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21/12/2013

Pour un juste prix du livre numérique (II)

Le livre de poche a eu 60 ans et se porte bien. Mais au moment où le e-book prend enfin son envol il est temps de s'interroger sur le modèle économique qui se met en place. Je n'ai de cesse de dénoncer sur ce blog le prix exhorbitant du e-book, et je continuerai de le faire tant que ce sera nécessaire. Mais revenons un instant sur le livre de poche. S'il a été inventé c'était pour deux raisons : Primo offrir un format unique au livre - alors qu'il variait d'un éditeur à un autre - et secundo réduire au maximum le coût afin d'offrir le meilleur prix possible au lecteur. La contrepartie étant bien sûr un décalage entre la date de sortie du livre chez l'éditeur et sa publication en poche. Mais reconnaissez que l'écart de prix (près de 50%) entre les deux versions est justifiée.
Aujourd'hui aucun éditeur - je dis bien aucun - ne propose d'e-book à 50% du prix papier(*). Le plus gros écart que j'ai vu est de tout juste 20%. Pire encore, la plupart du temps le e-book est vendu au même prix que la version papier, preuve par l'absurde qu'un des deux est vendu beaucoup trop cher. Je défends ici l'e-book à 4 Euros selon le détail suivant : 1 Euro pour l'éditeur, 1 Euro pour la plateforme de vente et 2 Euros pour l'auteur au titre du droit d'auteur. Je pense que c'est là le prix idéal du e-book. Je vais même aller plus loin : Le droit actuel m'interdit de monter une telle plateforme quand bien même pour chaque exemplaire vendu du dernier Mussau ou du dernier Marc Levy je reversais 1€ à l'éditeur et 2 à l'auteur. Or je pense être fiable économiquement en ne prenant qu'1€ par achat effectué.
Ce que je veux démontrer c'est que tel qu'il est construit, le modèle économique actuel ne permet pas l'invention du 'e-book de poche', ce qui est bien regrettable.

(*) La meilleure performance revient au Journal Officiel, publication austère s'il en est. Alors que l'abonnement "papier" coûte 132€ l'an la consultation au jour le jour de la version numérique est totalement gratuite.

15:19 Publié dans Pour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, livre numérique, e-book

02/12/2011

Pour un juste prix du livre numérique

A quelques semaines de Noël je ne trouve pas inutile de rappeler ici ma position sur le livre numérique en général et sur son prix en particulier. J'ai déjà eu l'occasion de le dire, le concept de livre numérique est une belle idée et l'usage que j'en fais me conforte chaque jour davantage dans cette opinion. Néanmoins je persiste à dire que le consommateur est le premier lésé dans cette affaire.

En effet le prix de revient d'un livre numérique - je parle là de son coût de fabrication ex-nihilo - est quasiment nul, et de plus inversement proportionnel au chiffre des ventes. Dit autrement plus un livre numérique se vend et moins il devrait coûter cher à acheter. Il n'existe pas de retirage dans l'édition numérique, pas de réassort à organiser. Une fois le premier exemplaire validé, tous les autres ne sont rien d'autre qu'un banal "copier-coller". Bref j'estime que cette étape ne revient pas à plus d'1 Euro l'exemplaire et encore suis-je sans doute encore assez cher.

Autre source de coût, la marge de la plateforme. Ici ce n'est qu'un aspect commercial et même avec une marge déjà conséquente de 100%, cela ajoute un autre Euro au prix de notre livre.

Reste alors le droit d'auteur. Je l'ai déjà dit, le droit d'auteur devrait être le même quel que soit le support, numérique ou papier. Je ne suis pas spécialiste de la question mais j'imagine qu'un auteur touche environ 2 euros par exemplaire vendu(1). C'est donc cette valeur que je prends pour ma démonstration. Au bout du compte vous voyez comme moi que le livre numérique ne devrait jamais coûter plus de 4 euros, or ce n'est (presque) jamais le cas...

