a rien à voir. Pourtant tout indique que le mal n'était pas si grand. Alors pourquoi tant de précautions, de secrets ? Mon analyse est que l'homme ne doit pas en paraître un. Tel un super-héros, notre super-Président ne doit ressentir ni mal, ni peine, ni douleur. Il se doit d'être supérieur aux autres, au peuple qu'il gouverne même lorsqu'il est malade. Pensez qu'il aurait fallu confier - même pour un instant - les clefs de la Maison France à un "collaborateur". Perspective auquel n'a pu se résoudre Nicolas Sarkozy. Du coup, de deux maux il a choisi le moindre, celui du secret d'Etat. Ce n'est là qu'un premier coup de canif au contrat passé entre le candidat devenu Président et ses électeurs : "Je ne vous mentirai pas, sauf par omission. Je ne vous trahirai pas, sauf si c'est mon intérêt. Je ne me déroberai pas, sauf si j'en décide autrement."

 
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