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09/03/2011

L'impossible calcul du prix de l'essence

On a raison de s'inquiéter(1) de la soudaine hausse du prix de l'essence à la pompe. Vous aurez noté que je ne parle pas ici du prix du pétrole à Londres (Brent) ou à New-York (Crude Oil). Non je parle bien de la relation - fatalement étroite - entre l'un et l'autre. La communication des groupes pétroliers(2) devient de plus en plus difficile pour expliquer comment la récente hausse des cours provoque une telle flambée à la pompe, environ 20% en à peine 3 semaines. Reprenons les paramètres principaux : En 1 nous avons le cours du brut à la bourse, en 2 nous avons la parité Euro-Dollar et en 3 nous avons le prix à la pompe. Le prix de l'essence ne varie qu'en fonction de ces 2 paramètres, les autres pouvant être qualifiés comme en mathématique d'Epsilon, de quantité négligeable. Pour le cours de bourse peu de gens encore savent que cela correspond à une livraison du "baril" dans 3 mois(3). Autrement dit le prix payé aujourd'hui par un groupe pétrolier pour un baril est du pétrole qui sera livré en juin. On conclut donc que l'essence acheté aujourd'hui est du pétrole dont le prix de bourse était en gros celui de début décembre. Premier paradoxe car la hausse toute récente des cours de bourse ne devrait en aucun cas justifier une hausse du prix de l'essence. C'est alors qu'on nous réplique qu'il n'est pas possible de comparer le prix de l'essence d'aujourd'hui avec un baril à 110$ avec le prix de l'essence au plus fort de 2008 où le baril était à 150$(4), en avançant l'argument d'une parité Euro-Dollar différente et qui, comme par hasard (!),  était plus avantageuse en 2008 qu'en 2011. Je suis prêt à entendre ça mais si c'était juste cela voudrait dire qu'il est possible de bâtir une équation du style Prix du baril * (parité Euro-Dollar) = prix à la pompe ou quelque chose dans le genre. Là où il faut protester(5) c'est qu'il est impossible d'établir une relation exacte entre prix du baril et prix de l'essence : ce n'est pas une fonction linéaire. En fait on nous explique que nous avons d'un coté un cours de bourse, de l'autre des monnaies fluctuantes, et au milieu le quidam qui fait son plein à la pompe. Le prix lui semble sorti tout droit d'une loterie où le consommateur est perdant à tous les coups...

(1) J'essaie désormais de limiter au minimum l'usage du verbe "s'indigner", devenu en quelques mois largement galvaudé.
(2) Ici aussi l'épithète "grand" est de trop. Vous connaissez des petits groupe pétroliers vous ? Moi pas.
(3) Je simplifie à peine, je sais qu'il existe aussi des livraisons à 6 mois,un an etc,mais cela ne change en rien mon argumentation au contraire.
(4) Je rappelle ici qu'en 2008 on payait l'essence moins cher qu'en ce moment.
(5) voir (1) supra.

18:56 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : essence, pétrole, baril

28/04/2008

Ce (pas) cher pétrole

Le pétrole est à des niveaux records, 119 dollars pour un baril à ce jour. Mais ce que personne ne dénonce ici n'est pas tant le prix, mais les causes qui font que ce prix augmente. Je suis stupéfait – le mot est faible – des arguments annoncés. Incendie d'une raffinerie en Finlande un jour, fuite d'un pipeline au Nigéria un autre jour, menace (et non dégats!) d'un ouragan dans le golfe du Mexique. Que dire alors de la grève qui a lieu en ce moment en Ecosse ? Non seulement le pétrole est cher, mais en plus il est bien fragile, si ces aléas ont tant d'influence sur le cours journalier. Ma conclusion est simple : ou bien tout ceci est vraiment réel et sérieux, et alors on ne paie pas assez cher le pétrole au regard de la fragilité de son approvisionnement, ou bien c'est de la poudre aux yeux, et les causes de la hausse ne sont pas autre chose que de la pure spéculation financière.

11:50 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Actu, pétrole, cours, baril

17/03/2008

Deux remarques sur le prix du pétrole, que vous ne lirez pas ailleurs

Il n'aura échappé à personne que le prix du baril de pétrole a augmenté ces derniers temps. Au lieu de m'en émouvoir et de me demander jusqu'où ira la hausse, je trouve plus original de pointer deux choses, et d'abord la référence utilisée par les médias. Je me souviens très bien que dans les années 1980 et 1990 - pourtant pas si lointaines - on ne jurait que par le Brent de la Mer du Nord, coté à Londres. Par je ne sais quel mystère, le prix qui fait désormais autorité est celui du brut léger, coté à New York. Il serait intéressant de chercher à savoir depuis quand l'un a supplanté l'autre, et de comprendre pourquoi ce changement de "baril étalon" a eu lieu.
Deuxième remarque, sur le prix en soi et ses explications. Qui se souvient de ce qu'on racontait à propos du prix du baril (de New York !) il y a un an ? Moi, figurez-vous. Il se trouve que j'ai conservé le texte d'une dépêche de l'agence Reuters de Janvier 2007, qui explique que si le prix du baril est tombé à 53$ (!), c'est à cause du réchauffement climatique (l'hiver 2006-2007 a été très doux partout en Europe), et qu'il faut s'attendre dans les prochaines semaines à de nouvelles baisses. Je n'invente rien ! Les plus sceptiques ou les abonnés de Reuters pourront retrouver la dépêche, et verront que je ne raconte pas de bêtises. Je n'en dirait pas autant des "experts" qui avaient autorité pour parler du pétrole, de son prix, et de son évolution dans le temps...

17:10 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Actu, pétrole, baril, prix

 
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