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02/08/2010

Paradoxe politico-législatif

Il n'est pas toujours facile pour le citoyen Lambda(1) d'identifier clairement un paradoxe politique. Mais venant d'en trouver un je ne manque pas de le partager ici avec vous. C'est au détour du "Rapport d'information (...) sur l’évaluation de la mise en oeuvre de l’article 5 de la Charte de l’environnement relatif à l’application du principe de précaution présenté par MM. les députés par MM. Gest et Tourtelier" que je l'ai découvert.
Dès l'introduction on peut lire ceci (le gras est de moi) : "Le choix de ce sujet d’étude (...) s’inscrit dans la pratique indispensable et maintenant bien ancrée, consistant à ce que le Parlement mesure lui-même non seulement l’effectivité de la mise en oeuvre des textes qu’il a adoptés, mais également, et au-delà, leurs multiples impacts : juridiques, économiques, financiers, environnementaux, scientifiques..."
Relisez-bien : pratique indispensable consistant à ce que le Parlement mesure lui-même les textes qu’il a adoptés. Pas besoin de développer plus avant, le Parlement évalue les lois qu'il vote, point. Sauf que c'est en contradiction totale avec l'article 1 du projet de loi portant réforme des retraites, qui tout au long de ses 17 alinéas n'a de cesse de préciser que seul le "Comité de pilotage des régimes de retraite" pourra évaluer le bien-fondé de la réforme et faire ses propositions pour l'avenir. Alors MM. les députés Gest et Tourtelier, n'oubliez pas de rappeler en séance ce paradoxe politico-législatif et réclamez un retour à "la pratique indispensable du Parlement" !


(1) Je suis un citoyen Lambda puisque n'étant pas élu mais seulement électeur.

01/07/2009

Les retraites : son calendrier, son régime...

Revenons un instant sur le discours du Président de la République au Congrès de Versailles, et plus précisément sur le passage où il affirme sa volonté de réformer la retraite (je devrais dire les retraites). Sans déformer quoi que ce soit, on peut déjà annoncer encore une réforme, et surtout, déjà regretter qu'elle sera sans doute suivie d'une autre réforme...Mais je veux attirer votre attention sur le calendrier ; je cite : "Les partenaires sociaux y seront associés. J’en parlerai avec eux dès le premier juillet. (...). Pendant trois mois nous en discuterons tous ensemble. Les décisions ne seront prises qu’au terme de ce débat." Je ne suis pas critique de la nécessité de réformer les retraites, je le suis par contre de la méthode : lancer un chantier aussi vaste en débutant aujourd'hui, et en annonçant que la consultation durera trois mois est une escroquerie, rien de moins. Vous imaginez bien qu'entre le 1er juillet et le 31 août, les français n'auront que peu d'occasions de suivre les fameux débats. Les participants eux ne seront pas "audibles", comprenez que les critiques ou des attentes ne trouveront que peu d'écho dans l'opinion publique, trop occupé à bronzer où à compter l'addition du restaurant de plage à 5,5% ....
Comme il est question de travailler plus longtemps nous ne sommes plus à 3 mois près, et la consultation - à supposer qu'elle soit menée sans aucun préjugé - serait sans doute plus efficace si elle débutait au 1er septembre. Comparez avec l'emprunt national, autre "temps fort" du discours du congrès : La concertation a débuté ce jour (1er juillet 2009) et se poursuivra jusqu'à fin octobre. Les conclusions de ce débat seront tirées dans la première quinzaine de novembre, selon François Fillon, puis il y aura alors soit une loi de finances rectificative, soit une loi de programmation au début de 2010 et, dans la foulée, l'emprunt (...) sera lancé. Autrement dit, si ce calendrier est respecté, le lancement de l'emprunt coïncidera avec la campagne des élections régionales de 2010. A ce jeu là les retraites sont déjà placées sous un mauvais régime...

