Avertir le modérateur

04/01/2012

La sale histoire du jour...

C'est finalement par une "sale histoire" que démarre vraiment la campagne pour l'élection présidentielle. Je ne vais pas rappeler ici le contexte, tout le monde le connaît. Je vais plutôt m'attacher aux réactions de l'UMP dont la disproportion est telle qu'à son tour elle en devient suspecte(1).
La logique aurait voulu qu'en retour nous n'ayons qu'un communiqué officiel de l'UMP, éventuellement assorti d'une conférence de presse expresse de son secrétaire général. Le parti du président de la République aurait ainsi marqué le coup en soulignant avec force sa désapprobation face à de tels propos. Mais ce devait sans doute n'être pas être assez aux yeux de l'UMP.
Au moment où je rédige ces lignes ont déjà réagit Nadine Morano, Valérie Rosso-Debord, Laurent Wauquiez, Claude Guéant et Christian Estrosi, ce qui fait du (beau) monde. De plus on tire à boulets rouge sur le candidat du PS : le plus virulent est sans conteste le député-maire de Nice puisque dans un communiqué de presse(2) il indique que "Monsieur Hollande vient de démontrer qu'il n'est pas au niveau pour un tel poste.", rien que cela. Valérie Rosso-Debord elle n'est pas en reste puisque "quand on aspire aux plus hautes fonctions de l'Etat la moindre des qualités est le sang-froid et la sérénité" On ne peut pas s'empêcher de noter ici (et avec malice ?) qu'il est de notoriété publique que l'actuel président de la République n'a pas toujours été serein face à la tentation, ni fait preuve de sang-froid en toute circonstance...
Bref, l'UMP surexploite le moindre faux pas - réel ou supposé - de son adversaire le mieux placé actuellement. Et si "L'injure ne peut pas tenir lieu d'argument politique"(3), je considère que la réponse ne le peut pas davantage.

(1) Lire concertée...
(2) Les paroles s'envolent, les écrits restent...
(3) Propos extrait du communiqué de presse de Christian Estrosi

10/09/2009

Ah ! Si j’étais Président de la République

Qui n’a pas un jour entendu ou prononcé cette phrase ? Elle est habituellement suivie d’un « je ferais comme ci ... » ou bien « je ferais comme ça... », ou bien du plus subtil « je ne ferais pas ça comme ça... ». Depuis quelques jours je me pose aussi la question, mais pas en ces termes. Non je préfère m’interroger sur le thème « Ah ! Si j’étais Président de la République, quel type de président serais-je ? ». J’ai décliné ici quelques situations types.

L’état de grâce
Bien entendu si j’étais Président de la République(1) c’est que j’aurais été élu. Je bénéficierais donc de l’état de grâce. Outre la volupté d’en jouir les premiers jours, m’empresserais-je de passer un maximum de lois et décrets en un minimum de temps ? Je ne le pense pas. J’imagine plutôt que je mettrais en pratique l’idée phare, la mesure choc qui aura emporté l’adhésion des électeurs sur mon nom. Longuement expliquée durant la campagne, cette proposition serait non seulement utile au pays mais encore rapide à mettre en oeuvre et facile à évaluer.

Les Symboles
Il en faut. Le premier d’entre eux serait ma volonté de simplifier le protocole. Pas toujours facile j’imagine, mais enfin je m’y efforcerais. L’autre serait - enfin ! - la transparence la plus complète dans le train de vie de l’Etat en général et celui de l’Elysée en particulier. Parenthèse pour préciser qu’il y a sans doute des marges, et réduire de 25% le budget de l’Elysée me semble un objectif tenable, et ce sans porter atteinte ni à la fonction ni à la sécurité du premier personnage de l’Etat que je serais devenu. Enfin, un autre symbole fort serait sans doute ma première visite en "province", pour la ville où j’ai passé 17 ans de ma vie(2). 

