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19/06/2010

Regard sur les ratés de la vieille Europe en Coupe du Monde de football

La défaite de l'équipe de France de football face au Mexique a été durement ressentie par les supporters, mais aussi bien au-delà. N'étant pas un grand spécialiste de ce sport - que je suis pourtant à la télévision depuis bientôt 35 ans(1) - je pense que la défaite des bleus doit résonner autrement à nos oreilles, et c'est pour des raisons que je vais développer ici que je ne tirerai pas sur l'ambulance "EdF"(2), enfin pas que sur elle.
Ce qui me pousse à écrire ces lignes ce sont les piètres performances des équipes nationales de la vieille Europe. L'Espagne qui perd contre tout attente face à la Suisse ; l'Allemagne qui tombe de son piédestal de prétendant à la victoire finale en chutant contre la Serbie ; l'Angleterre qui n'arrive pas à battre une équipe d'Algérie certes vaillante mais bien plus faible sur le papier ; et l'Italie enfin qui n'a pas donné non plus à ses tifosi des gages de bonnes intentions dans cette coupe du Monde(3). Et pourtant, quels sont les quatre plus forts championnats de clubs ? ce sont les championnats anglais, espagnols, italiens et allemands.
Autre réflexion : presque tous les joueurs anglais jouent en Angleterre, presque tous les joueurs allemands jouent en Allemagne, presque tous les joueurs espagnols jouent en Espagne, et enfin presque tous les joueurs italiens jouent en Italie. Et les joueurs français me direz-vous ? Eh bien presque tous les joueurs de l'Equipe de France jouent dans l'un de ces quatre pays. Autrement dit, Espagne, Italie, Allemagne, Angletterre, France, voici cinq pays avec en classe individuelle sans doute les meilleurs joueurs du monde et au final cinq déceptions pour les supporters de ces équipes nationales respectives.
Tout simplement parce que la logique économique s'impose aux joueurs qui savent bien qui est leur premier employeur : c'est leur club et non pas leur sélection nationale. Partant de là ces derniers se "défoncent" tout au long de la saison pour leur club qui en retour paie grassement ces "exploits". Le maillot de l'équipe nationale ne fait plus rêver aucun joueur, et je vais même jusqu'à me demander si cette coupe du Monde n'est pas pour cette catégorie de joueurs des "heures sup'" obligatoires inscrits à leur contrat, et éxécutés à contre-coeur...
Alors tirer sur l'ambulance de l'Equipe de France sans doute, mais regardez autour de vous et voyez les performances des équipes d'Italie, d'Espagne, d'Allemagne ou d'Angleterre. La gangrène du foot-business a atteint ces nations(4), cela ne fait aucun doute.
Dernier argument qui me fait de plus en plus penser que je suis dans le vrai c'est se demander pourquoi les équipes sud-américaines ne sont pas dans cet état d'esprit. Pourtant l'actuel meilleur joueur du monde(5) joue en Espagne. Mais je pense que l'éloignement géographique joue ici un rôle non négligeable, et que le joueur en question sait qu'il est redevable envers ses supporters nationaux. J'y vois une sorte de dédommagement pour ne pas être chaque dimanche dans un stade d'Argentine. 
Pour terminer et rester un brin "chauvin", que faut-il faire alors pour notre équipe nationale ? Au vu de ce que je viens d'écrire, laisser les joueurs français évoluant à Arsenal, à Barcelone ou au Bayern de Munich jouer pour leur club. Trouver des joueurs a priori de moindre rang, mais qui eux sauront se sublimer une fois sous le maillot des bleus. Un bon critère serait de ne sélectionner en équipe de France que des joueurs évoluant dans notre propre championnat de Football(6), ou bien jouant leur première saison à l'étranger. C'est à ce prix que notre équipe retrouvera du mordant, de l'envie et pourquoi pas - on peut toujours rêver - marquera des buts et gagnera des matchs...