22:37 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : réforme, retraites, emprunt

23/10/2008

Contre : la nouvelle réforme scolaire

Je ne suis pas parent d'élève, et pourtant je suis contre la nouvelle réforme proposée par Xavier Darcos. Non pas qu'elle est mauvaise en soi, mais tout simplement parce qu'elle est condamnée d'avance. Que cette énième réforme soit bonne ou mauvaise pour nos enfants est ici totalement secondaire, et c'est aussi un élément qui fait que je suis "contre".
Depuis plus de 30 ans - car pour moi tout a commencé avec la réforme "Haby" - je n'ai plus compté le nombre de réformes proposés par nos ministres. Une bonne douzaine sans doute, ce qui donne une durée de vie moyenne de 36 mois. La qualité du ministre n'est ici pas en cause, car après tout nous avons des chercheurs (Claude Allègre), des professeurs (Jack Lang, François Bayrou), et plus rare, des philosophes (Luc Ferry). On ne peut tout de même pas leur reprocher de ne pas connaître l'Education Nationale. Pour moi la vérité est ailleurs : la "bonne" réforme est celle qui engage au-delà de la durée du mandat du ministre en exercice, et qui a la garantie que l'opposition n'y touchera pas. Quel avenir à la réforme Darcos alors : en 2012 - dans à peine 4 ans - une nouvelle élection présentielle aura lieu. En cas d'alternance, nul doute que le nouveau pouvoir en place s'empressera de proposer "sa" réforme. Il faut dénoncer ce cercle trop vicieux pour l'éducation de nos enfants. Je n'arrive pas à me faire à l'idée que l'enseignement soit avant tout un enjeu "politique" au lieu d'être un enjeu national. Le consensus devrait pourtant être facile à trouver, nous voulons bel et bien tous la réussite optimale pour un maximum d'élèves.
Pour conclure j'ajouterai que je suis las de ces querelles stériles qui n'amènent rien. Depuis plus de trois décennies se sont les mêmes rengaines. Il serait temps de passer à autre chose...

19/06/2008

Les propos de Bussereau

Le débat de ces derniers jours au parlement portait sur la réforme portuaire. Il y a eu d'ailleurs un débat dans le débat, puisque l'opposition a accusé la majorité de "manoeuvre", en ne déposant aucun amendement et en refusant d'en voter un seul, afin que le texte soit identique "à la virgule près" à celui déjà discuté au Sénat. Mais mon propos n'est pas d'évoquer cela, bien que je soit d'avis de dire qu'il y a bel et bien eu "manoeuvre".
Non, ce qui me fait écrire aujourd'hui est un échange entre Daniel Paul et Dominique Bussereau à l'occasion de l'examen des articles de cette réforme. Je cite d'après le compte rendu officiel de l'Assemblée Nationale :
 
M. Daniel Paul : (...) Je reviens un instant, Monsieur le ministre, sur l'article qu'a consacré L'Usine nouvelle à votre visite au port autonome du Havre, en janvier. Selon le magazine, la réforme « doit permettre (...) de créer (...) 30 000 emplois, tout en n'en perdant que 2 000 au travers de licenciements liés aux effets collatéraux de la réforme, notamment au niveau de services de gestion et de maintenance ». Vous ne nous avez rien dit de ces licenciements, Monsieur le ministre ; démentiriez-vous les propos que vous prête L'Usine nouvelle ?"
(...)
M. Dominique Bussereau, secrétaire d'État : J'ai adressé un démenti à L'Usine nouvelle, qui ne l'a pas publié. Ces choses arrivent, malheureusement. Il n'est donc pas question de supprimer ces emplois.

 
Si j'étais journaliste, je m'empresserais d'enquêter. Car après l'emploi comme "variable d'ajustement" de la politique publique, le licenciement comme "effet collatéral" d'une réforme, je trouve que ça vaut son pesant de polémique... Le journaliste imaginaire que je serais vérifierais sans tarder auprès de l'Usine nouvelle non seulement les propos de M. Bussereau, mais également le "circuit" du démenti, pour comprendre pourquoi il n'a pas été publié. Et si j'étais député de l'opposition, je ne manquerais pas de réclamer un démenti officiel, afin que M. Bussereau confirme bien que "personne ne resterait sur le bord du quai" ...

17:30 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réforme, bussereau

 
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