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22/06/2019

De l'eau sur Mars, un jour...

L'article de Futura sciences ne pouvait pas me laisser indifférent, surtout en cette période du Baccalauréat 2019 où la notion du temps à été mise l'honneur à l'occasion de l'épreuve de philosophie. Mais pour en revenir au magazine, ce dernier annonce donc que "De l’eau coulait sur Mars dans un passé proche". Passé proche certes, mais proche pour qui ?
Pour le savoir il faut lire l'article et y découvrir que "des traces d'altération aqueuse tardive dans des météorites martiennes [se sont] produites sur Mars, il y a entre 227 et 56 millions d'années."
Je vais passer sur la litote ("l'eau" du titre qui se transforme dans l'article en "de l'altération aqueuse") pour m'attarder sur le "passé proche", à savoir entre 227 et 56 millions d'années.
Comme pour insister Futura sciences parle d'un "passé relativement récent" et au passage glisse doucement de l'analyse toute factuelle des cristaux de zircon (ZrSiO4) à l'extrapolation des résultats : "[cela] montre que de l'eau liquide a été disponible à proximité de la surface dans un passé relativement récent et que, par conséquent, cela pourrait encore être le cas de nos jours. Mars aurait pu être habitable sur presque toute son histoire* puisque l'eau est le premier ingrédient nécessaire à l'émergence de la vie."
Mais revenons au passé si proche car c'est le véritable sujet de ce billet. Si 56 millions d'années c'est "récent" alors que dire des 2 019 ans de notre calendrier ? Lequel de ces 2 événements est "récent" ? On le voit bien, tout est question d'échelle et à celle de l'Univers ces 56 millions ne comptent pour rien ou presque**.
Mais à l'échelle de l'Homme ces 56 millions d'années sont une valeur si grande qu'elle n'est pas imaginable. D'ailleurs les scientifiques ne s'y trompent pas puisque le "passé relativement récent" de l'article couvre en réalité toute la période entre 227 et 56 millions d'année soit quand même une marge d'erreur admise par les contributeurs de l'étude de 171 millions d'années. Là est le reproche que je peux faire à l'article : à aucun moment il n'est fait allusion au fait que ce qui est arrivé sur Mars est en réalité survenu "il y a bien longtemps". L'écrire aurait sans dout gâché le rêve induit par le sujet en question ...

 

* Souligné par moi.

** Si 56 millions dans un univers agé de 15 milliards d'années sont comme 13 secondes dans une heure, 2019 ans dans 56 millions d'années sont comme 1 dixième de seconde dans la même heure.

12:47 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : temps, mars, astronomie

20/04/2013

Les nouvelles planètes.

Dans l'abondance d'informations de cette semaine, l'annonce de la découverte de deux nouvelles planètes par le télescope spatial américain Kepler est passé presque inaperçu. Il faut dire que depuis qu'on découvre régulièrement des exoplanètes, une de plus ou de moins, après tout... Mais ce qui me dérange toujours dans ces annonces ce sont les approximations que je peux vite découvrir, moi qui ne suis même pas astronome amateur, seulement passionné d'astronomie.
Pour l'anecdote - et pour souligner combien il n'est pas facile pour un journaliste de relayer ce type d'information - le journal Le Monde avait dans un premier temps annoncé que cette découverte avait été faite par "deux astronautes"... Erreur vite corrigée sur le site, dont acte.
Je me suis plus particulièrement intéressé à l'article publié sur internet par Science et Avenir, dont la ligne éditoriale est loin de tout sensationnalisme.
Le spectaculaire de l'annonce réside dans le fait que "ces deux exoplanètes sont les objets les plus similaires à la Terre jamais trouvés". Qui dit planète dit étoile, et Kepler62a est une naine orange, une étoile dont la température de surface est d'environ 20% inférieure à celle du soleil (4000°K contre 5000°K).
L'article précise alors que les deux planètes "sont soumises à un rayonnement similaire à celui que Vénus et Mars reçoivent du Soleil". C'est bien entendu faux car on sait très bien que le rayonnement que reçoit Venus n'est pas du tout le même que celui que reçoit Mars. Il aurait été plus logique de préciser - après l'application d'une simple règle de trois - la quantité estimée de rayonnement reçue.
Mais comme il faut faire du sensationnalisme à tout prix, cette précision est absente. De plus, rebaptiser les expoplanètes en "deux petites terres" prouve bien l'intention de l'article, entraîner le lecteur sur cette pente qui mène à la "découverte ultime", une Terre comme la nôtre.
Outre ces histoires de soleil et de distance (la fameuse "zone habitable" dont parle l'article) il y a cet élément insdispensable, l'eau. Le chapeau de l'article le précise bien d'ailleurs, sur ces deux planètes, "l'eau pourrait même s'y trouver à l'état liquide". On insiste dans l'intertitre en répétant que "[la] température permettrait à l'eau d'exister à l'état liquide". Hélas, trois fois hélas la lecture du texte de l'article douche notre enthousiasme naissant : "la présence d'eau dépend de la densité de la planète et de la composition de son atmosphère. Hélas ces deux paramètres sont encore inconnus". Inconnus, vous avez bien lu, les découvreurs ne savent pas dire s'il y a de l'eau ou pas puisque les paramètres sont inconnus. Arrivé à ce point, on se demande bien ce qu'il reste d'extraordinaire dans cette découverte.