On m'opposera certainement que l'intérêt du livre numérique réside dans son enrichissement par rapport à la version papier : liens hypertexte, "bonus", dictionnaire ou que sais-je d'autre encore. Mais si d'un coté je ne suis pas convaincu que ces ajouts justifient le faible écart de prix qu'on rencontre en ce moment entre les versions papier et numérique, d'un autre coté je suis étonné(2) qu'il n'existe pas à la vente de version numérique "low cost" proposé au consommateur, sans lien, sans dico, sans artifice, une sorte de "livre de poche numérique" qui au bout du compte ne serait rien d'autre que ce qu'on trouve en papier(3).

Alors quoi ? La récente loi sur le prix unique du livre numérique est à mes yeux un non-sens et un piège pour le consommateur qui sans vraiment en avoir conscience paye 200, 300 ou même 400% de plus que ce qu'il ne devrait(4). N'oublions pas que nous vivons en ce moment un paradoxe qui voit arriver sur ce marché des versions numériques de romans plus chers que leur version papier(5).

(1) A la réflexion cette estimation me semble bien optimiste. Mais il n'en demeure pas moins que je ne suis pas choqué d'imaginer payer un roman numérique 4 Euros et savoir que deux iront dans les poches de l'auteur.
(2) Je devrais plutôt écrire "indigné" mais je répugne maintenant à utiliser ce mot...
(3) N'oublions pas qu'au départ le but du livre numérique est d'être lu, un truisme que je ne trouve pas inutile de rappeler. 
(4) Je fais volontairement abstraction des ouvrages scientifiques, qui je veux bien le concéder ont un coût de fabrication plus élevé. Hélas ils servent aussi d'alibis fort opportuns pour justifier le fait qu'il ne devrait exister qu'une faible différence de prix entre papier et numérique.
(5) On voit aussi se développer la vente de "classiques" tombés dans le domaine public et qui par conséquent devraient être gratuits. Je signale à ce titre les sites Feedbooks ou Projet Gutenberg qui proposent de tels ouvrages sans bourse délier.

07/11/2010

A quel prix vendre le livre numérique ?

J'ai déjà eu l'occasion de l'écrire, je crois à l'avenir du livre numérique. Patrick Béhar et Laurent Colombani, tous les deux consultants au sein du cabinet de conseil en stratégie Bain & Company ont rendu public une étude intitulée "Les écrits à l'heure du numérique", et ce dans le cadre du 3e Forum d'Avignon dont le thème était "Nouveaux accès, nouveaux usages à l'ère numérique : la culture pour chacun ?".
Même si cette étude est fort intéressante, les auteurs ne soulignent pas assez l'impasse que constitue le modèle économique du livre économique(1). Or ce modèle reste à mettre en place, ou du moins se met mal en place d'après moi. Là où je veux en venir c'est que le prix de l'"e-book" ne peut en aucun cas être dans la même gamme de prix que la version "papier". C'est pourtant le cas et certains sites ne font aucune différence entre les deux versions, vous vendant la version électronique au même prix que l'exemplaire papier disponible en librairie(2).
Pourtant si on considère qu'un auteur est en droit de réclamer 10% de royalties sur chaque exemplaire papier vendu, ce qui pour un livre vendu 20 Euros fait 2 Euros, il est logique de faire de même pour la version électronique. Mais là attention ! je ne dis pas que l'auteur doit toucher 10% du prix de vente de la version numérique de son roman, je dis que l'auteur doit toucher ses 2 Euros qui correspondent à ses royalties. Quoi ajouter alors pour l'édition numérique et la plate-forme de distribution ? Rien ou presque. Moralité un livre en version numérique ne devrait guère coûter plus de 3 ou 4 Euros.... J'insiste encore, c'est là son prix de revient incluant les droits d'auteur. Alors messieurs les éditeurs n'ayez plus peur de la numérisation des romans d'aujourd'hui. Et vendez les au juste prix...

