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03/07/2010

Et l'EPAD devint l'EPADESA

C'est un discret décret - car l'audience du Journal Officiel est discrète - qui met fin ce jour à l'EPAD(1), cet établissement public dont on avait pas mal parlé à l'automne dernier. On s'en souvient, l'affaire avait fait grand bruit car Jean Sarkozy, pressenti dans un premier temps pour en assurer la Direction avait du y renoncer(2) après des accusations de népotisme.
L'article 3 du décret décrit la composition du conseil d'administration, dont on retiendra surtout que sur ses 16 membres deux seront issus du conseil général des Hauts-de-Seine. Les plus paranoïaques de mes lecteurs noteront eux que "le président est élu parmi les membres représentant les collectivités territoriales" (article 6).
L'article 7 détermine en 11 points les attributions de l'EPADESA. Je note pour ma part la drôle de rédaction du dernier alinéa : "Il [le conseil d'administration] peut déléguer au directeur général, dans les conditions qu’il détermine, ses pouvoirs de décision, à l’exception de ceux prévus aux 1o, 2o, 3o, 4o, 5o, 9o, 10o et 11o". Sans être passé par Sciences-Po(3), on aurait pu simplifier tout ça et écrire "Il [toujours le même conseil d'administration] peut déléguer au directeur général ses pouvoirs de décision prévus aux 6o, 7o et 8o", non ?
L'article 8 précise que ce directeur général est nommé par le ministre en charge de l'urbanisme, après avis du président du conseil d’administration, histoire de donner le vernis de démocratie nécessaire à toute nomination en provenance "d'en-haut".
Mais pour une fois le Diable n'est pas dans le détail - ou du moins je ne l'ai pas vu - mais dans le décret suivant : En effet celui référencé no 2010-744 du 2 juillet 2010 relatif aux opérations d’aménagement d’intérêt national du quartier d’affaires de La Défense et de Nanterre et La Garenne-Colombes définit les périmètres urbains passant sous l'égide de l'EPADESA. Toute la polémique sous-jacente à l'affaire "Jean Sarkozy" est là, quelles zone seront concernées (ou pas) par les prérogatives et décisions de l'EPADESA ?Hélas je ne peux pas vous en dire plus ici, car le périmètre de l’opération d’aménagement du quartier d’affaires de La Défense peut être consulté à la préfecture des Hauts-de-Seine, 167-177, avenue Frédéric-et-Irène-Joliot-Curie, 92013 Nanterre Cedex, et dans les mairies des communes de Courbevoie, place de l’Hôtel-de-Ville, 92041 Courbevoie Cedex, et de Puteaux, 131, rue de la République, 92800 Puteaux.
Quant au périmètre de l’opération d’aménagement de Nanterre et de La Garenne-Colombes il peut être consulté lui à la préfecture des Hauts-de-Seine, 167-177, avenue Frédéric-et-Irène-Joliot-Curie, 92013 Nanterre Cedex, et dans les mairies des communes de Nanterre, 88, rue du 8-Mai-1945, BP 1406, 92014 Nanterre Cedex, et de La Garenne-Colombes, 68, boulevard de la République, 92250 La Garenne-Colombes, dixit le susdit décret...
A l'heure d'internet et des réseaux sociaux, l'administration aurait pu faire l'effort d'une mise à disposition électronique des plans en question. Indulgent, je préfère voir là les premières traces des économies du train de vie de l'Etat...

(1) D'un point de vue strictement technique ce sera à la date de la première réunion du conseil d'administration de l'EPADESA (article 14 du décret en question)

(2) Il n'a renoncé qu'à en briguer la présidence. Nommé par le Conseil général des Hauts-de-Seine il est membre du conseil d'administration de l'EPAD

(3) D'où viens-je ? De là...