09:31 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : astronomie, kepler, explanete

09/01/2013

Et pour un frôlement de plus...

On parle beaucoup d'astronomie en ce moment et sur le fond ce n'est pas pour me déplaire, moi qui a toujours eu un intérêt particulier pour le monde des étoiles. Mais hélas la plupart du temps les articles que l'on peut lire dans la presse non spécialisée ne sont pas à la hauteur. Le dernier sujet - le retour d'Apophis - ne déroge pas à la règle. Ce qu'il y a d'extraordinaire c'est que j'ai déjà évoqué le caillou ici-même.

Mais reprenons les termes utilisés dans l'article du Figaro de ce jour. Tout d'abord voyons ce beau chapeau car l'astéroïde va "frôler" la Terre. Une fois de plus le terme frolé est bien mal choisi (euphémisme !). Si je compare avec cet autre frôlement il en est même diablement éloigné. En reprenant mon échelle, il faudrait placer votre bille à 536 Kilomètres pour simuler le "frolé" du journaliste. Preuve par l'absurde que le terme est tout sauf approprié à l'événement.

Voyons ensuite le nom même d'Apophis dont on veut nous faire croire qu'il vient en droite ligne de la tradition consistant à donner aux sphères qui nous entourent des noms de Dieux mythologiques. Ici la réalité est bien plus terre à terre si j'ose dire. Il faut se replacer en 2004 quand l'astéroïde a été baptisé. A l'époque il fallait marquer les esprits et faire prendre conscience à l'opinion publique du danger de ces bolides célestes. Il a donc été nommé Apophis non pas en hommage à un Démon lambda mais à cause de la bande dessinée "On a marché sur la Lune" où Tintin à bord de la fusée qui l'emmène vers la Lune manque d'entrer en collision avec ... Apophis. Je n'ai de cesse de le dire ici au fil de mes billets, toutes ces histoires d'astéroïdes n'ont pour unique objectif que de justifier des budgets. Nous n'avons rien à craindre ni d'Apophis ni de tout autre bolide. Qu'on se le dise une fois pour toute.

Pour conclure enfin je veux tout de même signaler que l'article dit une chose et son contraire - ce qui ne fait qu'apporter de l'eau à mon moulin : Au début on nous explique que "les passionnés d'astronomie seront ravis de pouvoir découvrir à l'œil nu un astéroïde géant mercredi soir." pour ensuite corriger le tir et finalement admettre que "les astronomes amateurs pourront l'observer, peut-être même avec de simples jumelles". Sur Twitter on appelle ça un "#fail".

 

18:39 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : astéroïde, astronomie

19/12/2012

Tau Ceti, l'autre merveilleuse de la Baleine ?