(1) Ils indiquent même que les plates-formes de distribution en ligne ont progressivement ramené le livre numérique dans une gamme de prix plus proche du produit papier.
(2) Un internaute fait même remarquer qu'un "best-seller" est encore proposé à 20 Euros en version numérique alors qu'il vient de sortir en livre de poche au prix de 7 Euros...

09/01/2010

J'y crois : le livre numérique

Non seulement je crois au livre numérique, ou plus précisément à sa prochaine intrusion dans notre quotidien, mais cette nouvelle manière de lire fait déjà partie de ma vie. J'ai commencé il y a plus de cinq ans avec ce qui est aujourd'hui un ancêtre, le Palm ; maintenant j'utilise un iPhone(1). Que ce soit à la maison ou en déplacement, j'ai toujours sur moi une bibliothèque de près de 40 livres, sans compter ceux que je peux télécharger à tout moment, sur un coup de tête ou une envie particulière. Je veux ajouter quelques mots sur la manière pratique dont les choses se passent. D'abord affirmer que - comme beaucoup - je n'avais pas un a priori positif sur le fait de lire un écran plutôt que du papier. Mais la simplicité a vite eu raison de mes réticences. Le livre électronique est aussi accessible que celui qui est sur une étagère de bibliothèque, et il tient nécessairement moins de place. Le confort de lecture est réel sauf en extérieur en plein soleil. Je dois encore renoncer à lire par ce biais à la plage mais partout ailleurs c'est possible, y compris dans le noir d'une pièce sans apport de lumière et ce grâce au mode "nuit". Tourner les pages du livre électronique se fait du bout du doigt, et l'effet de glissement entre les pages n'est pas étranger au confort que procure la lecture dans sa longueur. Ici le texte reprend tout intérêt et si la lecture est intéressante on oublie vite le support au profit de l'intrigue, ce qui convenez-en reste essentiel. Enfin nul besoin de marquer sa page puisque la lecture reprend là où on l'avait terminé la fois précédente.
Hélas je me dois de mettre un bémol à l'engouement pour cette nouvelle manière de lire. Cela tient au modèle économique qui est en train de se mettre en place. Pour le moment je m'en sors bien car étant plus attiré par la littérature classique que par la littérature moderne, tous mes livres sont dans le domaine public. Dit autrement je n'ai encore jamais payé le moindre euro pour lire un livre sur mon iPhone. Mais si vous voulez lire le dernier N'Diaye ou vous replonger dans l'oeuvre d'Albert Camus sur votre appareil, méfiance. Le prix pour un achat "numérique" n'est rien d'autre que le prix de la version "avec papier". Ce qui revient à dire que soit le papier, la fabrication et la distribution du livre ne coûtent rien, soit que le prix de la version électronique ne tient aucun compte de son coté immatériel. Pourtant un écart plus que substantiel devrait exister entre ces deux versions d'un même livre, ce qui serait tout à fait logique d'ailleurs. Je vous invite tout de même à essayer la lecture numérique(2), mais aussi à ne pas encore payer pour lire sur écran, du moins tant qu'il n'existera aucune différence de prix entre les deux façons d'acquérir un livre.

(1) Précision pour dire que je ne pratique pas la lecture sur l'écran de mon ordinateur, qui au contraire ne présente aucun des avantages décrits dans mon billet. Et pour les spécialistes qui me liraient, sachez que je suis toujours à la recherche du moyen me permettant de passer sur Stanza mes propres fichiers PDF...
(2) Je m'empresse de rassurer les nostalgiques des livres sur papier : j'ai encore des tas de livres à la maison et la lecture de poèmes ou de pièces de théatre reste impossible autrement que sur papier. Alors oui je lis bien plus en version numérique mais je n'ai pas abandonné pour autant la lecture "à l'ancienne"...

 
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