La Diplomatie
Serais-je bon diplomate ? C’est vrai qu’il est difficile, "l’art de faire durer les carreaux fêlés" selon l’expression - savoureuse mais sans doute apocryphe - du Général de Gaulle. On me verrait vite à mon aise lors des sommets, après quelques atermoiements somme tout légitimes. Bien que n’étant pas orateur-né mes discours auraient tout de même une certaine portée, sans doute à cause de mon habitude de faire d’abord écrire le discours par un énarque(3) avant d’en réécrire un bon tiers avant de le prononcer...

Les cérémonies officielles
Service minimum ici. Pas de nouveautés et même une certaine régression puisque ne reprenant pas cette nouvelle habitude de faire des discours à ces occasions. Mais je tenterais bien de remplacer sur la forme l’interview télévisée du 14 Juillet. Je voudrais bien la transformer en une conférence de presse, histoire de permettre à un maximum de journalistes de m’interroger. 12 journalistes, deux questions pour chacun d’entre eux (mais sans droit de suite...) est une idée que je mettrais en pratique, au moins la première fois.

Les inaugurations
Ce ne sera pas non plus un des plus grands moments de mon quinquennat. Ce sera visible au Salon de l’Agriculture par exemple, où je pense consacrer bien moins de temps que certains, ne serait-ce qu’à cause de mon habitude de ne jamais goûter aux dégustations que l’on me proposerait(4).

Les vacances
Démagogie ? Pragmatisme ? Je laisserais volontiers les journalistes et les chroniqueurs en débattre puisque je ne ferais usage que des installations mises à ma disposition par l’Etat. Dit autrement, je serais souvent au Fort de Brégançon. Au programme détente, un peu de sport (très peu certes, mais sport quand même), beaucoup de repos, et baignades l’été. Par extension pas de prolongations des séjours officiels à l’étranger par des visites privées. Mes sorties culturelles seront incluses dans l’agenda officiel ou n’existeront pas.

Les visiteurs de l’Elysée
Ce serait là un trait original de mon quinquennat, ma lubie manie de recevoir intellectuels et scientifiques à tout bout de champ. Du coup ces derniers m’en voudraient moins d’avoir fusionné le ministère de la recherche dans celui de l’Education Nationale(5). Mes déjeuners et dîners prendraient vite l’allure de ces salons si chers au Siècle des Lumières. Est-ce que pour autant cela fera une "présidence éclairée" ? Aux électeurs d’en juger.

Les sondages
Balayés d’un revers de main en début de mandat, j’ai bien peur d’en tenir de plus en plus compte sous la pression de mes conseillers. Et ce d’autant plus que les prochaines élections seront proches...

La vie privée
Il y aurait peu à dire, car celle-ci serait sans doute sacrifiée sur l’autel de mon mandat. Ce sera là un sujet de livre pour journaliste enquêteur, pour après mon quinquennat(6).

Le premier "couac" avec les français
Il aura lieu lors de la mise en place d’une "grande réforme". Alors sera-ce à propos de l’hôpital, des retraites, de la sécurité sociale ou des impôts ? Le choix est vaste, hélas. J’exclu des soucis avec l’éducation nationale ou la justice, puisque les deux ministres respectifs auront été choisi en commun accord avec l’opposition.

Le "buzz"
J’ai horreur du mot, mais puisqu'il est à la mode, prenons-le. Il sera - hélas pour moi ! - à l’occasion d’un important sommet, et sera sans doute une bourde protocolaire filmée par le monde entier... Mais pour savoir laquelle, élisez-moi !




(1) Bien que voulant rester à tout prix anonyme c’est ici un aveu implicite sur mon sexe...
(2) Anonymat encore, je ne dirais rien de plus.
(3) Hein, mais non je n’ai pas précisé qu’il devra savoir écrire !
(4) N’y voyez pas là le fait que je me soucie de ma santé, mais plus prosaïquement le fait que j’ai horreur de ça.
(5) Non, pas même un secrétariat d’Etat. Rien du tout !
(6) Oui je me présenterais pour un second mandat, et non je ne pense pas être réélu.

