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24/06/2009

Le remaniement des ministères

Le dernier remaniement ministériel ne concerne pas que les hommes et les femmes. Les noms des ministères ont aussi leur importance, rappelez-vous la polémique autour d'un intitulé "identité nationale". Dès lors il est toujours utile - et parfois instructif - de se pencher davantage sur les noms des ministères, on y trouve quelques subtilités sémantiques qu'il convient de regarder de près. Commençons donc par Jean-Louis Borloo, puisque son ministère est numéro un d'après le protocole. Il n'est plus en charge de l'aménagement du territoire - confié à Michel Mercier - mais récupère la mer, les Technologies vertes et les Négociations sur le climat. Notez au passage le N majuscule de Négociations, dont je voudrais bien connaître l'intérêt. 
Michèle Alliot-Marie devient ministre d'Etat, titre honorifique certes, mais dont ne bénéficiait pas Rachida Dati. L'intitulé du ministère étant le même, il faudra chercher ailleurs l'explication de cette promotion protocolaire.
La ville n'est plus dans l'intitulé du ministère du travail, bien que Fadela Amara soit confirmée dans ses fonctions. Serait-ce que le problème des villes - banlieues ou pas - n'est plus digne d'intérêt ?
Eric Woerth se voit attribuer en plus de ses précédentes attribution la réforme de l'Etat. J'ai aussi noté que pour la première fois l'agriculture n'est plus le premier intitulé du ministère ad hoc. Et le fait que Bruno Le Maire soit d'abord ministre de l’Alimentation n'est pas pour nous rassurer : serait-ce pour nous préparer à des périodes de vaches maigres ?
Dans les approximations ou doublons, vous aurez noté comme moi que la France est dotée à la fois d'un ministre du travail, et d'un ministre de l'emploi. Si seulement cela pouvait nous aider à résorber le chômage en France, ce serait parfait. Je suis aussi dubitatif de voir que la mer et la pêche sont sur deux ministères. Je dois en déduire que pour le bateau c'est à Jean-Louis Borloo qu'il faut s'adresser, et pour les poissons à Bruno Le Maire. Mais celui que je plains le plus est - une fois encore - Hervé Novelli. Il devra en effet refaire ses cartes de visites(1), et prendre encore une taille supérieure, car celui qui avant le remaniement était "secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et moyennes entreprises, du Tourisme et des Services, auprès de la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi" devient "secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation, auprès de la ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi". Tout un programme.

(1) La dépense n'est certes pas excessive, mais tout ça ne fait pas très développement durable : les anciennes cartes on été refaites en mars 2008, il y a tout juste 17 mois...

14/03/2008

Les programmes scolaires

Une fois encore, la proposition du ministre de l'éducation nationale de réformer les programmes scolaires déclenche la polémique. Dans un mouvement commun et inédit, Luc Ferry et Jack Lang contestent les orientations prises par Xavier Darcos.
S'il n'y avait l'avenir de nos enfants derrière tout ça, le spectacle prêterait à sourire, mais il y a. Comme beaucoup, je pense qu'il faut se concentrer sur l'essentiel, à savoir bien lire, bien écrire, et bien compter. Aucun élève ne devrait entrer en classe de sixième sans avoir correctement assimilé ces fondamentaux. Mais bien plus que le contenu des programmes, ce sont les ministres eux-mêmes qu'il faut blâmer, avec leur manière bien à eux de politiser l'éducation de nos enfants. Plus les ministres passent, et plus le niveau général baisse... Faut-il égrener ici la liste de tous ceux qui se sont succédés à ce poste ? De Claude Allègre à François Bayrou, en passant par Lionel Jospin et François Fillon, aucun n'a passé plus de 20 mois à la tête du ministère. Comment voulez-vous avoir une politique cohérente dans ces conditions ? Sans compter que deux fois sur trois, le nouveau ministre commence par geler les projets de son prédécesseur au mieux, défaire ce qui a été entrepris au pire. Un enfant qui est aujourd'hui en maternelle petite section, et qui quittera l'école avec un Bac + 3 en poche (je reste raisonnable), verra défiler entre 8 et 12 ministres durant sa scolarité...Chacun peut faire le compte pour sa part, l'amusement de l'exercice est garanti. Cette succession de ministres est le mal principal qui gangrène l'école.
C'est pourquoi je milite pour une politique d'éducation nationale qui dépasse les clivages partisans ; que les réformes qui engagent au-delà de deux ans aient l'assentiment systématique de l'opposition, pour que la réforme suive son cours en cas d'alternance. Utopique dites-vous ?

 
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