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24/06/2008

Entre les murs, le livre

Je viens de terminer de lire le livre de François Bégaudeau. Je ne suis ni enseignant, ni philosophe, ni rien ; je suis un lecteur du livre, c'est tout. Je me permet pourtant d'être critique sur deux points. Le premier est que ce livre est présenté comme étant un roman. Or je n'ai rien vu au travers du récit qui explique en quoi l'histoire est romancée. Bien au contraire, tout semble fait pour coller au plus près de la réalité vécue par le professeur et ses élèves. Pour moi ce livre est à ranger dans la catégorie "document/vécu", ce n'est pas un roman. Le second point est un certain malaise à mesure que j'avançais dans le livre. Cette impression de fatalisme se dégageant des interventions du professeur face à ses élèves ne me plaisaient pas. "Vous ne comprenez pas ?" demande t-il un moment donné. Sans attendre de réponse il enchaîne en disant (je cite de mémoire) "Ce n'est pas grave, de toute façon cette expression est peu utilisée". A aucun moment il ne cherche à tirer les élèves vers le haut, y compris lorsqu'il leur demande de lire "Des souris et des hommes". A mes yeux le pire est atteint lorsqu'il demande aux élèves de "parler au Monde". L'idée est pourtant généreuse : Vous avez 30 secondes pour parler au Monde, que dites vous ? Un premier élève se lance dans l'exercice et explique que le Maroc vient de battre le Mali 4-0 (c'est du football), et que c'est normal car le Maroc est bien plus fort que le Mali...C'est donc cela qu'il est important de dire au Monde lorsqu'on est un jeune de la banlieue parisienne ? François Bégaudeau ne cherche à recadrer le débat. Mieux encore il donne ensuite la parole à un supporter de l'équipe du Mali pour un droit de réponse. Oubliés les 30 secondes au Monde, place au "on refait le match en classe"... triste. A décharge de ma critique, ma lecture vient juste après celle du livre de Cécile Ladjali. Son travail avait consisté avec sa classe du "9-3" à écrire un recueil de poésie, des sonnets... Elle voulait (dé)montrer que la volonté, le dépassement de soi, l'exercice "gratuit" du poème pour le plaisir de la musique des mots pouvait séduire à la fois un public et un intellectuel reconnu (George Steiner). Bref, entre le livre de Cécile et celui de François, ce sont deux manières d'enseigner qui s'opposent.
Pour conclure sachez que j'ai plus envie encore de voir le film de Laurent Cantet, car je suis très curieux de comprendre pourquoi le film a obtenu la Palme d'Or du dernier festival de Cannes. Rendez-vous en octobre sur ce sujet, et bien avant pour d'autres !

 
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