(1) J'ai vu en direct Dominique Bathenay tirer sur le poteau...mais c'était une toute autre forme de désillusion
(2) Abréviation pour "Equipe de France" et qui tend à entrer dans les usages journalistiques
(3) Au moment où j'écris ces lignes l'Italie n'a joué qu'un seul match, un match nul décevant face au Paraguay.
(4) Voyez par exemple quel lobbying est développé par les clubs pour être prioritaire sur les engagements des joueurs étrangers lorsque ceux-ci sont appelés en cours de championnat pour jouer un match de leur équipe nationale.
(5) Titre honorifique certes, mais nullement usurpé lorqu'on a déjà vu ce joueur à l'oeuvre.
(6) On va peut-être ici taxer ma proposition de radicale, mais la somme de 11 très très bons joueurs de football ne fait pas toujours une belle équipe, même en club. Voyez le Réal de Madrid par exemple...

20/01/2010

Contre : la double rémunération d'Henri Proglio

Il faut s'indigner de la double rémunération auquelle a droit Henri Proglio, on ne peut pas faire autrement. Pas tant à cause du montant - encore que, et je vais y revenir - mais à cause d'une certaine notion du service public qui part à vau-l'eau.
Je suis partisan de deux grands principes dans le cas qui nous préoccupe : D'abord à un emploi public doit correspondre une rémunération publique. J'espère que c'est le cas ici et que rien de caché n'est caché, oserais-je dire. C'est le devoir de l'Etat que de rendre le plus transparent possible les rémunérations qu'il accorde(1). Second grand principe, le devoir du serviteur de l'Etat, en l'occurence celui d'Henri Proglio himself. Servir l'Etat c'est servir seulement et uniquement l'Etat, ce n'est pas se servir sur le dos de l'Etat. S'il avait un peu de noblesse d'âme, Henri Proglio ferait taire la polémique en annonçant qu'il se contentera (sic) de son salaire d'électricien... Mais au fond peu importe les conditions dans lesquelles cet homme est maintenant à la tête d'EDF. Il se doit tout entier à sa nouvelle entreprise. Ce devrait être un point fondamental, non négociable comme on aime à dire dans ces milieux. Hélas, tout cela disparaît petit à petit et l'Etat se comporte de plus en plus comme s'il était lui-même une entreprise privée, au moins en matière de recrutement de PDG de grands groupes publics(2). Il ne manquerait plus que le golden parachutes(3) ou autre stock-options(4) pour que la boucle soit bouclée.
Avant de vous laisser un mot donc sur la rémunération brute(5). Comme beaucoup je la trouve trop élevée en valeur absolue, mais à mes yeux la véritable injustice est ailleurs : Qui peut raisonnablement cautionner que dans une entreprise publique l'écart de rémunération entre le salaire le plus faible et le plus élevé soit d'un facteur 76 ?(6)(7).

(1) En paraphrasant la déclaration des droits de l'homme et du citoyen je dirais que "toute rémunération cachée ne peut être fondées que sur l'utilité commune". Je prend toutefois acte que la rémunération du PDG d'EDF soit rendue publique. C'est après tout un minimum.
(2) François Fillon, premier ministre, a justifié la double rémunération sur le thème du "nous avons été le chercher..."
(3) Anglicisme employé ici à dessein puisqu'entendu de la bouche de Laurence Parisot.
(4) Rappel, EDF est coté en bourse.
(5) Comprendre : en dehors de tout autre considération.
(6) Plus élevé 1 600 000 Euros annuel. Plus faible, 1 600 Euros sur 13 mois soit 20 800 Euros annuel. Et encore vous aurez noté que je surestime probablement le salaire le plus faible d'EDF, ne le connaissant pas de manière précise.
(7) Pour mieux fixer les idées cela signifie que le "plus faible" salarié d'EDF mettrait 6 ans et 3 mois pour avoir un mois du salaire de l'actuel PDG de son entreprise.

Complément du 21 janvier 2010

Henri Proglio a renoncé à sa rémunération liée à Véolia. N'oublions pas toutefois que ce sont sur les deniers publics qu'est versé son salaire. Puisse t-il seulement être justifié par des actes qui démontreront que lui seul pouvait entreprendre ce qu'on attend d'un PDG de grand groupe...

20:21 Publié dans Contre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : edf, proglio, rémunération

 
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