17/04/2009

Pour : des économies dans le train de vie de l'Etat

Si j'ai bien compris l'article du Figaro, c'est uniquement - et nécessairement - pour des raisons d'ordre économique que François Bayrou va se retrouver privé de garde du corps. Terrain glissant s'il en est, car jusqu'à présent nous n'avons pas bien vu quelle politique était menée pour réduire le train de vie de l'Etat (Cf. le salaire du Président de la République, ou celui du Président de l'AMF). Mais si Nicolas Sarkozy est à la recherche de "vivier d'économies", je ne peux que lui conseiller de lire La Princesse de Clèves le rapport annuel de la Cour des Comptes. Il y trouvera sans aucun doute des pistes. Par exemple, dans le rapport de 2007 il lira que dans le domaine très discret des conservateurs des hypothèques "(...) plusieurs anomalies notables demeurent, qui laissent le système du « salaire » des conservateurs encore entouré d’irrégularités et d’opacités." La Cour poursuit : "En 2006, les montants des rémunérations se sont étagés, selon les conservations, entre 55 000 € et 245 000 €.(...) Dix-neuf conservations offraient en 2006 des rémunérations supérieures à 180 000 € annuels nets, dont trois de plus de 240 000 €" (1). Ce n'est là qu'un exemple, mais en cherchant bien nul doute qu'il y a encore bien de la marge et qu'il s'agit uniquement de volonté politique.

Sinon, pour en revenir au coeur de l'article du Figaro, une observation : Quel dommage que la transparence ne soit pas poussée jusqu'à publier la liste des personnalités qui pourront continuer à bénéficier d'un garde du corps et celles qui - au nom de l'économie - se verront retirer cette possibilité. Je pense que la publication de cette liste réserverait bien des surprises...

 

(1) Rapport Annuel 2007 de la Cour des Comptes, pages 435 et suivantes.

27/02/2009

Entre les deux... peu de différence !

Sans vouloir jouer au critique d'art, cela fait longtemps que je voulais rapprocher pour les étudier les deux portraits que vous voyez ici : le premier un est celui - officiel - de notre actuel président de la République, l'autre un portrait de Louis-François Bertin exécuté en 1832 par Jean-Auguste Dominique Ingres.
President.jpgBertin.jpg
Et j'ai trouvé qu'il y avait entre le tableau et la photo bien plus de similitudes que de différences. Tout d'abord dans l'expression du visage, empreint de gravité, surtout dans le cas de Nicolas Sarkozy(1). On comprend déjà que les deux hommes ont bien conscience de leur importance et de leur position respective dans l'échelle sociale. L'éloignement par rapport au spectateur est également important, et souligne la déférence qu'il faut manifester aux deux hommes. Mais plus encore, je trouve une étonnante ressemblance dans leur posture respective, bien que l'un soit assis et l'autre debout. Les deux têtes fixent sans détour le spectateur ("voyez comme je suis puissant"), et les corps eux sont tournés de profil, dans la même direction de surcroît. Voilà pour ce que l'on peut voir. Mais il y a aussi ce que l'on ne peut pas voir. Pour moi il n'y a aucun doute, les modes de pensées de l'un et de l'autre ne sont pas si éloignés que cela si l'on fait abstraction de l'écart temporel qui sépare les deux hommes. Autrement dit, si Louis-François Bertin était de notre temps, il serait certainement un rouage essentiel de la "machine" Sarkozyste. De l'autre coté, notre actuel Président lui, aurait avec non moins de ferveur que monsieur Bertin les "trois glorieuses", et le régime de Louis-Philippe. Quand je vous dit qu'il y a entre ces deux portraits bien plus de ressemblances que de différences...

(1) Comparez en cela avec le portrait officiel de son prédécesseur.

11:55 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, ingres, bertin, portrait

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu