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28/02/2009

Qualifier la crise : L'hiver économique

Tous les éditorialiste, économistes, hommes politiques(1) ou autres personnalités ont cherché à qualifier la crise que nous traversons en ce moment. Les plus prudents ne disent rien d'autre et parlent tout simplement de "la crise", alors les plus vindicatifs ou les plus imaginatifs cherchent le meilleur qualificatif, l'expression qui sera retenue par le lecteur, l'auditeur, le téléspectateur ou l'électeur.
C'est ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de lire, voir ou entendre des expressions comme "crise du siècle", "tsunami économique", "crise globale", ou hier encore "horreur économique". Mais à mes yeux aucune de ces expressions ne résume parfaitement ce qui se passe. "Crise du siècle" me semble présomptueux alors qu'il reste au siècle en question 90 ans. "Tsunami économique" est tout simplement stupide, car un raz-de-marée n'est rien d'autre qu'un événement - certes imprévisible - mais dont la puissance n'a d'égale que la très courte durée dans le temps. Non, mon analyse personnelle est que nous sommes entrés dans l'hiver économique. Cette période froide et glauque dont tout le monde attend la fin avec impatience, mais également avec la pleine conscience de sa propre impuissance à en accélérer la fin(2) et à finalement devoir la subir en dépit de tout. L'hiver économique s'impose à tous, aux plus riches comme aux plus pauvres, et sa présence se rappelle à nous chaque jour qui passe. Enfin l'hiver économique sera long et rigoureux, et ici les économistes sont bien moins lotis que les météorologistes qui eux peuvent compter avec un événement naturel (l'équinoxe) pour savoir quand l'hiver prendra fin. Rien de tel hélas ici, et comme toute anomalie climatique, l'hiver économique que nous traversons étonne par son ampleur, sa force, et sa vigueur. Tels des animaux devant un phénomène inhabituel nous devrons coûte que coûte survivre et évoluer, et comprendre que cela passe par un changement profond de notre habitat et de nos repères. Quant au printemps économique, sous-entendez la reprise, il finira bien par arriver. Mais quand ?

(1) ou femme politique
(2) Voyez les plans de relances successifs qui ne ralentissent pas la crise, au contraire.

04/10/2008

La crise et ses coupables

La crise actuelle doit démystifier deux choses. D'abord elle devrait mettre au chômage non pas des ouvriers ou des employés, fussent ils de banque, mais les experts et les analystes. Si je me souviens bien – et souvent je me souviens bien – le prix du pétrole a augmenté depuis 18 mois (janvier 2007 = 53$ le baril, avec des perspectives à la baisse !), parce que la croissance économique des pays émergents allait peser sur la production au point de tarir avant terme cette énergie... Voyez où nous en sommes aujourd'hui ! Je vous signale que dans la Chine antique, on décapitait les astrologues qui n'avaient pas su prédire les éclipses du Soleil. Bien entendu je n'en demande pas tant ici. Mais enfin, on pourrait quand même faire le procès de ces personnes, qui disent en croyant savoir et qui en fait ne savent rien. Un autre révélateur de cette crise est le yo-yo (je ne vois pas d'autre terme) des indices boursiers. Les hausses comme les baisses sont spectaculairement inquiétantes. Bien que non spécialiste, je pense que ces +9% du CAC40 ou ces -777 points du Dow Jones que nous avons vu récemment ne sont pas la conséquence de la crise en elle-même, mais la réaction presque irrationnelle des acteurs du marché boursier. J'emploie le terme "irrationnel" à dessein, voulant souligner ici à quel point la réaction est déconnectée de la réalité économique(1). Car ce n'est pas l'économie qui va mal, mais la finance, vérolée par des mécanismes devenues si complexes qu'ils en sont devenus incontrôlables. Le ver de "l'effet de levier" est dans le fruit de l'économie de marché, en quelque sorte.
Tant que j'y suis, un mot aussi sur les "parachutes dorés". Ils ont un seul "avantage", si je peux le dire ainsi, c'est qu'ils permettent de montrer au "peuple" des coupables, de donner un visage au Mal actuel. Bien entendu cette pratique doit cesser au vite. Mais outre cela je souhaite – et j'espère – qu'aucun euro de bonus ne sera versé cette année aux traders. Ce serait après tout la moindre des choses que de voir leur "pouvoir" d'achat en baisse par rapport à l'an dernier.

(1)Je sais que je suis ici en total contresens avec ce qui est dit du matin au soir dans les médias. Mais entre nous, de l'action "LVMH" (par exemple) à moins 25%, moi j'achète tout de suite !!

00:13 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : crise, finance, actions, bourse

 
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