22/10/2009

L'EPAD sans Jean Sarkozy à sa tête

Pourquoi ne pas l'écrire, c'est avec soulagement et satisfaction que j'ai accueilli l'annonce par Jean Sarkozy de renoncer à la présidence de l'EPAD en décembre prochain. Soulagement car la perspective de le voir à la tête d'un établissement public me contrariait, et pas que moi d'ailleurs ; satisfaction de voir que mon souhait pour le coup de ne pas le voir à la tête d'un établissement public sera réalité. 
En dépit de son argumentation, je persiste à penser qu'il fait bel et bien machine arrière. La désinformation ou la manipulation ne devraient pas stopper l'homme d'action lorsque ce dernier a la conviction de son bon droit. Ce n'est donc pas cet argument qui aura fait renoncer Jean Sarkozy à son projet. Si je devais avancer une explication à chaud - après tout au moment où je tape ces lignes l'interview est terminée depuis 10 minutes à peine - c'est plus prosaïquement que je crois à un retrait stratégique. Jean Sarkozy a largement les moyens de ses ambitions politiques. Nous le reverrons donc dans quelques années, soit briguer la tête du département des Hauts-de-Seine, soit plutôt s'orienter vers un mandat de député. 
Cette polémique aura tout de même fait une victime collatérale : L'EPAD et sa future entité, l'EPADSA. Ce qui devait se tramer dans une discrétion de bon aloi est apparue au grand jour. Et c'est sans doute pour que l'Etablissement Public d'Aménagement de la Défense retrouve au plus vite un anonymat qu'il n'aurait jamais dû quitter que la décision a été prise de ne pas faire de Jean Sarkozy le prochain président de l'EPAD.

20:38 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : jean sarkozy, epad, la défense

16/10/2009

A chacun son EPAD

Allez, à chacun son EPAD puisque la Défense en possède un. EPAD est l'acronyme de :

Etablissement

Public

d'Aménagement

de la Défense

Donc parler de l'EPAD de la Défense comme s'il en existait d'autres est un pléonasme. Après népotisme, c'est fou comme cette polémique enrichit notre vocabulaire quotidien. Ca change du buzz en tout cas !

jsarkozy.jpg

16:01 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : epad, jean sarkozy, népotisme

14/10/2009

Un fauteuil pour deux

La récente polémique autour de la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD me fait immédiatement penser à cette comédie, "un fauteuil pour deux"(1). Celui qui a tout, bonne naissance, bonne filiation, avenir tout tracé ou presque, doit-il nécessairement faire aussi bien, voire mieux, que n'importe qui d'autre installé dans les mêmes fonctions ? Je ne parle pas ici de prendre le premier quidam dans la rue et de le bombarder Président de l'EPAD - avec les avantages que la fonction procure - non, je parle plus modestement de ceux qui connaissent déjà les rouages de cet établissement, qui sont déjà au conseil d'administration et qui peuvent argumenter de leur position présente pour proposer leur candidature. Le cas est assez nouveau en France et il est rare que le fils soit "aidé"(2) de cette manière par le père. Mais enfin, piston ou pas piston, on ne peut que sourciller à l'idée de voir le fils légitime du Président de la République en exercice prendre les commandes d'un établissement public de cette ampleur. C'est au moins l'occasion de regarder dans le dictionnaire ce que népotisme veut dire. Chacun se forgera ensuite son opinion(3).

(1) De la même manière qu'on a les références cinématographiques qu'on peut, on a les héros qu'on mérite...
(2) En vertu de la présomption d'innocence et en l'absence de preuves formelles, rien ne permet à ce jour d'affirmer que le père aide le fils. Le doute doit toujours bénéficier à l'accusé.
(3) La mienne est faite.

Complément du 14 octobre 2009

On a aujourd'hui un faisceau d'indices en faveur d'un favoritisme, et d'un calcul politique ayant pour résultat la présidence de l'EPAD pour Jean Sarkozy. Primo, le decret non signé autorisant le dépassament d'age (ce qui force Patrick Devedjian à quitter le poste). Secundo la démission - pour le moins opportune d'un des membres du conseil d'administration. Tercio, la prochaine nomination - par le Président de la République - dudit membre au Conseil Economique et Social. La parole est désormais à la défense.

16:20 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : jean sarkozy, epad, la défense

 
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