L'information peut paraître importante et pourtant nous restons comme je ne cesse de le dire dans du banal. Bref, si l'on en croit le journal "Le Monde", l'étoile Tau Ceti abrite au moins une planète habitable. Ce que je reproche à ce genre d'annonce c'est qu'elle joue trop avec l'ignorance du grand public en matière d'astronomie :

a) L'étoile s'appelle Tau Ceti : Tau pour la lettre grecque correspondante et Ceti la déclinaison latine. Dès lors, puisque Ceti veut dire "constellation de la Baleine", écrire que "Tau Ceti [...] fait partie de la constellation de la Baleine" est à mes yeux un pléonasme savoureux.

b) Tau Ceti "ne se trouve qu'à douze années-lumière de notre Soleil" dit l'article, en laissant croire que c'est la porte d'à coté. Certes oui, mais à l'échelle de l'Univers, échelle qui n'a strictement rien à voir avec la perception que nous avons des distances. Prenez la Lune, seul autre astre sur lequel l'Homme a posé le pied. Elle est située à 1 seconde-lumière de la Terre et en 1969 il a fallu 3 jours pour y aller. A supposer qu'on puisse doubler la vitesse d'Apolo XI (ce qui n'est pas encore possible techniquement) c'est un voyage aller-retour de 3 millions d'années qu'il faudrait envisager pour aller vers Tau Ceti.  

c) "Sa masse et son rayonnement sont comparables" est juste mais surtout il est fait abstraction du caractère essentiellement isomorphe de l'Univers , composé des mêmes éléments ici comme ailleurs. Il n'y a donc rien d'extraordinaire à ce qu'il existe dans l'Univers des milliards* d'étoiles dont la "masse et [le] rayonnement sont comparables" à notre Soleil. C'est l'inverse qui serait sensationnel au contraire.

d) Le plus flou reste cette notion de "planète habitable" : Voyez Mars qui n'a rien d'une planète habitable (du fait de son atmosphère ténue, sans même parler de la composition de cette atmosphère...) et qui pourtant fait l'objet de recherches tenaces. Comparez ici la connaissance qu'on peut avoir de Mars et celle qu'on a de la planète tournant autour de Tau Ceti et demandez-vous pourquoi si peu d'informations permettent de dire que la planète est habitable dans un cas, et pourquoi dans l'autre cas tant d'informations ne permettent toujours pas de savoir si la Vie a pu exister.

* Je devrais dire "des centaines de milliards" pour être plus près de la réalité...

29/08/2012

L'Univers, cet isomorphe

Jusqu'à preuve du contraire l'Univers est isomorphe, qu'on se le dise une fois pour toute. Autrement dit il est fait partout pareil. Notre étoile - le Soleil - n'est qu'une étoile ordinaire sans aucun signe distinctif, comme des milliards d'autres étoiles. Les planètes tournant autour de cette étoile sont également des planètes banales, qu'elles soient telluriques ou gazeuses, comme les milliards de planètes qui peuplent notre Univers. Notre galaxie - la Voie Lactée - n'est qu'une galaxie parmi les milliards d'autres galaxies. Et l'on voudrait admettre comme principe que la Vie sur terre est unique ? C'est bien entendu un non-sens antropomorphique. Il y a des millions, voire des milliards d'autres vies, j'en suis persuadé. Nous ne les voyons pas* car notre technologie ne nous permet tout simplement pas de les voir. Je n'ai de cesse de le clamer, l'Univers c'est avant tout et surtout du vide. 
Mon raisonnement pour singulier qu'il puisse paraître n'en est pas moins cohérent. Puisque tout est banal, des galaxies aux planètes, rien ne permet de conclure que la vie elle est unique. Même si je prends comme hypothèse que la Vie sur terre est la seule de notre galaxie, comme il y a dans l'univers des dizaines de milliards de galaxies, cela fait tout autant de civilisations passées, présentes ou à venir. Et quand bien même je vous concèderait que la Vie ne peut exister que dans une galaxie sur un million, il en resterait encore bien assez.
C'est pourquoi je considère l'annonce de ce jour spéculant sur des possibilités de vie extraterrestre autour des étoiles binaires comme un non-événement.

* Précision : je ne crois pas aux OVNIS.

18:54 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : univers, astronomie, vie, galaxie, ovni

 
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